TUI: le CSE lance un droit d’alerte économique

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Après les deux réunions des 15 et 16 mai, le CSE veut en savoir plus sur les difficultés de TUI France. Situation économique, orientation stratégique, plan social… autant de points d’interrogation.  Les syndicats de la filiale française de TUI Group se sont prononcés à l’unanimité pour cette procédure.

 

Première épreuve de dialogue social pour Hans Van de Velde, le nouveau président de TUI France. Jeudi 16 mai, les syndicats de l’entreprise se sont mis d’accord pour lancer un droit d’alerte économique. La veille en CSE extraordinaire, la commission économique, avec l’appui du cabinet comptable Apex, a livré un rapport sur l’état financier de TUI.  « Sans surprise, ce n’est pas bon » commente Lazare Razkallah, secrétaire du CSE de TUI.

 

A défaut de bons résultats, les élus du Comité social et économique attendent de connaître la stratégie de l’entreprise. « Depuis la venue en octobre 2018 à Levallois de Friedrich Joussen [président de TUI Group, NDLR] qui annonce des moments difficiles à venir, on n’a rien eu de nouveau, signale le secrétaire du CSE. La rumeur de plan social s’est accentuée. Il y a eu le départ de Pascal de Izaguirre, en janvier, les délocalisations au Maroc et les mauvais chiffres. On voudrait des précisions sur la stratégie de TUI en France. « 

 

Hans Van de Velde n’aurait pas dévoilé son projet en CSE jeudi. En termes de partenariats avec la distribution, il aurait indiqué « début juin ». Tout ne serait pas « finalisé ». Il aurait néanmoins évoqué « un impact social ».

 

Une réaction à l’unanimité

« Lorsqu’il a connaissance de faits de nature à affecter de manière préoccupante la situation économique de l’entreprise, le CSE est en droit d’exercer un droit d’alerte économique » indique la loi française.

 

« CGT, FO et CFDT, on a tous voté à l’unanimité pour cette procédure », indique Lazare Razkallah, secrétaire du CSE de TUI. L’idée leur avait été « soufflée », raconte l’élu, par Jean-Pierre Floris, le délégué interministériel aux restructurations d’entreprises, lors de leur entrevue à Bercy le 4 avril. A l’époque, des pertes de 39 millions sur l’exercice 2017-18 et 50 millions sur 2018-2019 étaient évoquées.

 

« On nous parle de mieux acheter, de renforcer le flexi pack -pour diminuer les engagements aériens-, de réduire les frais de structure -le déménagement de Levallois surviendra en 2020- , de contrôler la distribution…mais il manque la stratégie » s’agace le secrétaire du CSE.

Un été 2019 sans plan social?

Quant au plan social,  « ce ne sera pas avant fin septembre » mentionne Lazare Razkallah et « peut-être sous la forme d’une GPEC, ce que nous avons réclamée il y a quelques mois. Cela a le mérite de travailler sur l’évolution des métiers et de laisser passer la période des vacances ».

 

Le thème de la Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences tend à s’imposer chez TUI avec la délocalisation d’emplois (carnets de voyage, SAV…) au Maroc. « L’externalisation de services est une réalité et ne correspond plus à un ‘surcroît de travail’ comme l’avait évoqué la direction, explique Lazare Razkallah. Le CSE  va passer par une phase de point information consultation. »

 

Pour élaborer son rapport sur ce droit d’alerte, le CSE sera assisté du cabinet Apex et de l’un de leurs experts. « Il pourra demander à la direction une foule d’informations sur les chiffres, la stratégie… » Le rapport que fera le CSE sera « transmis au Conseil d’administration et à l’actionnaire », souligne son secrétaire .

Publié par Myriam Abergel

Journaliste - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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