« Nous pouvions refuser l’accord Air France »

Adriana Minchella (Cediv) annonce sa démission du Snav.
Toute une profession en danger, selon les agences en ligne.
L’inégalité fiscale reste le principal point d’achoppement.
« Avions-nous la possibilité de refuser l’accord Air France ? », questionne Adriana Minchella, présidente du Cediv. Sa réponse est catégorique : « Non seulement nous pouvions le faire, mais, de plus, nous pouvons encore agir. » Pour attaquer Air France avec l’aide de ses avocats, elle va donc démissionner du syndicat. « Cet accord ne vaut que pour les adhérents du Snav, souligne-t-elle. Avec une commission à 7 %, nous avions une petite égalité de rémunération qui va disparaître à la faveur d’accords occultes entre la compagnie et des réseaux. Pourquoi les indépendants n’auraient pas aussi droit aux marges arrières ? » Pour Frédéric Van Houtte, président de Level.com (association des agences en ligne), avec l’appui des chambres régionales, « le bon sens a pris le dessus ». En état, l’accord signé entre le Snav et Air France, c’est tout simplement « la mort d’une profession » avec, son corollaire, « un service de qualité moindre pour les consommateurs ». Air France, argumente Frédéric Van Houtte, aurait avec cet accord « un monopole de fait dans la distribution ». Il prend en exemple cette publicité de la compagnie entendue sur Europe 1 où il est question « de billets à 60 euros pour Amsterdam commercialisés uniquement dans les aéroports ». Il n’exclut pas la création d’un « collectif » qui réunirait tous les opposants même s’il espère que cette action puisse toujours se faire dans le cadre du syndicat. « On ne peut pas tous avoir tort. » Quant à Richard Vainopoulos, président de Tourcom, il se dit « surpris et heureux » de la position des Snav régionaux qui sont « représentatifs de la profession ». Même si « cela aurait dû être fait depuis longtemps ». Comme chez Level.com, Richard Vainopoulos s’inquiète de l’inégalité fiscale et ne pense pas qu’on puisse revenir sur la commission zéro. En revanche, il s’agit de travailler sur des points d’achoppement comme le taux de TVA. « Les agences Air France peuvent vendre des produits touristiques qui ne sont pas les siens à 5,5 % alors qu’ils sont taxés chez nous à 19,6 %. »

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