Transat France sera-t-il racheté par sa direction ?

Production

C'est une des hypothèses envisageable. Le 3e TO français est "une entreprise saine, sans dette et avec un business plan de croissance jusqu'à 2020" a insisté Patrice Caradec. La maison mère, Transat AT, a annoncé le 12 janvier la mise en vente du voyagiste français.
"Cette mise en vente de Transat France est une bonne nouvelle", assure Patrice Caradec au lendemain de l'annonce de sa maison mère. Le président du troisième tour-opérateur français l'a martelé ce matin au cours d'une conférence de presse (prévue sur la production) : il faut savoir tourner la page, voir le verre à moitié plein. Tel est le message positif qu'il entend délivrer aux 560 salariés à travers plusieurs réunions.
 
"Le dossier de vente circule avec l'appui de Rothschild Group. Des groupes surtout internationaux ont montré leur intérêt" explique-t-il. L'hypothèse d'un rachat par la direction actuelle de Transat France adossée à un investisseur fait sourire Patrice Caradec. Après tout en 2013, Kuoni France a montré la voie…
 
Sans rien dévoiler, le dirigeant souligne la proximité de Jean-Marc Eustache, président de Transat AT, l'affection de ce dernier pour la filiale française -"son bébé"- que Patrice Caradec a développée à ses côtés. "Nous, l'équipe de management, sommes très impliqués et souhaitons rester impliqués dans l'avenir de Transat France" dit-il.
 
Pourquoi vendre Transat France, Look et les agences aujourd'hui? 
Le groupe canadien veut orienter sa stratégie de croissance sur les Etats-Unis –un marché complémentaire en termes de saisonnalité– et le secteur de l'hôtellerie, notamment aux Caraïbes (Rép. Dom., Cuba, Jamaïque). "La cession éventuelle de Transat France lui permettrait de se recentrer sur ces deux axes" explique Patrice Caradec.
 
Bien sûr, le réseau de 44 agences à l'enseigne Look fait partie de la transaction. Son expansion est d'ailleurs toujours à l'ordre du jour, avec 2 points de vente qui ouvriront bientôt, dans le Val-d'Oise et la banlieue de Toulouse. Même chose pour la marque Look Voyages et ses emblématiques clubs Lookéa. "Nous souhaitons en ouvrir 4 à 5 par an, pour afficher 70 Lookéa en 2020."

L'activité de voyagiste mise en vente* concerne donc le TO Vacances Transat, le TO Look Voyages et les agences Look, ainsi que le réceptif Tourgreece qui dépend juridiquement de Transat France. Patrice Caradec en est d'ailleurs le "président depuis 18 mois".
 
Le moment est "extrêmement enthousiasmant" selon le président de Transat France qui souligne encore le travail et la force de l'équipe de management. C'est grâce à cette équipe que "Vacances Transat est une entreprise saine, sans dette, qui prend des parts de marché" affirme-t-il, indiquant que les chiffres de Transat sont "supérieurs à ceux du Seto".
 
Une entreprise saine
Transat France résiste dans un marché dégradé explique son président. Et de rappeler les difficultés du tour operating français liées à la surcapacité sur l'Europe du Sud, la hausse du dollar US et l'effondrement des block-busters (Tunisie, Maroc, Turquie). Sans oublier que Transat a procédé l'an dernier à une migration technologique "laborieuse". "Nos clients agences ne nous trouvaient plus sur les plates-formes de résa pendant quelques mois" rappelle Patrice Caradec.

Pour l'année 2015 (nov. 2014-oct. 2015), il se satisfait donc d'un "résultat proche de zéro" (-190.000€, contre +8,5 M€ en 2014). En termes de chiffre d'affaires, le TO a enregistré une baisse de 2% à 441 M€ (contre 450 M€ en 2014) pour 375.000 clients (380.000 l'an dernier). Soit un panier moyen de 1.176€ (en légère baisse de 0,7%). Et pour 2016, les tendances sont bonnes.
 
Tendances 2016 à + 12%
Au crédit du TO, Patrice Caradec souligne le succès des Lookéa, en croissance de 5%. Mais aussi le développement des autotours (+4% à +5%) et la bonne santé de l'activité groupes. "90% du volume des groupes est déjà réalisé pour 2016" annonce-t-il. Mais aussi le lancement réussi de Wide Search et de l'océan Indien (plus de 1.000 pax sur les 3.000 attendus la première année et déjà 2 M€ de CA).
 
2016 marque le retour à la normale, Transat a retrouvé ses clients, a repris des parts de marché. En bookings et ventes, la croissance globale est de 12%, répartie en +19% sur l'individuel et +5% sur les groupes.

Les ventes s'engrangent – "à date, 45% de l'objectif est atteint"–, les clients suivent bien sur les nouveautés –les 3 derniers Lookéa en Haïti, Thaïlande et à l'île Maurice sont satisfaisants–, le Canada reste –"et restera"– l'activité majeure de Transat. "Notre quotidien, c'est business as usual"! résume Patrice Caradec.

*L'activité d'Air Transat n'est pas concernée, elle est entièrement reprise par Transat AT depuis 2014.
 

Publié par Myriam Abergel

Journaliste - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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