Crise à Haïti: le Club Coralia va faire partir ses animateurs

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Le Quai d'Orsay a monté d'un cran sa recommandation dans ses Conseils aux Voyageurs. Tout le pays est "déconseillé sauf raison impérative".

Le tour-opérateur Boomerang a rapatrié la majorité de ses clients d’Haïti en début de semaine. Le Club Coralia Royal Decameron n’accueillera plus de vacanciers jusqu’au 15 mars. Le Quai d’Orsay a encore modifié ses recommandations. Le président Jovenel Moise s’est exprimé hier pour annoncer prochainement des mesures économiques.

 

« Tirs, barrages routiers, tentatives de pillages… », la crise à Haïti ne baisse pas en intensité. Le ministère des Affaires étrangères français a étendu, mercredi 13 février, à tout le pays sa recommandation de « déplacement déconseillé sauf raison impérative ». Il évoque « un appel au blocage de tout le pays lancé par plusieurs mouvements ». Trois jours après sa première alerte sécurité sur Haïti, le Quai d’Orsay a donc modifié sa carte sur son site de Conseils aux Voyageurs.

 

Dès le lundi 11, le tour-opérateur Boomerang a pris de premières mesures dans l’urgence (rapatriement, transfert en hélicoptère…).  Il nous avait indiqué suspendre jusqu’au 18 février les départs sur son Club Coralia Royal Decameron Haïti. Ce vendredi, le tour-opérateur annonce l’annulation jusqu’au 15 mars de tous ses départs voyageurs sur Haïti.

 

Encore quelques clients et les animateurs

Le tour-opérateur français n’est pas seul à programmer le Royal Décameron. Des voyageurs majoritairement canadiens, une centaine de Québécois selon le Journal de Montréal, et américains sont aussi actuellement présents dans l’hôtel 4 étoiles. Ils attendent d’être évacués vers l’aéroport. Boomerang organise lui aussi le retour de ses derniers clients sur place.

 

« Aujourd’hui, il reste cinq de nos clients dans le Club Coralia, nous précise Philippe Sangouard, directeur général de Boomerang. Ce sont des personnes qui avaient réservé pour 15 jours. Leur séjour n’est pas perturbé. Au sein du club, tout se passe bien. Ce sont les barricades sur les routes qui empêchent de circuler normalement. Samedi ou dimanche, ces clients vont repartir sur la France. Nous ferons ensuite partir l’équipe d’animation: un chef de centre et trois animateurs. Les uns iront en renfort sur nos clubs de République dominicaine et les autres reviendront en France avant d’aller sur un autre club. »

 

Un cas de force majeure

Face à ce « cas de force majeure (qui) ne permet pas de garantir la sécurité des clients » du Club Coralia, le TO précise:

« Les activités du pays sont paralysées par des manifestations populaires dans les principales villes, souvent hérissées de barricades. Cette situation rend impossible le transfert de nos clients entre l’hôtel et l’aéroport et ne nous permet pas d’assurer leur sécurité. »

 

Le groupe NG Travel, maison mère de Boomerang, avait décidé de programmer cet hiver pour la première fois le club Royal Decameron. Il était exploité auparavant par la marque Lookéa de Transat France passée chez TUI France.

 

Report et bon à valoir sur un prochain voyage

Pour les clients ayant réservé un séjour au Club Coralia d’Haïti entre le 15 février et le 15 mars, Boomerang propose en contrepartie :
– Un report du séjour initialement réservé sur l’un des Clubs Coralia en République Dominicaine.
– Un avoir du montant total du dossier à valoir sur un prochain séjour sur les 9 prochains mois.

Une situation politique et économique bloquée

A Haïti, le président Jovenel Moise a pris la parole jeudi 14 février. Une semaine après les premières manifestations, il a annoncé qu’il ne démissionnerait pas, contrairement aux demandes des manifestants. Il a aussi déclaré que le Premier ministre allait à son tour annoncer des mesures économiques.

Selon Radio-Canada, au moins 7 personnes ont été tuées depuis le début de ces manifestations contre le président, la corruption, la misère… Paru fin janvier, le rapport de la Cour des Comptes haïtiennes a mis en exergue la mauvaise gestion des milliards de dollars prêtés par le Venezuela à Haïti dans le cadre du fonds PetroCaribe.

Publié par Myriam Abergel

Journaliste - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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