Commissions : les Dom ne feront pas exception

Comme en métropole, les agences ne toucheront plus de commission le 1er avril.
Le Snav Réunion a calculé que la marge des agences diminuerait de 38 %.
Néanmoins, Air France s’estime « obligée de revoir ses relations commerciales ».
« Nous avons prévenu le Snav que nous négocions avec Air France en dehors de l’accord signé le 23 juillet. » Jacques Loupy, président du Snav Réunion, explique se mettre en marge du contrat signé entre Air France et le Snav national. « Notre situation est très spécifique : nous ne vendons pratiquement que du long-courrier avec un prix moyen du billet de 1 050 euros ». De plus, souligne-t-il, « la vente billetterie représente 90 % de notre activité dont près de la moitié revient à Air France ». Et il a fait ses calculs. « Si nous devions appliquer les barèmes de la compagnie nationale, notre marge diminuerait de 38 % ». Soit une « commission de 4,5 % ». Autant dire, « une mort annoncée » compte tenu des marges d’une agence de voyages. S’il évoque avec humour les trois derniers fléaux de la profession – « le passage à l’euro, la loi Aubry et la loi Boireau » – qui éloigne les agents de voyages de leur fonction première, celle de « trouver des clients », il ne veut « surtout pas polémiquer ». Dès le 16 juillet, le Snav Antilles Guyane évoquait aussi ses « spécificités ». Ainsi, en Guyane, « Air France est en situation de monopole sur la ligne Cayenne-Paris et les agences de voyages, moins d’une dizaine, réalisent le plus gros de leur chiffre d’affaires sur la vente des billets de la compagnie ». Chez Air France, on ne peut pas être plus clair : « Le nouveau système de rémunération sera applicable dans les départements d’outre-mer, partie intégrante du marché France, avec la même date de mise en place. Voilà les deux messages forts que nous avons passés aux agences. » Autrement dit, pas question que ces points de vente puissent continuer à toucher des commissions. Néanmoins, reconnaît-on, « comme tout commerçant, nous serons bien obligés de revoir nos relations commerciales ». Et on ajoute : « Nous sommes encore au milieu du gué, nous échangeons des statistiques pour chiffrer l’impact du nouveau modèle économique. »
Des spécificités diverses selon les départements
Les agences des Dom ont bien entendu raison de faire valoir leur spécificité mais elle ne s’entend pas de la même façon selon les départements. Plus éloignée de la métropole que les Antilles, la Réunion aurait plus à perdre à se caler sur la grille d’Air France que la Guadeloupe ou la Martinique. En effet, plus le ticket moyen est élevé, plus la marge sera affectée par le nouveau système de rémunération. C’est mathématique. Néanmoins, les agences réunionnaises ont le choix entre trois autres compagnies (Air Bourbon, Air Austral, Corsair), celles des Antilles entre deux autres (Air Caraïbes et Corsair) alors que la Guyane n’a qu’Air France. Et, on le comprend, la compagnie a tout à éviter à ouvrir la boîte de Pandore et que ces spécificités soient aussi mises en avant en métropole par telle agence qui, par exemple, vit essentiellement de la haute contribution long-courrier.

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