Thomas Cook : pour Jean-Pierre Mas, « la destruction de l’image de notre secteur est colossale »

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Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du Voyage, et Christine Giraud, présidente des Femmes du Tourisme.

Dans le cadre de la fête de l’automne des Femmes du Tourisme qui se sont déroulées aux Vedettes de Paris, Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du Voyage, est revenu sur les défaillances qui ont assombri la rentrée. En colère, son ton était à la fois martial et positif.

 

Accueilli par Christine Giraud, présidente des Femmes du Tourisme, Jean-Pierre Mas a commencé en douceur « Venir au cocktail des Femmes du Tourisme, c’est comme sortir d’un monde de guerre, de violence et de rage et rentrer dans un oasis de paix ». Puis il s’est félicité d’être parvenu à signer « un accord d’égalité femme-homme dans l’ensemble des professions du tourisme ».

 

A propos des défaillances dans l’aérien, le président des EdV s’emporte : « Nous sommes dans un monde de violence. La violence successive des faillites d’Aigle Azur, d’XL Airways et, il y a trois jours, d’Adria ». Cette « violence » démontre « l’iniquité totale » des relations entre agents de voyages et compagnies aériennes « du fait de Iata ». Il le dit « avec calme », « nous sommes en guerre contre les méthodes de Iata ». Il exige « qu’il y ait une protection des agences de voyages qui émettent les billets des compagnies aériennes et de leurs clients ».

 

A propos de la défaillance de Thomas Cook s’étrangle. « On dit (que la défaillance de TC) est à cause de la chaleur et du Brexit. Mon œil ! 1,7 milliard de pertes au premier semestre qui finit en en juin que l’on met sur le compte de la chaleur du mois de juillet, chapeau ! ». Cette défaillance, « ce n’est ni le Brexit, ni la chaleur, c’est la suffisance de patrons tout puissants, arrogants et condescendants, qui estiment que les méthodes du 20e siècle fonctionneraient au 21e siècle ! C’est le fait d’être enfermé dans des certitudes sur le modèle d’intégration verticale, qui sont les vraies raisons de la défaillance de Thomas Cook ».

Il ajoute : « Les larmes de crocodile de son président sont inutiles. Il aurait mieux fait de s’occuper de son entreprise, de la gérer, de faire attention, au lieu de venir pleurer devant ses clients et ses salariés ».

 

Quant aux conséquences de cette défaillance, si elle va avoir « des effets sur l’ensemble du système », elle « ne traduit pas la faiblesse de notre industrie ». Car pour Jean-Pierre Mas, « l’industrie du tourisme – celle qui est agile et sait s’adapter – se porte globalement bien ».

Elle aura également des « conséquences en chaîne sur les TO, les agences de voyages, les hôteliers, les compagnies et l’ensemble des prestataires qui travaillaient avec Thomas Cook ». Et en première ligne, sur l’APST.

Enfin elle aura des conséquences sur l’image de la profession. « La destruction de l’image de notre secteur à cause de cette défaillance est colossale ».

Publié par Nicolas Barbéry

Rédacteur en chef - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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