Le tourisme, un business de 3,7 milliards d’euros

Institutions

À l’heure où tout le monde s’interroge sur l’avenir de la distribution touristique, Jean-François Rial, PDG de Voyageurs du Monde, a voulu répondre statistiquement à deux questions majeures : Que représente le marché du tour operating ? Comment les produits touristiques sont-ils revendus ? Le fruit de ce travail rigoureux (il est statisticien de formation) est saisissant même s’il repose sur des chiffres de 2002. “Je ne dis pas que mes données sont tout à fait exactes, indique-t-il, mais elles donnent une tendance lourde.” Pour ne pas se disperser, il a volontairement exclu de son analyse la vente de vols secs, la vente de produits “France” et les voyages vers l’étranger qui sont effectués sans passer par une agence de voyages. Autrement dit, il n’a analysé que les forfaits des TO (CA en 2002) vendus au départ de la France vers l’étranger, qu’ils soient Ceto ou non. Il a donc exclu le CA des TO locatifs comme Pierre et Vacances, VVF ou Lagrange. Il a aussi retranché le chiffre d’affaires des TO qui vendent en direct comme Nouvelles Frontières et Club Med au départ de l’étranger ou le chiffre d’affaires “vols secs” de Look ou de NF.
Sont exclus de cette enquête : (chiffres de 2002)
les vols secs
les voyages des Français en France
les voyages des Français à l’étranger effectués sans l’intermédiaire d’une agence de voyages.
Cette étude montre de façon assez précise, que le marché du tour operating en France représente un chiffre d’affaires global de 3,7 milliards d’euros.
Il est réalisé par les TO membres du Ceto à hauteur de 3,050 milliards d’euros, et par les TO hors Ceto pour 650 millions d’euros.
Rappelons que les TO hors Ceto se répartissent en quatre familles principales. Tout d’abord les groupistes (Capital Tours, Syltours, Consult Voyages ou Transunivers…) qui réalisent 180 millions d’euros. Puis les TO aventure (Club Aventure, Allibert, UCPA ou Nomade…) qui assurent un CA de 150 ME. Il y a aussi les TO qui ne vendent quasiment qu’en direct, type VDM, des circuits accompagnés ou à la carte (Arts et vie, Maison de la Chine, Clio, Cie du Monde, etc.), qui font 200 millions d’euros. Il y a enfin les TO “séjours” qui ne vendent que par Internet ou par call center, type Switch, et qui réalisent 120 millions d’euros. À noter que Switch assure à lui seul un CA de 100 millions d’euros.
Comment sont revendus ces TO ? Jean-François Rial a analysé quatre canaux de distribution.
Le premier est la vente directe des produits par les TO eux-mêmes qui représente 1,5 MdE, soit 40 % de la distribution. Il est à signaler que des TO utilisent aussi Internet comme canal de vente directe. Selon Jean-François Rial, ils réalisent en moyenne 3 % de leurs ventes directes de forfaits via leurs propres sites Web, avec certains opérateurs plus efficaces (comme Marmara, Kuoni, Terres d’Aventure, le Club Med, etc.) et d’autres moins, soit 40 millions d’euros, auxquels il faut rajouter les 120 millions d’euros de CA que réalisent des TO comme Switch dont c’est le mode de commercialisation unique.
Le deuxième est la vente par les agences en ligne. Les grandes agences de voyages Internet réalisent en France – hors vente SNCF – environ 600 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont 400 millions d’euros en vols secs. Restent 200 millions d’euros, dont il faut retirer un quart du chiffre d’affaires réalisé sur la destination France. Jean-François Rial estime donc à 150 millions d’euros, soit 4 % de part de marché, l’activité des agences Internet.
Le troisième canal de distribution est la grande distribution. On estime la vente de forfaits par la grande distribution en France à 300 ME, dont 30 % seraient des produits France. Les produits hors France représentent un total de 200 ME, soit 5 % de part de marché
Enfin, les ventes via le réseau de distribution classique. Le chiffre d’affaires réalisé par les agences de voyages françaises est de 1,5 MdE, dont 160 ME via leurs sites Web. Les agences Internet “pure player “ réalisent de leur côté 150 ME de CA et les agences de grande distribution, 200 ME. Soit un total de 1,85 MdE, soit 50 % de part de marché.
Enfin, il faut noter que le total des ventes en lignes, quelle que soit la nature du vendeur, représente 340 millions d’euros, soit 9 % de l’activité globale pour le Net.
En guise de conclusion, il est important de rappeler que les chiffres de cette étude datent de 2002. En deux ans, Jean-François Rial estime que les parts de marché n’ont que peu évolué. Hormis la part des ventes en ligne qui serait passée, selon lui, de 9 % à 12 %. Autre constat : comme l’essentiel de la croissance de ces deux dernières années a été réalisé par les agences en ligne, la part de l’activité des agences traditionnelles qui était de 50 % en 2002 est maintenant autour de 46 %.

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