SOS Méditerranée: pourquoi des tour-opérateurs les soutiennent

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Alain Capestan, directeur général du groupe Voyageurs du Monde.

L’organisation humanitaire a un nouveau bateau, l’Ocean Viking pour remplacer l’Aquarius depuis le 21 juillet. En Tunisie, la semaine dernière des corps de migrants ont échoué sur les plages. Le groupe Voyageurs du Monde est une de ses plus forts soutiens de l’ONG. Alain Capestan voudrait voir plus de tour-opérateurs et agents de voyages aider les efforts de SOS Méditerranée.

 

Tourisme et migrations figurent dans le même chapitre au programme de géographie des classes de 4e et de Terminale. Deux termes et deux réalités qui, au-delà de la dissertation, se confrontent parfois. Certes les motivations ne sont pas équivalentes entre le loisir pour les uns et la nécessité (économique, politique…) pour les autres. Néanmoins il arrive parfois que les situations s’entremêlent.

 

Sur les réseaux sociaux, l’extrait du journal télévisé de RTL d’une touriste belge choquée par la vue d’un cadavre sur la plage à Zarzis a fait le buzz durant le week-end. Interrogée par la télévision, sa soeur explique qu’elle a demandé à son tour-opérateur, TUI (Belgique), de changer d’hôtel.

 

La séquence a eu lieu quelques jours avant la présentation du nouveau bateau Ocean Viking de SOS Méditerranée. L’organisation non gouvernementale, on s’en souvient, n’a pas pu poursuivre ses missions de sauvetage en mer après le retrait de pavillon de l’Aquarius en décembre 2018.  Parmi ceux qui se sont félicités de l’arrivée du nouveau navire, Alain Capestan, directeur général délégué de Voyageurs du Monde (VDM).

 

De l’argent et des hommes et femmes

« Financièrement et humainement, le groupe Voyageurs du Monde est notre plus gros mécène d’entreprise » nous avait confié Fabienne Lassalle, directrice générale adjointe de SOS Méditerranée lors du Forum du Seto en décembre dernier. A travers sa Fondation Insolite Batisseur, « Voyageurs fait un don chaque année à SOS Méditerranée » signale Alain Capestan.

Des collaborateurs du groupe, nombreux, s’investissent aussi, à l’instar de Marianne chez Terres d’Aventure qui donne de son temps et de son savoir-faire en relations publiques. L’an dernier une dizaine de salariés ont participé à la Course des Héros. Ils ont couru ensemble sous la bannière VDM pour SOS Méditerranée. Mais quid au-delà de Voyageurs?

 

« Il y a deux ans, j’avais poussé un cri d’alarme au sein de la profession. Car des gens meurent en Méditerranée tous les jours! Plusieurs TO ainsi qu’un mini-réseau d’agences de voyages et un courtier en assurance nous ont suivis et ont fait un don. »

 

Un devoir moral

Alain Capestan reconnaît que le sujet, très politique, est clivant « dans tous les secteurs d’activité et même en famille ». Mais faire un don ne nécessite pas forcément de communiquer et se mettre en avant. « On peut rester discret… » A l’inverse des dirigeants de Voyageurs sûrs de leurs convictions. Leurs prises de parole sont autant d’actions de promotion pour cette « cause ».

 

« Il s’agit de sauver des vies, résume Alain Capestan.  Avoir envoyé des touristes dans certaines régions (Syrie, Afrique…) que fuient aujourd’hui les populations a contribué à développer notre business. Les aider aujourd’hui est un minimum. En attendant que les pays européens se mettent d’accord, on se doit de faire quelque chose. »

 

Pour Alain Capestan et ses associés, Jean-François Rial et Lionel Habasque, le voyage est synonyme « de compréhension, de partage, de tolérance, de réunion de peuples, de solidarité »… Venir en aide aux migrants est une « question d’humanité ». « Il ne faut pas laisser la Méditerranée devenir un mouroir » commente le DG.

Publié par Myriam Abergel

Journaliste - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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Vos réactions (5)

  1. Aider les candidats à la migration dans leur pays et les encourager à y rester pour agir serait plus efficace que de se promener en mer, déplacer le problème et en créer d’autres.

  2. tout à fait d’accord avec GRENAT.Ce n’est pas raisonnable d’encourager les migrations ainsi.Les chiffres prouvent que le nombre de morts a baissé quand les ONG ont été empêchées.De plus s’lest bien de sauver des vies, (en prenant quand même le relai des passeurs) pourquoi ne pas déposer les migrants dans le port le plus proche? ce n’est pas comme ça qu’on aidera ces gens mais en les aidant sur place dans leur pays au besoin par des opérations de micro crédit.En les amenant en Europe on leur prépare, à eux et aux Européens de très sérieux problèmes.

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