Cap Australie : Kakadu, immense de nature

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Des paysages à couper le souffle, une faune épanouie et protégée, une culture aborigène mystérieuse, un groupe-éductour sans faux-semblant… Il n’en fallait pas plus pour que ces deux jours dans le parc le plus célèbre du Northern Territory, près de Darwin, soit un des premiers moments forts du voyage.Je vous écris d’un endroit qui n’existe pas. Je veux dire un lieu tellement isolé du monde que les soubresauts de la planète n’y arrivent qu’effilochés, comme si la distance qui séparait le néant de l’humanité atténuait la folie dont les hommes sont capables dès qu’il s’agit de partager leur promiscuité. Ici, au Hawk Dreaming Wilderness Lodge, un campement vrai de vrai du Northern Territory, à 280 km de Darwin, la nature fait force de loi. Dans le bush ou l’outback – appelez cela comme vous voulez -, l’eductour d'Australie Tours prend depuis deux jours les grands espaces en pleine face. Il n’y a pas le choix. Les rochers millénaires érodés mais solides ; les billabongs (plans d’eau) salvateurs ; le cri d’un cacatoès ; la tâche blanche d’une aigrette dans le vert du wetland (terre humide) ; les oies sauvages qui vont toujours par trois ; l’envolée d’un milan dans le ciel bleu cobalt ; un wallabi dressé sur le bord du chemin ; l’aigle de mers fier et droit sur sa branche ; un jabiru majestueux perché au dessus du marais… Dans ce zoo sans grillage ni frontière, la nature est reine et tout ramène à notre humble condition d’humain. Chapeau bas devant l’exceptionnel travail de l’érosion, des averses tropicales, du soleil et du vent. Et de l’impitoyable sélection animale.
Si cette nature n’est pas hostile pour tous, elle l’est encore moins pour les crocodiles. Le roi aquatique du bush a fait sienne cette platitude faussement tranquille, tapi dans l’eau pour mieux dévorer ses proies. Sur la Yellow River, passage obligé des touristes dans le parc de Kakadu (20 000 km² !), nous naviguons le mardi, guettant le roi aquatique. Il apparait ras sur l’eau, squelette d’écailles inquiétant, tranquille comme Baptiste. Il ne faut pas si fier. Vif tel l’éclair quand il s’agit de déguster (d’avaler !) son repas, il est capable de dresser sa carcasse hors des flots pour attraper ses victimes. Méfiance, mais le parc veille. A moins d’inconscience délibérée, se faire piéger est impossible, une multitude de panneaux rappelle la prudence élémentaire.
Autres grands habitués des lieux : les aborigènes. Il y a 20 000 ans, ils étaient là. Aujourd’hui, ce territoire est encore le leur. En dépit de 150 d’acculturation, une partie d'entre eux tente de retrouver sa dignité en se réappropriant, en tribus, le savoir des anciens. Dans le territoire d’Arnhem que nous frôlons lors d’un pique-nique, au bord d’East Alligator River, ils sont en terrain reconquis. La région n’est accessible aux visiteurs que moyennant un permis. Chez eux, ni positif, ni négatif. Il y a ce qui est et… ce qui est différent. La symbiose avec la nature, l’esprit des lieux – la fameuse cosmogonie que les agents de voyages découvrent ! -, est totale. Nous en percevons les mystères sur les sites de peintures rupestres d’Anbangbang et d’Ubirr. D’inimitables scènes de vie millénaires y sont dessinées à même le rocher. Il faut au moins 4 jours pour découvrir cette région de Darwin (le "Top End"), car les distances sont longues et les sites espacés. Le bush se découvre à pas lents.
Et le groupe, dans tout ça ? Lui aussi, il est du genre "nature". Sans chichis ni cancans, il a appris à se connaître. Dans les chambres doubles, les affinités se sont nouées. Priscillia Marceau (Selectour Omni Voyages, St-Germain-en-Laye) laisse fuser son rire clair de jeune maman en confiance. Pour Marion Ride (Thomas Cook Voyages, Tours), généreuse et gourmande, tant qu’il y a du fromage à table, tout va bien ! Laurent Chevassut – toujours en pôle position côté tchatche -, retrouve en Australie les senteurs d’Afrique et du Bostwana cher à son coeur. Emmanuelle Michel en oublie d’émotion son appareil photo… (un peu de concentration, m’enfin !). Marie-Claire Lacroix (Havas Voyages, Clermont-Ferrand) n’en perd pas une miette derrière sa cigarette électronique. Nadia Perez Pereira (Etihad) regrette déjà de devoir partir avant les autres. Delphine Bocande (Printemps Voyages, Rennes) a le pied marin et "bushien" mais quand même les serpents, faut pas pousser… Stéphane Michaud (Australie Tours) gère tout cela d’un œil averti et n’en oublie pas la formation nécessaire (workshop Nouvelle Calédonie au programme de l’après-dîner). A Brigitte Derouch (Selectour Massilia Voyages, Marseille) nous attribuons le mot de la fin, entendu lors de l’apéro-coucher de soleil sur l’immensité australienne : "Quand je serai au bureau, je repenserai à ce moment". Et dire qu’elle n’a pas encore vu Ayers Rock…
Boh boh (au revoir, en aborigène), et à demain pour de nouvelles expériences, à nouveau du côté de Darwin.

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