« Salvador de Bahia, magique » par Fabio Casilli, fondateur d’Italie & Co

Ma destination Coup de Coeur...
A Salvador de Bahia, les rues colorées du quartier Pelourinho.

Cet été, Le Quotidien du Tourisme vous propose de découvrir chaque jour une destination. Nous avons pour cela demandé à plusieurs personnalités du monde du tourisme leur choix personnel.  La rédaction s’est aussi prêtée au jeu. En quelques lignes, chacun évoque ce qui l’a touché ou lui a plu dans ce « coup de cœur ». Aujourd’hui, Fabio Casili, fondateur d’Italie&Co, dresse le portrait d’une ville qui le touche intimement, Salvador de Bahia, au Brésil.

 

« Véronique Sanson a chanté ‘S’il te plaît, je voudrais aller à Bahia…’, comment lui donner tort ? Salvador de Bahia, ancienne capitale du Brésil, c’est une ville à part qui évoque des paysages magnifiques et féeriques et qui a souvent inspiré les artistes, brésiliens mais pas seulement. Le Brésil ne sera jamais juste ‘un voyage’ pour moi. Une partie de mon histoire personnelle passe par le Brésil : mon grand-père y avait émigré en abandonnant femme et enfants lorsque mon père avait 8 ans. Mon père des années après a parcouru un chemin similaire et est lié à jamais à cette terre où il a entamé son dernier voyage il y a 5 ans. Brésil est synonyme de rêve, de dépaysement d’authenticité, et dans ce contexte, Salvador de Bahia a une place fondamentale et unique dans l’histoire de ce magnifique pays-continent. C’est sa mémoire historique, la porte d’entrée des esclaves venus d’Afrique Noire : ici on ne danse pas la samba mais plutôt du reggae, on voltige au rythme envoûtant de cette danse-art martial-rite initiatique qu’est la capoeira, scandée par le son entêtant et répétitif du berimbau, en sirotant une caïpirinha… Tout est magique et presque irréel ici : les maisons colorées et les magnifiques églises baroques du centre historique, le Pelourinho, avec le musée dédié au fils chéri de ces terres, le célèbre écrivain Jorge Amado, les plages de Morro di São Paulo, les Bahianas, ces femmes avec leurs grandes robes blanches typiques de ces contrées… Salvador de Bahia est une ville forte en couleur qui ne peut qu’inspirer des sentiments tout aussi forts et contrastants. La séparation entre la ville haute, la partie historique et ancienne, parfaitement préservée, et la ville basse, moderne et palpitante, est saisissante. On dirait presque deux villes à part, unies par l’elevador Lacerda, cet ascenseur tout aussi monumental qu’incongru construit à la fin du XIXe siècle et qui relie entre elles les deux âmes de la ville. Personnellement, je suis tombé sous le charme de Salvador dès la première fois que je m’y suis rendu. Dès le premier instant, c’est une véritable histoire d’amour qui est née et qui ne cesse de s’alimenter dans le temps. Les ruelles du centre qui s’entrelacent où les enfants courent sereins en jouant au futbol, où à chaque coin de rue des artistes improvisés chantent et dansent à tout moment, où on peut manger sur le pouce un acarajé, littérairement ‘boules de feu’, des boulettes de haricots frites et farcies avec une crème de crevettes très riche, le vatapé. Ce plat, aux claires origines africaines, est encore aujourd’hui considéré une nourriture sacrée des Dieux. Tout ici se développe entre sacré et profane, entre une grande religiosité (le Brésil est le pays catholique le plus grand au monde) et les croyances les plus disparates et étranges, de la vie de tous les jours à l’art et la culture. La religion au Brésil est un élément très important dans la vie des gens, à Salvador elle en est indissociable. Pour en avoir la preuve, si besoin en est, faites un tour dans l’atelier de Menelaw Sete, un peintre local mondialement connu, appelé le ‘Picasso brésilien’, amoureux inconditionnel de sa terre, pour admirer ses toiles colorées et fantasques qui racontent la vie de ces lieux et de ses habitants. Salvador de Bahia est le lieu où à chaque fois je redeviens enfant par son ambiance, ses couleurs, ses parfums et toutes les sensations puissantes que tout cela évoque en moi. Je pourrais vous parler de ces lieux et de ce qu’ils inspirent ou éveillent en moi pendant des semaines, mais rien ne pourrait vous donner la mesure exacte de cette expérience initiatique qu’est un voyage à Salvador. Partez en fermant les yeux et laissez-vous guider par les autres sens et par ce que ces lieux évoquent en vous, vous ne serez pas déçus car, comme disait Marcel Proust, ‘le seul voyage d’expérience n’est pas d’aller vers d’autre lieux, mais d’avoir d’autres yeux’ : les yeux d’un enfant qui débarque à Salvador de Bahia… »

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