Richard Vainopoulos (Tourcom) démissionne de l’APST

Institutions

A l'issue du Conseil d'administration qui s'est tenu le 7 janvier, le président de Tourcom a présenté sa démission. C'est "la répétition d’irrégularités au cours de l’année 2014 au regard des statuts et règles de fonctionnement de l’association" qui l'a conduit à prendre cette décision."Les Statuts ne sont plus respectés, le rôle des administrateurs n’est plus pris en compte. Je préfère démissionner de cette institution" déclare Richard Vainopoulos qui se justifie dans un communiqué.
Les statuts de l’APST stipulent que son conseil d’administration "contrôle la gestion du Bureau qui doit lui rendre compte de ses actes" (art.15). A deux reprises au cours de l’année 2014, son président s’est pourtant abstenu d’obtenir l’accord de son conseil d’administration sur la question fondamentale des nouvelles conditions de garantie imposées aux professionnels du tourisme à partir du 1er janvier 2015.

Deux mesures importantes appliquées sans avoir été adoptées par le conseil d’administration

Lors du conseil d’administration de juin 2014 a été évoquée pour la première fois l’éventualité d’un passage de la garantie minimale de 100 000 euros à 200 000 euros. Une mesure raisonnable pour la majorité des administrateurs, dont Richard Vainopoulos, mais qui n’a jamais fait l’objet d’un vote. La possibilité d’un passage du taux de calcul de la garantie de 10% à 20% a été évoquée pour la première fois lors du conseil d’administration du 17 septembre, au détour des « questions diverses », comme en atteste le procès verbal de cette séance. Les « questions diverses » étant par définition une section ayant valeur d’information et ne faisant jamais l’objet d’un vote des administrateurs. L’inscription de cette mesure parmi les "questions diverses" n’a donc pas permis aux administrateurs d’exprimer leur opposition au doublement du taux de calcul, disposition intenable aux yeux de Richard Vainopoulos.

Un à-valoir inscrit abusivement parmi les recettes de l’année

En juin 2014, le conseil d’administration a voté une cotisation exceptionnelle égale à 50% du montant de la cotisation de l’année en cours pour pouvoir faire face à l’augmentation de la sinistralité parmi ses adhérents. Explicitement présentée comme "un à-valoir sur les cotisations des prochains exercices" dans un courrier du 19 juin 2014, c'est-à-dire un acompte, cette cotisation exceptionnelle a par la suite été enregistrée comme "recette" pour l’année 2014. Une opération surprenante qui permettrait à l’association d’afficher des comptes positifs au terme de l’année écoulée.

Des cotisations différenciées pour des profils identiques

Alors que les taux de la cotisation variable devraient être modifiés à 0,9% pour les producteurs de groupes, à 0,8% pour les TO et à 0,7% pour la distribution, l’APST applique régulièrement un taux de 0,9% à des distributeurs en dépit de ce qui avait été convenu en Conseil d’Administration. Un traitement au cas par cas totalement contraire au principe de l’uniformité des taux par branche professionnelle. Richard Vainopoulos rappelle : "Je suis quelqu’un de légaliste : si une résolution, inscrite à l’ordre du jour, est adoptée à la majorité des administrateurs, je l’accepte bon gré mal gré, mais je respecte la décision du Conseil. Si, depuis le mois de novembre, je me suis exprimé publiquement, c’est parce que des décisions graves ont été prises sans avoir été adoptées.

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Vos réactions (3)

  1. je comprends tout à fait cette réaction.
    Beaucoup d’incompréhensions effectivement…
    -Une avance qui n’en est est peut être plus une ?
    -Des adhérents qui mettent la clef sous la porte avec des passifs énormes et qui restent garantis par l’APST et qui risquent de mettre en péril bon nombre d’agences (qui sont également adhérents de l’APST) sans que l’APST ne réagisse !
    – Les informations d’augementation de la garantie et cotisations en dernière mn
    Aucune transparence !!!

