Thomas Cook France : « Il y a actuellement 5 ou 6 profils de repreneurs solides »

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Lors d’une conférence de presse au siège de Thomas Cook France à Clichy (92) mardi soir, Nicolas Delord, président, entouré de son comité de direction, est revenu sur la douloureuse faillite de sa maison mère. Actuellement en redressement judiciaire, il explique qu’il y a « 5 ou 6 profils solides » pour la reprise de certaines activités du groupe. Les offres seront déposées le 22 octobre prochain.

 

Le président de Thomas Cook France, pris dans la tourmente de la faillite de Thomas Cook UK, regrette de ne pas avoir pris le temps de répondre aux inquiétudes de ses partenaires. « Je ne souhaite à personne de vivre ça » et si « je n’ai pas parlé aux hôteliers, aux agents de voyages ou aux TO, c’est que je n’avais pas le temps » a-t-il dit. « Je n’étais pas aux abonnés absents, mais dans mon rôle de mandataire social ». Durant ces trois semaines, il a du gérer, dans l’ordre de priorité, « les clients à destination, les clients qui allaient partir, les collaborateurs, les fournisseurs et les partenaires… Et tout ça dans un contexte trouble »… Bref, « une situation de crise totalement inédite et d’une ampleur sans précédent ».

 

En pleine tempête, Nicolas Delord veut rester optimiste. « Pour un investisseur ce serait un coup formidable de reprendre Jet tours et quelques agences » explique t-il. « Et moi, je ferai tout pour que ça reparte dans les meilleurs conditions. Nous (le comité de direction NDLR), nous sommes prêts à faire repartir Jet tours…  » car pour le dirigeant, le scenario le plus intéressant serait une reprise du TO « qui est une maque magnifique », ainsi qu’une partie du réseau de distribution de Thomas Cook (une centaine de bonnes agences).

« Il y a plusieurs repreneurs potentiels » estime t-il. « Ceux qui s’étaient manifestés avant et de nouveaux qui sont arrivés ». « Ils discutent en ce moment même avec nous et l’administrateur judiciaire ».

 

Nicolas Delord et son comité de direction sont-ils également sur les rangs ? « Dans ce genre d’histoire il y a toujours des salariés qui se positionnent pour la reprise de l’activité » répond t-il. Mais sans l’appui d’un investisseur ça reste compliqué. « Quand vous avez perdu votre licence, c’est très difficile de tenir la première année de redémarrage ». « Reprendre une entreprise de tourisme comme Thomas Cook, après ce cataclysme, est compliqué » analyse t-il. Par exemple, « une garantie financière ne sera pas simple à trouver ». Mais Nicolas Delord veut y croire : « il y a beaucoup de compétences chez Thomas Cook France que ce soit dans la distribution ou dans le TO. Il y a peut être quelques carences au niveau technologique, mais faire repartir cette machine aujourd’hui est tout à fait possible ! ».

 

Quel investisseur serait intéressé ? « A part TUI, il y a peu de gros acteurs capables de prendre la totalité de Thomas Cook France, mais je ne peux pas l’imaginer ». Ce sont plutôt des fonds d’investissement qui sont intéressés. « Le meilleur scenario est la reprise du TO et de certaines agences » insiste Nicolas Delord. Car si aujourd’hui « on enlève du PNL (compte de résultat) tous les coûts fixes qui étaient imposés indument par le groupe et que nous récupérons la part de recette qui nous est due, nous ne sommes pas loin du but ». Avec « deux ou trois outils technologiques qui vont bien, c’est potentiellement une machine de guerre ! »

 

Aujourd’hui, Nicolas Delord pense avoir « de bonnes pistes ». « Il y a actuellement 5 ou 6 profils de repreneurs français et étrangers qui sont intéressés ». Mais pas sans l’actuelle direction. « Il est évident qu’un investisseur ne va pas prendre un risque sans s’assurer de l’adhésion du management et de l’intéresser au succès de l’opération. Sinon il faut être suicidaire ! ». D’ailleurs Nicolas Delord l’avoue : « avec le business plan sur lequel nous sommes en train de travailler, 2020 est l’année charnière, 2021 est intéressante, 2022 est très bonne, mais je ne peux pas vous donner de chiffres car c’est en discussion avec un investisseur… »

Publié par Nicolas Barbéry

Rédacteur en chef - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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