Voyage d’affaires : tout va changer !

Institutions

Les grands comptes confient de plus en plus leur politique voyage aux agences.
Avec l’automatisation, des métiers disparaîtront au sein des agences affaires.
La concurrence accrue pourrait entraîner une guerre des prix entre réseaux.
« Capturer, traiter et restituer des données pour faciliter les déplacements des collaborateurs des entreprises est devenu le cœur de notre métier. » Si Régis Chambert, directeur général d’American Express Voyages d’Affaires, souligne que l’activité du voyage d’affaires a évolué bien avant la suppression annoncée des commissions, la révolution est en marche. Déjà, parce que les entreprises ressentent de plus en plus le besoin de sous-traiter la gestion des négociations et des achats auprès de fournisseurs. « Plusieurs grands comptes sont venus nous voir en ce sens », indique-t-il. En somme, si réserver et émettre reste la base du métier, il faut maintenant aller beaucoup plus loin comme « prescrire un taxi pour un transfert vers la gare du Nord plutôt que laisser une voiture quatre jours dans le parking ». Conséquence directe : des « métiers vont disparaître au profit d’autres, plus experts, comme des ingénieurs système ». Régis Chambert, qui ne pratique pas la langue de bois, reconnaît que la « croissance des ventes en ligne pourrait entraîner des pertes d’emploi ». Un salon comme l’EVP a donc pour vocation de montrer aux clients que le prix qu’ils vont payer à leur agence de voyages est justifié par des investissements réalisés pour les aider à contrôler les coûts de leurs voyages. Le responsable met en avant, par exemple, un « système de facturation dématérialisée » que son entreprise s’apprête à lancer. « Nous n’avons pas intérêt à entrer dans une guerre des prix », affirme-t-il. Mais il ne se fait pas d’illusions : les clients vont regarder de plus près les offres et les prix, et certains « concurrents vont se lancer dans une course aux parts de marché ». Car, malgré les concentrations, la concurrence est encore rude. « Même si, avec Manor, nous sommes ensemble au sein du G4 et travaillons en commun sur des chantiers comme la téléphonie ou la formation, nous sommes toujours en compétition avec eux. » Vrai gros regret de Régis Chambert : « Nos marges vont continuer à s’éroder. »
En 2004, les prix des acteurs du voyage ont progressé
La poursuite de l’augmentation des prix des différents acteurs de la chaîne du déplacement fait partie des éléments importants révélés par le baromètre EVP. Déjà, les compagnies aériennes. En moyenne, les prix ont augmenté de 2,3 % (+ 1,7 % pour la haute contribution et + 3,4 % pour la basse contribution). Régis Chambert déplore la « multiplication des classes tarifaires » et « l’inflation des classes de réservation » qui n’a d’autre but que de s’aligner sur les offres « low cost ». Ensuite, le ferroviaire : les prix moyens sont « à la hausse de 5 % ». La politique d’offres tarifaires business élargie s’accompagne de « contraintes fortes ». Même chose pour l’hôtellerie où tous les segments, de l’économique au quatre étoiles, sont concernés par cette hausse. Seule exception notable, la location de voitures : la guerre des prix a entraîné une baisse des tarifs de 3 % qui s’accompagne d’une légère progression du nombre de transaction affaires d’environ 2 %. A noter que dans la structure des dépenses des entreprises, le rail continue à gagner des parts de marché. En 2001, ce secteur représentait 17,5 % des dépenses (49 % pour l’aérien) contre 19,5 % en 2004 (49,5 %). En 2003, l’aérien représentait exactement la moitié des parts de marché.

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