Tribune: « Il faudrait pas bâcler la réforme du Snav par excès de précipitation »

Institutions

Sous le titre « Il n’est rien de plus mortifère que l’immobilisme », Jean-Pierre Mas déclarait tout récemment que « presque tout le monde s’accorde à penser que le Snav a besoin d’une réforme en profondeur qui le transformerait en Fédération des métiers du voyage, afin d’éviter son éclatement* ». Je suis bien sûr d’accord avec cette analyse ; et m’étant exprimé depuis plusieurs mois sur ce sujet, je n’y reviendrai pas.
En revanche, certaines affirmations de Jean-Pierre Mas appellent réponses. Sur la forme d’abord : le ton railleur voire goguenard de ses propos est pour le moins désobligeant vis-à-vis des administrateurs du Snav – méritent-ils tous tant de sarcasme ? – mais, reconnaissons-le, notre ami n’en est pas à son coup d’essai dans le maniement des petites phrases assassines !
Sur le fond ensuite, 2 réflexions sont à considérer :
La première concerne le renouvellement d’administrateurs au cours du dernier mandat 2002-2005 ; on peut lire que « trop d’élus se sont crus (et se croient toujours) indispensables et irremplaçables** ». Il est vrai que par manque de candidats, peu de nouvelles têtes sont apparues ; mais il est également vrai que durant cette même période, de profonds bouleversements sont intervenus dans notre environnement professionnel : révision de la loi de 1992, recherche d’un nouveau protocole avec Air France, maîtrise des systèmes d’information, tous ces chantiers ayant occupé prioritairement les élus.
Ma seconde réflexion est relative à la refonte radicale des statuts du Snav pour aboutir à une Fédération d’ici l’assemblée générale de mars prochain soit… en 4 à 5 mois, sachant que dans le même temps il faut obligatoirement créer des syndicats ou du moins en définir les contours (lesquels, combien ?), trancher sur le rôle des chambres syndicales et définir précisément les missions respectives et les budgets de ces nouveaux syndicats de branches et de la future fédération.
Lorsque l’on sait le temps qu’il faut consacrer aujourd’hui pour régler des sujets de moindre importance, je pense sincèrement qu’il n’est pas sérieux de laisser croire aux adhérents du Snav qu’une telle entreprise est envisageable en quelques semaines au risque d’aboutir à une réforme bâclée, ce qui irait à l’encontre de ce que nous attendons tous. Qu’une équipe se mette dès maintenant au travail pour recueillir, sur cette mutation, les positions des instances et des conseils professionnels et qu’elle apporte un vrai projet d’entreprise sans être enfermée dans un calendrier réducteur car – et pour parodier Jean-Pierre Mas – « il n’est rien de plus mortifère que la précipitation ».
* Univers des voyages de novembre 2004.
** Quotidien du tourisme du 10 novembre 2004.

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