Lionel Rabiet, président d’EDV IDF : « C’est presque un devoir d’adhérer aux Entreprises du Voyage »

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A l’occasion de la convention des agences de voyages membres des EDV Ile-de-France, qui s’est tenue en Ouzbékistan du 30 mars au 3 avril, nous avons rencontré Lionel Rabiet, le nouveau et jeune président de l’organisation régionale. Il nous explique pourquoi il a choisi de s’investir dans la vie syndicale et quels sont les objectifs qu’il s’est assigné.

 

Comment êtes-vous arrivé dans le secteur du tourisme ?

Mon parcours est atypique puis que je suis viens du monde des médias après des études d’ingénieur. J’ai travaillé pendant 7 ans pour le Figaro où j’étais directeur de la diversification et du développement. J’ai notamment crée l’activité tourisme du groupe avec l’organisation de voyages et croisières réservées aux lecteurs du Figaro. C’est comme ça que j’ai découvert le tourisme. En 2012, j’ai décidé de voler de mes propres ailes et de créer ma société Media UP, devenue ensuite Croisières d’exception. Aujourd’hui, la société a bien grandi et s’est développé dans les croisières culturelles et d’exploration.  Les croisières « médias » (Europe 1, Version Femina, Gulli)  représentent environ 5% de notre chiffre d’affaire total (de l’ordre de 10 M€ en 2017)

 

Qu’est-ce qui vous a motivé à adhérer aux Entreprises du Voyage, à peine votre entreprise immatriculée en 2015 ?

J’ai toujours pensé que pour réussir il était fondamental de développer son réseau, de créer des liens, de faire appel aux talents où qu’ils soient. C’est ce réflexe qui m’a amené à adhérer aux Entreprises du Voyage dès l’immatriculation de Croisières d’exception. Le fait d’adhérer à l’association m’a permis de rencontrer de nombreux professionnels qui m’ont permis de gagner en expertise à une vitesse record ! Au départ, je n’avais pas pour ambition de prendre des responsabilités mais j’ai fait des rencontres fortes, notamment Valérie Boned, secrétaire général adjoint des Entreprises du Voyage, qui m’a convaincu de m’engager.  J’ai été élu administrateur puis président des EDV Ile-de-France. C’est une formidable aventure ! Je suis très heureux !

 

Comment convaincre d’autres adhérents de s’impliquer ?

Déjà, en faisant en sorte que nos conventions annuelles soient très profitables pour les adhérents qui y participent ! Notre association a vocation à attirer toutes les générations de professionnels, des plus expérimentés aux plus jeunes. Ma génération de quarantenaire a vocation à faire le trait d’union entre ces différentes générations. En montrant que chacun a un grand intérêt à travailler l’autre. C’est le sens que j’ai voulu donné à la convention : rapprocher les générations d’entrepreneurs ! Nous avons déjà de nombreux jeunes adhérents qui s’impliquent. Je pense notamment à Lucas Czernek, le directeur général de Voyages Rives Gauche, qui a moins de 30 ans et que j’ai convaincu de s’engager. Il est aujourd’hui administrateurs d’EDV Ile de France et travaille notamment sur le développement de notre site web.

 

Pourquoi est-il important selon vous  d’adhérer aux Entreprises du Voyage ?

Déjà, parce qu’adhérer à EDV, c’est donner les moyens à notre syndicat de se battre pour les intérêts de notre profession. Et ils sont souvent menacés ! On l’a vu récemment avec le travail considérable mené par Jean Pierre Mas et Jean Marc Rozé pour obtenir l’exonération des 11 euros de surcharge GDS auprès d’Air France. EDV offre par ailleurs  de nombreux services gratuits qui, quand ils sont assurés par des cabinets privées sont très onéreux. Aujourd’hui, une agence immatriculée qui rencontre un problème social ou juridique trouvera toujours un interlocuteur pour le conseiller. Je m’en suis personnellement servi à plusieurs reprises d’ailleurs. Enfin, à titre personnel, je considère aussi qu’adhérer à EDV est un acte de solidarité.

 

 

 Qu’entendez-vous par là?

Ma vision est peut être un peu naïve. Mais pour moi EDV, c’est « on est ensemble, on se bat, on se soutient, on s’entraide ». Je suis éberlué par le nombre de « peaux de banane » qui sont mis sur notre route et contre lesquelles nous devons lutter : surcharge GDS, RGPD, réglementation Iata, directive,….. Et ceux qui se battent, c’est l’EDV. Notre profession a besoin d’un syndicat fort et pour que notre syndicat soit fort, il faut que tout le monde adhère.

 

Et puis, EDV c’est aussi la solidarité entre professionnels.. Ce qui nous unit est tellement plus fort que ce qui nous sépare. On est tous confronté à des difficultés. Lorsque ça arrive, l’association fait tout ce qu’elle peut pour aider. Je suis toujours frappé par l’implication et l’engagement des dirigeants nationaux de EDV qui ne comptent pas leurs heures, notamment Valérie Boned et Jean marc Rozé.

 

Alors c’est vrai que j’ai tendance à penser, au risque de choquer, que c’est quasiment un devoir pour une agence ou un tour-opérateur d’adhérer à EDV. Ca donnerait plus de moyens à l’association pour agir encore plus fortement au service de toute la profession.

 

Pourquoi avoir choisi d’inviter des startups à votre convention ?

