Les agences virtuelles rêvent-elles de briques ?

Institutions

La majorité des voyageurs préfèrent encore passer par une agence de quartier.
Promovacances entend combiner petits prix, technologie et conseil humain.
Certains concurrents en ligne ne croient pas à la stratégie multicanal.
Promovacances inaugure aujourd’hui sa première agence en dur à Paris, boulevard Voltaire. « On estime que 70 % à 80 % des Français qui voyagent préfèrent encore passer par une agence de quartier », précise Guy Tetrel, directeur du développement. Les raisons : « besoin de conseil, inexpérience face à trop de technologie, refus de donner son numéro de carte bleue sur Internet… ». Patrick Gaudfrin, patron d’ABCroisière.com, confirme en effet que « l’achat en ligne rencontre encore de fortes réticences ». Il ajoute : « Nous faisons le jeu de la distribution traditionnelle, les clients se renseignent sur notre site et font ensuite leurs achats dans leurs agences. » Est-ce à dire que les « pure players » vont multiplier les ouvertures ? Rien n’est moins sûr. « Sur Internet, vous avez le choix et les prix. Il manquait le service, d’où l’ouverture de notre agence sur les Champs-Elysées, souligne Pierre Paperon, directeur général de Lastminute. Mais je préfère parler de point de retrait plutôt que d’agence. » Il précise : « Ceux qui viennent savent en général ce qu’ils veulent. Ils donnent leur nom et repartent très vite avec leurs billets. C’est le besoin de rapidité recherché par le client et non pas de conseil qui intervient. » Marc Ruff, directeur général d’Expedia se montre encore plus catégorique : « Je reste convaincu qu’Internet n’est pas un modèle de distribution off line. La stratégie multicanal je n’y crois pas. Ce n’est pas la tendance du marché français. Une agence en ligne qui ouvre une agence physique, les clients considèrent cela comme un service additionnel. Cela les rassure. » Fabrice Darriot, président de bdv.fr, trouve l’idée intéressante, mais selon lui la vraie question est de savoir « combien ça coûte et combien ça rapporte ». En faisant descendre le Web dans la rue, Promovacances choisit d’aller au devant de la clientèle traditionnelle encore peu convaincue par l’utilisation d’Internet. L’avenir dira si c’est un choix judicieux.
Promovacances : une agence moderne
Avec l’agence du boulevard Voltaire, Promovacances souhaite inaugurer une nouvelle génération d’agences de voyages. Sur 80 m2, elle propose des promotions de dernière minute et les bons plans du moment, mais bénéficie surtout des dernières innovations technologiques (puissance et rapidité des moteurs de recherches sur le Net). En outre, les catalogues papier, coûteux et très vite obsolètes, sont remplacés par de petites vidéos des séjours et hôtels proposés. « Nous avons envoyé six caméramans sur les destinations les plus demandées. Ils ont ramené des films vidéo de haute qualité et des images à 360°. Chambres, piscines, restaurants, jardins, plages, tout y est », affirme Guy Tetrel, directeur du développement. « Le voyageur peut ainsi sa(voir) ce qu’il achète. C’est lui qui mène la visite, comme s’il était sur place. Ce qui élimine tout risque de mauvaise surprise à l’arrivée. En fait, il part avant de partir », ajoute-t-il. Cinq postes vendeurs seront disponibles. Promovacances, qui ne craint pas d’être copié, ne compte pas s’arrêter là puisqu’il projette d’ouvrir une seconde agence avant la fin de l’année.

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