Fram : La nouvelle page s’écrira sans les salariés des filiales à l’étranger

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Mercredi à 14h00, le jugement du Tribunal de Commerce, qui attribue la reprise de la vieille dame toulousaine au Groupe LBO/Finance et sa filiale Karavel/Promovacances, était publié.Salariés et journalistes se pressaient au rez-de-chaussée du Tribunal de Commerce de Toulouse pour prendre connaissance de la décision murie depuis une semaine par les juges. Sans (grande) surprise, porté par les sociétés Voyages Invest et Phoenix, c’est le projet de Karavel/Promovacances qui l’a emporté, une offre sur la table depuis de longs mois et améliorée sur le plan social ces 15 derniers jours sous l’effet des offres concurrentes de NG Travel et Doctegestio. Aucun représentant du repreneur n’était là à la différence de Bernard Bensaïd, patron de Doctegestio présent jusqu’au bout dans ce dossier. Selon une source très proche du dossier, hier soir son plan de continuation n’avait pu être déposé. Il se déclarait déçu mais analysait : "je ne pense pas que les déclarations des salariés (opposés en majorité à son offre) ont joué … ils ont eu peur en pensant que la reprise de tous n’était pas possible et leur repli est tout à fait compréhensible. Mais ce que je ne comprends pas, c’est l’obstination de Marie-Christine Chaubet qui a refusé le million et demi d’euros que nous lui proposions (pour ses parts) et je trouve scandaleux qu’elle sacrifie ainsi 700 emplois" faisant allusion aux filiales à l’étranger. Comme on s’en doutait, c’est donc le bloc Colson (Georges mais aussi nièces et fille) qui avait tenté de faire surgir ce deus ex machina. Le point noir de cette reprise, c’est effectivement les 750 salariés des filiales à l’étranger dont le sort est totalement oublié. "Le principal point d’interrogation, pour Laye Simakha, délégué CGT :"ce n’est pas faute d’avoir soulevé le problème depuis 3 ans quand on a mis Fram sous protocole de concertation et qu’a commencé la ventes d’actifs immobiliers à l’étranger". Et d’ajouter : "c’est la responsabilité de la présidence du directoire qui a choisi le périmètre de de la DCP (déclaration de cessation de paiement) à 4 entités ". Une déclaration peut-être à tempérer puisque, page 12 du jugement, il est mentionné "Mme Vieuille-Féral a insisté sur les filiales à l’étranger déplorant qu’elles aient été totalement abandonnées dans la plupart des offres"
Françoise Peglion, gérante de JPF Travel dont l’offre conjointe avec NG Travel n’a pas été retenue, se consolait en lisant "que le tribunal avait au moins reconnu notre professionnalisme" mais ne pouvait s’empêcher d’émettre une crainte : "Qui me dit qu’ils ne vont pas vendre le plateau affaires dans 6 mois" ? Une crainte pas infondée puisque le fonds de l’activité Business Travel est l’un des deux seuls actifs exclus de la clause interdisant toute cession dans les deux ans (p.31 du jugement). Elle et son associé Jean-Pierre Mas pourront alors se manifester mais le prix sera forcément différent de la période de soldes qu’est le redressement judiciaire. Il ne reste donc plus qu’attendre les premières mesures de la nouvelle gouvernance pour juger sur pièce. "Il y aura de la rationalisation"  indique Michel Cabrol, actuel directeur financier. Dans un communiqué, publié à l'issue de l'audience, l’actuelle direction de Fram a commenté : "Le groupe Fram ouvre un nouveau chapitre de son histoire" … il s’écrira sans la famille fondatrice.

Publié par Jean-Pierre Marinot
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