Avec « Palikao 79 », Fabrice Dariot (Bdv.fr) publie son deuxième roman

Livre

Patron de Bdv.fr, Fabrice Dariot est à ses heures (pas du tout) perdues un romancier qui sait tenir en haleine son lecteur. « Palikao 79 », son deuxième opus, nous plonge au cœur du XVIIIème arrondissement de Paris à la fin des années 70. Sur fond de terrorisme et de grand banditisme, une enquête policière qui prend aux tripes et au cœur.

 

 

Après « La valise et le cercueil » il y a quatre ans, Fabrice Dariot – Dario – signe un deuxième roman. « Palikao 79 », une bataille, un comte, une petite ville d’Algérie mais aussi une rue du XVIIIème arrondissement de Paris, met en scène l’inspecteur Claude Fourrier courant après Caviani, l’artificier des Brigades Rouges venu faire un sale coup dans Paname. Mais le commissaire de police ne fait pas que courir après l’activiste italien, il court aussi après son passé, celui du temps où il vivait un amour torride avec la jeune Ema et dont il n’a de cesse de vouloir la retrouver. Ce sont donc trois destins, trois solitudes qui jouent au chat et à la souris dans un Paris sordide et délavé.

 

Ce qui est bien dans cette intrigue, c’est qu’elle fourmille de mille détails et recréée très bien l’ambiance de la fin des années 70, celle des Renault 16 et des Peugeot 404, des pantalons pattes d’eph’ et des rouflaquettes, de « Marilou sous la neige » de Serge Gainsbourg… Celle aussi d’un certain Jacques Mesrine, l’ennemi public N°1, dont les plus anciens se souviennent. Avec une écriture ciselée et mordante, Dario se fait fort ici de raconter ses derniers moments.

 

Bref dans ce roman qui en appelle sûrement d’autres, l’auteur possède tous les ingrédients pour plaire à son public. Un sens du détail et de la narration, un suspense et un final haletant qui ne devraient pas seulement contenter les amateurs de polars.

 

Extraits

« A la première gorgée de bière, amère et sombre comme la mer d’Irlande, un nerf a bougé sous la peau de sa mâchoire. Des cercles pâles… vingt visages, tous tournés vers la grande silhouette du nouveau venu. On observe les cheveux mi-longs qui effleurent ses épaules et ses avant-bras, pliés sur le bar. L’étranger porte une chemise de coton à carreaux ; belle étoffe et belle façon. Progressivement, l’un après l’autre, les regards des clients se détachent de lui (…) ».

 

« Un flic massif – qui avait dû être drôlement costaud à vingt piges – frappe la déposition avec trois doigts. En grimaçant, à cause de la fumée de cigarette qui lui pique les yeux, il déplace deux périodiques : la grande interview de Tixier Vignancour à la une de Minute, et l’Equipe du 4 août : Bathenay délivre le PSG face à l’OM (…) ».

 

« Il pleut gras. Ca tombe en flaque d’un coup, comme la vidange d’un carter d’huile usagée (…) ».

 

 

« Palikao 79 »

Dario

Editions Envolume

304 pages

19,50 euros

Publié par David Savary

Journaliste - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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Vos réactions (8)

  1. Dans le même registre, il faut signaler l’excellent polar « L’empreinte du Dragon » de Jean Tuan aux éditions CLC Edition. Pour tout savoir sur l’emprise de la Chine sur 4ème aéroport français et sur la façon dont elle copie l’Airbus A320 au profit de son propre avion de ligne. Un néo-polar épicurien et érudit.

  2. Palikao 79 ? C’est très bon : un auteur est né !
    Un vrai talent d’écriture, c’est riche, des clins d’oeil, des références, avec un vrai style, une profondeur, j’aime beaucoup. On sent que l’auteur a bossé. Des litres et des ratures !
    Un reproche : le second chapitre. Assez difficile d’accès à froid. Je ne comprenais rien. J’ai failli lâcher… et j’aurais eu bien tort ça décolle après…

  3. Un polar à l’ancienne qui nous replonge dans le Paris de la toute fin des années 70.
    Dans un style rapide, concis, parfois brutal cet opus nous ramène aux heures sombres des premiers attentats médiatisés, oeuvre de bandes terroristes organisés mais aussi à l’apparition d’un autre fléau planétaire…
    C’est la fin des trente glorieuses et un changement radical de notre société s’opère.
    Une intrigue bien menée, une multitude de petits détails de la vie quotidienne et des marques parfois oubliées m’ont permis de m’évader de la grisaille du métro.
    A quand les nouvelles aventures du commissaire Fourrier ?

  4. Palikao 79 ? J’ai lu un très bon polar historique.
    J’avais lu le premier roman noir de Dario consacré à la guerre d’Algérie.
    C’est de la même veine, Dario a du talent.
    A quand le troisième ?

  5. Palikao 79 est un bon polar d’un auteur qui prend de l’épaisseur. J’avais lu La valise et le cercueil, son coup d’essai, en restant un peu sur ma faim. Avec Palikao 79, on passe de poids welter à poids lourd. Voilà vrai talent d’écriture, c’est riche, des clins d’oeil, des références, avec un vrai style, une profondeur. « Des litres et des ratures » comme qui dirait ! Après le second chapitre, on se laisse envouter par l’atmosphère moite et noire du livre pour suivre les pérégrinations du personnage dans ce Paris du 20e arrondissement.
    Vivement le 3e polar de DARIO.

  6. J’ai adoré dans ce roman l’atmosphère, la reconstitution minutieuse de l’époque et la qualité littéraire indéniable de certains chapitres. Cet auteur a une belle plume !
    Les moins ? Il faut passer les 80 premières pages. En début de roman… trop de pistes. Le manuscrit aurait dû être beaucoup plus travaillé avec le directeur de publication à fin de dégraissage.
    Important : le tableau final est très percutant.

  7. J’avais lu la Valise et le Cercueil, et je viens de finir la lecture de Palikao 79… cela m’a encore bien plu ! Dario a du talent. Avec lui, on se replonge dans sa jeunesse et dans une certaine France ( ce n’est plus la même !). La violence a toujours existé. Certaines scènes font penser à Houellebecq ! Je n’en dis pas plus… bonne lecture

  8. Quelques jours de vacances en mer rouge… j’en profite pour lire enfin les aventures de Fourrier et Champi.
    Pas compris qui était M Jacques… avant le dénouement ; ça doit encore mieux marcher sur moi que ceux qui ont connu l’époque.
    En tout cas il aura voyagé ce bouquin, de la Corse à la Birmanie où il n’a fait que passer.
    Avalé en 2 jours, ça se lit bien ! Me reste plus qu’un pèlerinage à faire dans le 20e arrondissement.

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