Loi Macron : les guides et conférenciers sont dans la rue

Aujourd’hui, les guides interprètes et conférenciers ont manifesté devant le Conseil d’État. Ils demandent l’abrogation du volet de la loi Macron les concernant. En jeu ? Leur profession, leur statut et la qualité de l’accueil des touristes étrangers en France.
 Avocats et notaires ont largement fait savoir leur opposition à la "loi Macron". Aujourd’hui c’est le tour des guides, interprètes et conférenciers. Ils sont "près de 300" selon Gustavo Zarco, l’un des participants, à avoir manifesté aujourd’hui devant le Conseil d’État. "Un lieu emblématique, entre le Louvre où nous sommes nombreux à travailler, et le ministère de la Culture, l’un de nos deux ministères de tutelle" explique Franck Lacombe, guide interprète en langue russe.

Une profession "émiettée" et individualisée
Le métier est multiple : guide interprète, conférencier, guide de musée ; les statuts professionnels, aussi : indépendant travaillant en libéral, salarié d’un office de tourisme, d'un tour-opérateur étranger ou d’une agence de voyages réceptive, en CDD, en CDI et de plus en plus auto-entrepreneur.

Le point commun, c’est leur carte professionnelle et ses conditions d’attribution, "une garantie de qualité pour le touriste". "C’est le fil rouge qui nous unit, que nous travaillions en langue française, anglaise, chinoise, russe…, à Paris ou en province, dans un musée ou en ville", souligne Franck Lacombe.

"On veut garder notre carte professionnelle"
Beaucoup de ces guides et conférenciers travaillent à la vacation. "La concurrence entre nous est forte, il est parfois difficile de décrocher des contrats" reconnaît Gustavo Zarco qui exerce avec plusieurs casquettes (guide dans des musées, chauffeur-guide pour des touristes étrangers individuels ou groupes). "Mais notre carte garantit la qualité de notre prestation. C'est elle qui nous donne le droit de parole dans un musée."
 
"La loi vise à une suppression de la carte professionnelle, explique Franck Lacombe. Mais reste floue et ambiguë sur les conditions d'inscritption sur 'un registre national des guides-conférenciers'. Cela signifierait un métier ouvert à des individus sans formation adéquate ou se disant détenteurs d’un diplôme acquis à l’étranger sans contrôle. Alors qu’aujourd’hui, cette formation de guide conférencier s’acquiert en centre universitaire à bac+4/5 !"
 
Ce que ces guides craignent, c’est une dévalorisation de leur métier. Ils appréhendent l’arrivée de "charlatans prêts à tirer les prix vers le bas", comme la qualité du travail. "Si demain il suffit d’être inscrit sur un registre, un accompagnateur, sans aucune connaissance en histoire de l’art, d’un groupe de Chinois en visite à Versailles, par exemple, pourrait raconter ce qu’il veut ou ce qu’il peut", illustre Gustavo Zarco. "C’est l’image de la France et de ses musées qui pourrait en pâtir" avance Franck Lacombe.

Où en est-on ?
Des antennes syndicales de la CGT et de la CFDT se sont saisies du sujet. La ministre de la Culture Fleur Pellerin a été alertée, des guides-conférenciers se sont adressés à leur député. Mais la profession n’a apparemment pas été consultée. La manifestation d’aujourd’hui a pour but d’être "intégré au processus d’élaboration et de mise en œuvre d’un état des lieux et d’une réforme (du métier), si elle est justifiée" comme le réclame la FNGIC. Et surtout dans un premier temps que soit "suspendu le projet de déréglementation de la profession de guide-conférencier".
La discussion en séance publique au Sénat est prévue demain, 18 décembre.
 