J’ai voulu axé la convention sur ce qui fonde selon moi le succès dans le monde qui vient : allier l’innovation (les startups) à l’expérience (les agences). Je suis convaincu que les agences qui prospéreront seront celles qui sauront offrir de nouveaux services ou travailler de façon différente, ce qu’apportent justement les « startups ». Symétriquement, je crois que les jeunes sociétés du tourisme gagneraient à s’appuyer beaucoup sur nos agences traditionnelles pour se développer. Certains créateurs le font, d’autres non. Ils ont tort.

 

Ainsi, pendant la convention, quatre start up sont venues présenter leurs services : Fluo qui offre des outils digitaux aux agences pour mieux vendre les assurances voyages, Addock qui leur permet d’accéder à des offres de loisirs qu’elles ne pouvait pas précédemment commercialiser, Blue Valet qui propose des services de voiturier dans les aéroports que les agences peuvent proposer à leur clientèle d’affaire et Travel Insight qui aide ces dernières à développer leur empreinte sur les réseaux sociaux.

Comment avez-vous sélectionné celles qui sont venues?

C’est le fruit d’une démarche de plusieurs mois lancée en partenariat avec le Welcome City Lab, et Amadeus : « Agences de voyages, startups, ensemble pour gagner » . Un appel à candidature a été lancé visant à sélectionner des starts up qui « aident » les agences de voyages. Ce sont ensuite les agences de voyages de la région Ile de France qui ont sélectionné l’agence gagnante « Addock » qui a dont été invitée à participer à notre convention. Suite au succès de la démarche, le CA de EDV Ile de France a finalement décidé d’inviter les autres finalistes.

 

Qu’est-ce qui fait venir des adhérents à une convention ?

Ce qui est certain c’est que le « succès » d’une convention est très lié au contenu auquel les participants auront accès ainsi qu’aux connections qu’ils établiront. Après, je pense qu’un des grands moteurs de l’inscription c’est le choix de la destination. Avec l’Ouzbékistan, destination ô combien attrayante, nous avons voulu vraiment marquer le coup ! Et c’est réussi puisque nous avons été plus de 100 participants sur la convention. Un autre facteur, ne nous mentons pas, est le prix de la convention. A ce propos, je tiens à remercier vivement nos partenaires qui par leur soutien financier, nous ont permis de proposer un tarif très très bas (890 € pour une personne single).

 

Si demain, les partenaires nous lâchent, nos conventions couterons beaucoup plus chers pour les adhérents …Eux aussi sont soumis à la loi du marché, ils doivent avoir un retour sur investissement.

 

Cela se traduit comment ?

A Samarkand, nous avons tout fait pour maximiser les contacts utiles pour les partenaires. Nous avons ainsi distribué une plaquette de douze pages pour les présenter ainsi qu’un trombinoscope afin que chaque sponsor connaisse les participants. Le workshop a aussi été un moment très fort avec une grande participation des agences de voyage. Je crois que nos partenaires étaient aussi très heureux de découvrir de nouveaux visages. Ainsi, près de 75% des participants à notre convention venait à leur première convention EDV Ile de France ! C’est rafraichissant !

 

 

Pourquoi  ce thème « Richesses du passé, promesses du présent » et le choix de l’Ouzbékistan?

On retrouve dans ce titre cette idée de rapprochement entre les startups et les agences de voyage.  J’ai volontairement parlé de « présent » plutôt que « d’avenir » car je crois qu’on passe parfois trop de temps à imaginer ce qui va se passer dans 10 ans, 20 ans, 30 ans , sans toujours connaitre ce qui existe « déjà ». Toutes les startups présentes à notre convention proposent des services disponibles aujourd’hui. Et pourtant, peu d’agences les connaissent vraiment.

 

Et puis cette convention, c’est aussi la découverte d’un pays magique avec une population très accueillante et des monuments d’une beauté infinie.

 

 

Nous avons été très bien reçus par les autorités municipales de Samarkand et Boukhara qui ont mis les petits plats dans les grands : accueil par une fanfare sur le tarmac de l’aéroport de Samarkand, voiture de police qui ouvrait la route pour nos cars sur tous les déplacements…. Le réceptif Afsona a été très bon et nous avons profité des conseils d’adhérents qui maîtrisent la destination comme Sabera Tours qui représente la compagnie Ouzbekistan Airways.  Nous avons aussi vécu des grands moments d’émotion, notamment lors du diner de gala au Registan de Samarkand où nous avons été honoré de la présence de l’ambassadeur de France en Ouzbekistan.

 

Quels sont vos objectifs pour les EDV Ile-de-France?

Je souhaite que nous fassions au moins une convention par an  avec 100 participants minimums. Nous avons d’autres projets comme créer des journées autour de conseils juridiques animées par des experts. Et puis, nous lançons prochainement notre site internet qui nous permettra de développer les relations avec et entre les adhérents.

 

Merci à Sylvia Da Silva pour les photos.

Publié par Laurent Guéna

Rédacteur en chef adjoint - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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Vos réactions

  1. bonjour,
    nous avons été longtemps adhérents SNAV,
    réceptif dans le sud de la france, je ne m’y suis pas retrouvée en tant que réceptif.
    C’est sûrement un bon réseau et une aide pour les distributeurs et les to mais pas pour les réceptifs;
    Nous avons été assimilés aux producteurs avec des exigences plus grandes en terme de garantie, alors que notre garantie n’est pratiquement jamais utilisée
    Ou alors cela a changé?
    Pascale Juranville transglobe Vence

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