TUI-Transat: et si la direction devait revoir son plan?

La CGT menace de ne pas signer l’accord sur le plan de départs volontaires. La direction prépare une réponse aux « observations » de la Direccte sur son plan de départ volontaire. Si le PDV n’est ni validé ni homologué par l’administration, TUI devra revoir sa copie.

 

 

« Dans l’état actuel, nous ne signerons pas! » Lazare Razkallah, secrétaire (CGT) du CCE de TUI-Transat, le dit clairement: pour son syndicat, les négociations en cours (sur le Livre 1 du projet de fusion) ne sont pas satisfaisantes. Difficile, alors, de tabler sur un avis favorable lors des réunions du CCE du 2 juin et des CE du 6 juin. Deux étapes préalables à la mise en oeuvre au sein de la nouvelle entité TUI-Transat d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) révisé après négociations.

 

Pourquoi une réaction aujourd’hui?

Lundi 15 mai, une réunion de négociations a eu lieu entre direction et syndicats. Au menu du jour, les « observations » de la Direccte* sur le projet de PSE. L’administration a en effet transmis début mai à la direction de TUI-Transat France un courrier dans lequel elle lui recommande de  « modifier« , « revaloriser« , « revoir » divers points (voir ci-dessous).

 

Des changements qu’elle invite TUI à opérer « dans le cadre des négociations avec les organisations syndicales représentatives ». Mais cela ne se passe pas comme attendu selon le délégué syndical. « Il y a eu recadrage par la Direccte de la direction de TUI qui n’a quasiment pas bougé. En réunion de négociation, on n’a vu que deux ou trois légers changements sur 2 catégories professionnelles ».

 

Pour rappel, le PSE initial prévoit « 343 suppressions de postes, 37 modifications de contrat de travail et 106 créations de postes ». Les négociations actuelles entre direction et syndicats portent sur le nombre de postes concernés, sur les conditions de départ et de reclassement (durées, formations), sur les catégories professionnelles visées, sur les moyens alloués, etc.

 

Des réunions supplémentaires

Du côté de la direction, on considère qu’« on avance » à travers les réunions de négociations. D’ailleurs « deux nouvelles réunions sont programmées cette semaine et la semaine prochaine alors qu’on devait terminer aujourd’hui, 15 mai » nous indique-t-on.

 

« On n’a pas de réponses aux propositions que l’on fait à partir des groupes de travail, et la direction ne tient pas compte des observations de la Direccte », s’insurge Lazare Razkallah.

 

Une éventuelle remise en cause

Selon la direction, des améliorations au projet initial ont « déjà été apportées ». « Nous maintenons le calendrier des 2 et 6 juin conformément à l’accord de méthode signé » nous précise-t-on.  En parallèle, « une réponse écrite à toutes les questions et observations est en préparation » pour la Direccte.

 

Sans accord majoritaire des syndicats les 2 et 6 juin, faute d’améliorations jugées suffisantes du PDV, la Direccte validerait-elle le projet qu’elle a critiqué? Peu probable. Il faudrait alors passer par l’homologation, plus longue et avec le risque, en cas de refus, de devoir refaire un plan. Se poserait alors la question de sa forme: plan de départs volontaires ou de licenciements contraints?

 

Plus de candidats chez Transat?

S’il est difficile de savoir combien de salariés sont aujourd’hui intéressés par le PDV, leur nombre est de toute façon inférieur au plan.  Selon la direction, ils seraient environ 120 candidats potentiels. « Une petite centaine de salariés (74 chez Transat, 10 à Lyon et 14 à Levallois) se sont inscrits au point d’information conseil » détaille le délégué CGT. « Mais cela ne signifie pas qu’ils voudront réellement partir, d’autant que ce plan n’est pas attractif », ajoute-t-il.

« Entre les départs en retraite, les suspensions de contrat et les ruptures conventionnelles, une cinquantaine de personnes sont déjà parties de chez Transat. Dans les services, on est en train de faire autant de travail avec moins de personnes. C’est beaucoup de souffrance » déplore Stéphanie Dayan, déléguée syndicale (CFDT).

 

  • Direccte : Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi.
Publié par Myriam Abergel

Journaliste - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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