TUI France: le plan social (et les salariés) en suspens

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Hans Van de Velde, nouveau PDG, devrait dévoiler sa stratégie et les conséquences sociales les 15 et 16 mai. Un comité économique va rendre au CSE un rapport sur les pertes financières (de -39M€ à -50 M€). La filiale française de TUI AG en est à son troisième PDG en 4 mois.

 

 

Chez TUI France, l’atmosphère reste chargée d’anxiété. Lors de la réunion du CSE (Comité social et économique) du 18 avril, la mauvaise situation économique de l’entreprise était à l’ordre du jour. La présentation des comptes par le cabinet d’expertise-comptable Apex débouche sur une réunion de la commission économique. Lazare Razkallah, secrétaire du CSE, nous explique la prochaine étape:

 

« Avec l’aide du cabinet Apex, cette commission, dont je fais partie, va analyser les comptes et le forecast. Nous établirons un compte rendu pour le CSE extraordinaire du 15 mai. Ce jour-là, Hans Van de Velde présentera la stratégie pour TUI France. Le lendemain, lors d’une autre réunion CSE, il annoncera les conséquences sociales. »

 

50 millions d’euros de pertes?

Les salariés redoutent un nouveau plan social. « On ne peut pas perdre autant d’argent tout le temps, nous confie une salariée. Il va forcément se passer quelque chose. » Pour les élus du CSE, TUI France pourrait s’orienter vers la négociation d’une GPEC (Gestion prévisionnelle  des emplois et des compétences) ou d’une rupture conventionnelle collective. Deux procédures qui permettent de réduire les effectifs…

 

La perte sur l’exercice 2018-2019 (clos le 30 septembre) pourrait être plus importante que l’an dernier. Dans le compte-rendu de sa réunion à Bercy adressé aux salariés de TUI France, le CSE évoque une perte de « peut-être 50 M€ en mars (2019) après une perte de 39 M€ (sur l’exercice 2017-2018 clos) en septembre ».

 

Dans ce contexte, le groupe va-t-il devoir céder quelques-unes de ses activités (Nouvelles Frontières, Passion des Iles, Aventuria)? « Cela fera partie des sujets à évoquer dans la commission économique. Comme les relations avec la distribution tierce » assure le secrétaire du CSE.

 

Un nouveau patron pour quel avenir?

« On a l’impression qu’à la direction, ils ne savent pas où ils vont » s’agace un salarié. La nouvelle du changement à la tête de TUI France n’aurait ainsi pas été reçue avec un gros enthousiasme. « On a eu l’impression que M. Bruyninckx avait jeté l’éponge et qu’ils ont tiré à la courte paille au Comex pour savoir qui allait tenir la barre », commente ce salarié.

 

Pour quel projet? « On n’a aucune visibilité, poursuit-il. C’est angoissant pour les anciens salariés, et les plus jeunes ne restent pas. » Pourquoi Hans Van de Velde, qui devait quitter son poste en France en juin, a-t-il accepté de rester comme PDG? Même si son ancienneté dans le groupe TUI lui ouvre des portes, « il devra de toute façon, rapporter à Elie Bruynincks, patron de la Western Region… »

 

Du côté  des représentants du personnel, à la CGT (majoritaire), on se dit rassuré par la nomination de Hans Van de Velde. « Il nous a parlé de dialogue social, c’est déjà une avancée par rapport à M. Bruyninckx », affirme le secrétaire du CSE.

 

« Le plan social est suspendu bien qu’on n’ait jamais utilisé ce terme » aurait dit Hans Van de Velde lors de la dernière réunion du CSE. Une validation en quelque sorte des rumeurs qui circulent dans l’entreprise au sujet d’une liste de « candidats » au départ… A suivre.

Publié par Myriam Abergel

Journaliste - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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