Publié par Myriam Abergel

Journaliste - Le Quotidien du TourismeMe contacter

Vos réactions (7)

  1. Ancienne guide/accompagnatrice et actuellement responsable de 2 agences de voyages , je soutiens entièrement cette manifestation dont on ne parle pas ou très peu. Il est vraiment déplorable d’envisager une telle loi. Le tourisme est un des moteurs de notre économie. Il continue toujours à être traité comme le parent pauvre de l’economie francaise , tant au niveau des salaires que de la reconnaissance de nos politiques. Ce qui fait notre force c’est notre patrimoine historique/culturel/diversité/notre image forte dans le monde entier dans le domaine de l’hotellerie, restauration, prêt à porter , bien vivre , synonyme de référence à copier ou imiter. Cette profession nécessite une haute qualification (je parle en général) et ne peut être banalisée à ce point !Les guides/accompagnateurs permettent de transmettre notre patrimoine et sont l’image principale que les visiteurs perçoivent et retiennent. En conclusion les mesures envisagées sont à la hauteur de ce que l’on pense de nous tous dans cette profession…

    1. entièrement d’accord ! Quand on se compare…on s’assure d’être au niveau ! Les fautes d’orthographe de ce type prouvent le manque de qualité !

    2. Madame «  », j’espère que l’on vous embauche en tant qu’analyste car au moins là on est encore sûre d’en avoir pour notre argent de contribuable!
      Quand on est capable de réduire de façon si grossière et si simpliste les compétences d’un conférencier sous prétextes qu’il fait des fautes d’orthographes dans un post qu’il met sur le net! Voilà pourquoi il est indéniable que la culture puisse s’ouvrir pas le bais de personnes qualifiées tels les Guides-Conférenciers! Je vous laisse méditer pourquoi Euhhhhhh!

  2. Bonjour a tous,
    je trouve ca tres bien de liberaliser ce type de metier, certes il faut mettre des gardes fous afin d’eviter certaines derives mais il est necessaire que la france cesse de juger les gens aux diplomes.
    je suis passionner d’histoire et d’archeologie depuis mon plus jeune age,je suis autodidacte et je ne tiens pas mon savoir d’un diplome pour autant j’ai deja vu a maintes reprises des dits guides conferencier n’etre absolument pas a la hauteur tandis que d’autre benevole travaillant pour le patrimoine mais n’ayant aucun diplome pro etait bien plus passioné et investit de leur mission,le fait de faire 5 ans d’etude pour finir vacataire est une abération.

  3. qui pourrait proposer une visite médiumnique à Versailles ? Un guide spécialiser dans l’amour des sciences paranormales. Quand on est au chômage, depuis des mois, avoir la possibilité de créer un nouveau métier qui ne se cantonnera plus à des visites ordinaires mais un peu plus que des auto guides peuvent remplacer. Penser toujours perdre son emploi car on voit un copieur est insensé.Tout le monde n’a pas envie de visiter Versailles avec des guides robotiser par un système éducatif, plat. Pourquoi ne pas spécialiser les visites selon les gouts des touristes, versions cuisines de ma mère, sport à la cours, en chantant pendant la visite, version ghost busters. On est tous impliqués dans le chômage, ouvrir des portes est une chance, n’ayons plus peur non de la concurrence mais de la richesse de la diversité. Vous n’avez rien vu d’aussi génial car vous êtes fermés. Alors arrêter d’avoir peur des autres pour rien car vous étouffer vos clients.

    1. Des visites médiumniques ? cuisine ? Sport ? Quel rapport avec Versailles ou son contenu ? Aucun.
      Ce qui garantit les compétences d’un guide, notamment par cette fameuse carte, c’est qu’il ne dit pas n’importe quoi, n’importe où, à n’importe qui. Son métier garantit qu’il a un savoir scientifique, qu’il sait adapter ce contenu à tout type de public et le faire de manière pédagogique. Une activité dans un musée ou un château est obligatoirement en lien avec son expertise scientifique.
      Nous ne sommes pas là pour vendre n’importe quoi, sous prétexte que ça peut plaire aux touristes. Le but n’est pas de faire de l’original (ce qui est en outre déjà le cas dans beaucoup d’établissement). Le but est de permettre aux visiteurs de regarder, comprendre et s’approprier ce qu’ils ont sous les yeux, pas de leur pomper leur fric. C’est un métier intellectuel et à la pointe des nouvelles recherches/découvertes (quand on le fait bien et avec passion).

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