Les étapes qui ont conduit Plus belle l’Europe au redressement judiciaire

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Frédéric de Fournoux a annoncé aux rédactions de Tour Hebdo et du Quotidien du tourisme en exclusivité le placement en redressement judiciaire de son tour-opérateur Plus belle l'Europe. ©Adobe Stock

Le tribunal de commerce de Nanterre vient d’ouvrir une procédure de redressement judiciaire pour Plus belle l’Europe. Les candidats à la reprise ont un mois et demi pour se déclarer.

2011-2017 : le tour-opérateur réussit son lancement

Tout avait bien commencé pour le tour-opérateur tricolore. « Du lancement de Plus belle l’Europe en 2011 jusqu’à 2017, nous avons connu cinq exercices positifs avec en 2016 un chiffre d’affaires à 10 millions d’euros et un résultat net à 300 000 euros. Nous avions un bel équilibre entre BtoB et BtoC et un modèle pertinent qui nous a permis de devenir rapidement leader des circuits accompagnés en Italie et un acteur important sur les autres destinations », explique à la rédaction Frédéric de Fournoux, le patron de Plus belle l’Europe. Une stratégie qui repose alors sur de lourds investissements en presse grand public. « On mettait 1 million d’euros sur la table pour soutenir nos actions de communication en presse. Ça a très bien marché. Mais le jour où la source a commencé à se tarir, ça nous a fait mal », analyse-t-il.

2018 : Plus belle l’Europe change de cap pour assurer son avenir

Prudent, le dirigeant réduit dès 2018 ce budget communication tout en mettant en place une nouvelle stratégie. Choix de Stéphane Bern comme égérie du TO, développement des produits « à la carte » sur les destinations européennes… Des décisions certes prometteuses qui nécessitent à nouveau de solides investissements (financement d’un nouveau logiciel, embauche de 7 personnes supplémentaires…) mais aussi du temps d’adaptation. « Nous avons été opérationnels en septembre dernier à l’IFTM Top Resa. Il a fallu ensuite du temps pour que ça décolle. Malheureusement nous n’avions pas ce temps disponible pour réagir », souligne Frédéric de Fournoux.

31 octobre 2019 : le TO enregistre ses premières pertes

Des aléas qui ont rapidement pesé sur les comptes de l’entreprise française. « Au 31 octobre dernier, l’entreprise perd 1,4 million d’euros pour un chiffre d’affaires de 11 millions d’euros. J’ai compris qu’il fallait me faire épauler pour m’en sortir. Je me suis donc mis à la recherche de partenaires », raconte le patron de Plus belle l’Europe. Et des investisseurs potentiels, il y en a. Quelques semaines plus tard, « un groupe du secteur est sérieusement sur les rangs. Je rassure donc mes salariés à notre soirée de fin d’année en leur disant qu’en janvier, nous ne devrions plus être seuls. »

10 janvier 2020 : le principal acheteur potentiel se désiste

Sitôt les réjouissances de fin d’année passées, c’est la douche froide pour Frédéric de Fournoux et sa vingtaine de salariés… « Le 10 janvier, le groupe intéressé m’appelle pour décliner sa proposition. Et malgré l’accord de confidentialité signé entre nous, commence à répandre la rumeur comme quoi nous allons déposer le bilan. Certains distributeurs l’écoutent et vont jusqu’à couper les robinets. » En pleine période de prise de commandes, c’est le coup de grâce pour Plus belle l’Europe déjà bien fragilisée.

30 janvier 2020 : Plus belle l’Europe est en cessation de paiement

Frédéric de Fournoux tente alors le tout pour le tout et fait appel à un plan B. Mais le temps joue contre lui et il préfère jouer la carte de la lucidité. « Fin janvier, j’appelle mon avocat pour déclencher une procédure de mise en redressement judiciaire. La suite, elle s’est déroulée ce matin avec l’audience du tribunal de commerce. C’est un soulagement. »

11 février 2020 : le TO est placé en redressement judiciaire

Le tribunal de commerce de Nanterre a décidé ce mardi 11 février de placer Plus belle l’Europe en redressement judiciaire. « Le tribunal a un avis très favorable sur le dénouement du dossier, je suis donc plein d’espoir », précise Frédéric de Fournoux encore sous le coup de l’émotion. « À la barre, le dossier a été déposé avec une lettre d’intérêt d’un acteur du métier. »

31 mars 2020 : le sort de Plus belle l’Europe sera décidé par le tribunal

Et maintenant ? Les repreneurs potentiels ont un mois et demi pour se manifester puisque « le tribunal a accepté la mise en redressement judiciaire avec une date limite fixée au 31 mars », selon Frédéric de Fournoux. Et de conclure : « Les passifs sont gelés jusqu’à la décision du tribunal. Mais l’entreprise continue son activité. »

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