Voyages en Asie : les agences s’inquiètent

Production

Mercredi, on n’observait pas de mouvement de panique de la part des clients.
Une réaction plus forte est redoutée par les agents de voyages interrogés.
Pour eux, les médias grand public semblent « trop alarmistes » sur le sujet.
Le sort semble s’acharner sur une profession si sensible aux crises de toutes sortes. Si la dernière en date – la grippe du poulet, qui sévit actuellement en Asie – n’avait pas encore provoqué de panique mercredi chez les clients, la « déferlante médiatique, pour le moins alarmiste » comme le dit, Eric Szinkier, directeur du développement de Jancarthier, a de quoi les inquiéter. Inquiètes, les agences le sont aussi. Ainsi, chez Thomas Cook, on explique que « pour le moment, il n’y a strictement aucune remontée des agences sur le sujet, mais vu ce qu’on entend dans les médias grand public, le moins que l’on puisse dire, c’est que nous sommes attentifs ». Idem du côté d’Accor Travel Distribution. Bernard Benhamou, DG adjoint du réseau, explique : « Les demandes de renseignements de la part des clients commencent à tomber en agence et même si pour le moment elles émanent surtout de la clientèle affaires (PME/PMI), étant donné que le battage médiatique est énorme depuis mardi soir, le pire n’est pas à exclure. » Pour Dominique Vaucy, président de la famille des producteurs de groupes au Snav, « tout va maintenant dépendre de ce que va dire la presse, car si on écoute les radios, on a l’impression de voir arriver la grippe espagnole de 1918 ». En attendant, ses confrères n’ont « pas encore répercuté de demandes d’annulation, juste un besoin d’information ». Chez MNV Voyages, on explique que l' »on commence à avoir des clients qui se renseignent sur les possibilités d’annulations ou de reports ». Tout comme chez Pause Voyages à Mennecy, chez qui on fait des comptes d’une simplicité enfantine : « Nous avons 3 dossiers pour des départs prochains vers l’Asie et les trois se sont manifestés pour se renseigner sur les modalités d’annulation. » Comme le résume Jacques Bœuf, DG de Thomas Cook France : « On ne sait pas très bien comment ça va tourner, en revanche on sait que tout dépend du 20 heures… »
Jean-Paul Chantraine plaide en faveur d’un strict respect des faits
Si les agences que nous avons interrogées semblent s’inquiéter de la façon dont les clients vont réagir à la lecture ou à l’écoute de la presse grand public, qu’en est-il des producteurs ? Pour René-Marc Chikli, président du Ceto, il n’est pas encore temps de tirer la sonnette d’alarme : « Pour l’instant, les clients en sont encore au stade des questions. » Toutefois, et sans doute avec le souci de ne pas faire d’angélisme, il précise : « Si l’affaire se corse d’ici 48 à 72 heures, les choses peuvent évoluer de façon extrêmement défavorable pour les destinations asiatiques qui, rappelons-le, ont déjà subi l’épreuve du Sras. » Jean-Paul Chantraine, PDG d’Asia, tour-opérateur spécialiste des destinations asiatiques, estime pour sa part que « les choses se passaient extrêmement bien, mais depuis ce qui est sorti dans les médias mardi soir, c’est-à-dire l’histoire des millions de morts potentiels, il commence à y avoir pas mal de questionnement de la part des clients ». Toutefois, et c’est un motif de satisfaction pour le patron d’Asia, le service réservation du TO « enregistrait mercredi à 15 heures une trentaine de nouvelles inscriptions sur la Thaïlande et une vingtaine sur la Chine ». Pour lui, il est très important de dire aux agences de « s’en tenir aux faits, qui mercredi étaient, un, que la maladie n’est pas transmissible d’homme à homme, deux, qu’il n’y a pas de restriction de voyages émanant des autorités, quelles qu’elles soient ».

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