Le TO en ligne Switch intrigue la profession

Production

Une agence le met en cause.
Politique assumée de vente directe.
Switch fait partie de ces producteurs qui sévissent sur Internet et dont la réussite intrigue. On sait que l’une de ses caractéristiques pour pouvoir proposer des tarifs compétitifs est d’éviter les intermédiaires. Il n’empêche : le TO commissionne les agences de voyages qui souhaitent travailler avec lui à hauteur de 8 %. Une agence parisienne « faisait » partie de ces points de vente qui bien souvent pour satisfaire la demande de certains clients utilisent les services de Switch. Son responsable explique : « Nous avons fait appel à eux à 10 reprises environ, faute de disponibilité chez nos TO référencés… mais tout ne s’est pas toujours bien passé. » L’agence expose les faits sur l’un des dossiers litigieux : Switch confirme par téléphone, l’agence remplit le bulletin d’inscription, son client règle et, surprise, 2 jours plus tard, le TO lui apprend que tout est complet…. avant de trouver une solution en direct avec le client. Un témoignage à charge nuancé par d’autres distributeurs qui expliquent ne pas connaître de difficultés avec ce TO. L’un d’eux souligne même le regretter car, finalement, cette réussite valide un modèle qui met sur la touche les agences de voyages. On connaît la puissance de communication de cet opérateur qui diffuse en kiosque son propre journal, Voyager pas cher, et qui est très présent sur des sites Internet via des messages publicitaires. Une stratégie séduisante pour les clients d’agences traditionnelles qui n’osent pas passer par un call-center. On ne peut plus discret sur son modèle économique, Jean-Pascal Simeon, patron du TO, se livre… avec beaucoup de prudence. « Mes méthodes de travail n’intéressent personne. Quant aux agences de voyages, elles sont très peu nombreuses à réserver chez nous et je n’en veux pas d’autres. D’ailleurs, je ne leur accorde aucune facilité et ne fais rien pour les démarcher. Celles que nous avons, nous les traitons au mieux à la seule condition qu’elles se plient à nos méthodes de travail. » A bon entendeur…
En 2003, le TO affichait 101 millions d’euros de CA
Switch travaille sur Internet depuis 1997. Il se qualifie comme « un véritable voyagiste spécialisé dans la vente directe de séjours balnéaires aux Caraïbes et dans l’océan Indien qui affrète ses propres avions sur ces destinations ». Nettement plus bavard sur son site qu’au téléphone, Jean-Pascal Siméon y explique être « engagé sur ses hôtels, propriétaires des bateaux sur ses croisières et des structures réceptives sur ses principales destinations ». Par ailleurs, à la question « Comment vos voyages peuvent-ils présenter d’aussi fortes différences de prix avec les mêmes produits en agences ? », le TO répond tout simplement, « parce qu’une brochure papier distribuée sur toute la France coûte très cher, en moyenne 5 à 7 % du prix de votre voyage » mais aussi « parce que la marge bénéficiaire des intermédiaires oscille entre 8 et 12 % ». Si à cela, on ajoute une gestion très serrée on comprend mieux comment Switch peut afficher pour 2003 un CA de 101 ME, en croissance de 95 %. « Une mauvaise année », conclut Jean-Pascal Siméon qui avait prévu 100 % et qui a horreur de se tromper.

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