Ma vie de TO indépendant pendant la crise : « Nous nous adaptons au jour le jour »

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Le TO Euridice Opéra, qui emploie 5 personnes, a dû rapidement faire face à de premiers déboires. ©Adobe Stock

Lectrice du Quotidien du Tourisme, Aurélie Leca est directrice d’Euridice Opéra, un TO indépendant basé à Aix-en-Provence. Elle témoigne du quotidien de son entreprise en pleine crise du Covid-19.

 

Il y a les gros tour-opérateurs et les plus petits. Tous touchés de plein fouet par la crise sanitaire liée à la pandémie du Covid-19. C’est le cas notamment d’Euridice Opéra. Spécialisé dans les séjours lyriques, le voyagiste propose des produits en France et à l’étranger pour assister à des opéras, des ballets et des concerts de musique classique. Créé en 1997, le TO qui emploie 5 personnes a dû rapidement faire face à de premiers déboires.

 

« Le 21 février j’étais en déplacement à Dresde et là j’ai appris que la Scala de Milan fermait… C’est une de nos meilleures destinations avec le Staatsoper de Vienne et le Bayerische Staatsoper de Munich. La Scala avait déjà fermé pour cause de grève mais jamais pour cause d’épidémie… Ce ne fut que le début d’un jeu de dominos qui allait s’écrouler de jour en jour. Tous les opéras, les Festivals de Pâques ont annoncé leurs fermetures et nous avons dû annoncer à nos clients l’impossibilité de les faire voyager. C’est une hécatombe. Les annulations pleuvent de jour en jour. Et nous avons mêmes des Festivals d’été qui sont annulés », explique Aurélie Leca, directrice d’Euridice Opéra.

« Faire face à la crise, c’est être présent pour nos clients »

À cela s’est ajouté le confinement décrété en France, qui a obligé le tour-opérateur à s’organiser rapidement. « Toute l’équipe est en chômage partiel ou total. Je dois gérer toutes les annulations depuis la maison. Cela implique aussi de gérer des clients mécontents car on ne les rembourse pas. Mais ils ne se rendent pas compte que c’est tout le travail d’une année qui part en fumée et que même si notre trésorerie est saine, on ne peut pas rembourser des centaines de dossiers annulés… C’est tout simplement impossible même avec la meilleure volonté du monde. Autant mettre la clef sous la porte toute de suite. Et puis nous ne sommes pas les seuls à travailler avec des avoirs. Nos fournisseurs, les compagnies aériennes ne nous remboursent pas non plus ».

 

Si l’à-valoir mis en place par le gouvernement permet d’éviter les remboursements dans l’immédiat, l’ordonnance ne rassure pas pour autant la dirigeante. « Même en proposant des avoirs valables 18 mois, nous sommes perdants. Nous avons travaillé pour ces dossiers, nous avons passé du temps, de l’énergie et puis nous avons toujours des frais qui vont nous rester sur les bras… Ce sont donc des centaines de dossiers ”en négatif” que nous allons avoir ».

 

Une situation très compliquée qui n’empêche pourtant pas le TO de rester mobilisé pour ses clients. « La situation évolue de jour en jour depuis ce fameux 28 février. Nous nous adaptons donc au jour le jour pour faire face à cette crise inédite. J’ai hâte que la situation évolue favorablement au tourisme mais j’ai des doutes quand à la date de relance. Pour le moment nous n’avons plus aucune réservation depuis fin février. Faire face à la crise, c’est être présent pour nos clients, les informer au plus tôt et être là pour répondre à leurs interrogations, même si nous n’avons malheureusement pas toujours les réponses. Dans ce contexte, heureusement, 70% des clients sont compréhensifs et se font déjà un plaisir de revoyager avec nous lorsque la situation se sera améliorée ».

Publié par Brice Lahaye
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