  2. Il est intéressant d’apprendre la démission de me Vainopoulis, démission qui montre la réalité de ce dont nous nous doutions.
    Quand l’Aps se gargarisait du nombre d’adhérents qu’elle enregistrait, j’ai toujours dit que cela finirait mal. Et on voit bien, où on en est.
    Désolée, Mr Nabet, nous ne nous connaissons pas, mais j’ai l’habitude de dire ce que je pense, ce qui ne plaît pas toujours. Je répète depuis des années que nous ne devrions pas encaisser directement l’argent de nos clients. Ceci n’est pas sain ! Si nous nous contentions de nos commissions, on n’aurait besoin ni d’Aps, ni de caution bancaire pour les protéger. Le métier de TO n’a plus aucune raison d’être. Ce ne sont que des intermédiaires entre l’agence sur place et nous, et des intermédiaires dont, souvent, le personnel est mal formé et en connaît moins que nous. À l’heure de la mondialisation, et d’Internet, à l’heure où les réceptifs exposent dans nos salons professionnels, qui a encore besoin d’eux. Pour justifier leur existence, nos instances brandissent la peur du litige. Mais avec de bons réceptifs, il n’y a jamais de litige ! Je suis très triste de la disparition de Donatello, mais a-t’on besoin auj. d’un TO pour vendre un easyjet et un hôtel en Italie ? Je ne le fais même pas moi-même pour mes clients. Je les envoie directement chez Expédia. Ils m’en sont reconnaissants et reviennent pour d’autres choses.
    Par ailleurs, pour l’instant, je ne vous abandonne pas, mais je ne suis pas d’accord pour payer pour ceux qui n’en ont rien à faire. Comment peut-on avoir des millions de dettes, sans que personne ne s’en aperçoive ? En tant que distributeur indépendant, je paye mes dossiers avant d’avoir le carnet de voyages. Où est le risque ?
    Il faut tout remettre à plat, différencier les risques, et que chacun paye ce qu’il doit.
    Voilà ce que j’avais à dire. Je sais que mes positions sur les commissions vont faire hurler toute la profession, mais c’est trop facile de compter sur la profession pour payer nos dettes.
    Par ailleurs, il ne faut pas oublier, que, si nos clients sont protégés de notre éventuelle faillite, nous ne sommes pas protégés de la faillite d’un TO. Quand j’ai posé la question à l’Aps, il m’a clairement été dit que les clients directs du TO étaient protégés, mais pas les miens ! À moins que je n’ai pas compris, l’Aps pousse nos clients dans les bras des TO ! Si vous n’y aviez pas pensé, je vous ouvre les yeux.
    Bonne Année à tous

    1. Très juste ce que vous dites.
      Je travaille pour un fournisseur des agences (ni réceptif, ni TO, ni loueur de voitures). En tant que fournisseurs, nous ne sommes pas protégés contre la faillite des agences. Pour 2014, nous avons enregistré près de 114000 € de pertes sèches, suite à la faillite de certains TO et d’un nombre important d’agences clientes. Quand on a contacté l’APST on nous a répondu sybilement qu’elle ne couvre que les voyageurs. Mais alors que nous faisons confiance à nos clients de nous payer après le départ de voyageurs, nous n’aurons plus que 3 solutions :
      – faire payer l’agence à l’avance
      – lui demander un dépôt de garantie
      – encaisser le montant de la résa et laisser à l’agence uniquement la comm’.
      Présents dans 32 pays, notre société utilise le deposit comme valeur sure ou au pire un payement total 15 jours à l’avance. En France, ces méthodes feront hurler pas mal d’agences.
      D’où le choix de passer par les centrales de paiement des réseaux, moyennant une commission. Ce qui évidement fait augmenter le prix final et qui ouvre un boulevard aux OTA en BtoC.
      Tout ça pour expliquer comment la profession a engendrée elle même les monstres qui lui font peur.
      Dommage

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