Snav : le temps de la discorde !

Francis Legros donne jusqu’à Top Résa pour que le Snav reprenne les négo.
Il prévient qu’il pourrait demander la démission du président du Snav.
C’est le problème de la TVA qui cristallise surtout les mécontentements.
Un vent mauvais souffle sur le Snav. Le vice-président du syndicat menace de demander la tête de son président ! Via un communiqué de presse, Francis Legros, président du Clair (le comité des présidents de région du Snav), dénonce « officiellement » la validité de l’accord passé entre Air France et le Snav. La raison invoquée ? Les présidents de région estiment que « le mandat qui était confié par le bureau exécutif élargi du 7 juillet dernier soumettait la signature d’un accord avec Air France à 3 conditions suspensives : l’équité sur le taux de TVA appliqué par Air France et les agences de voyages, l’accès à tous les tarifs et à tous les stocks, l’assurance de la mise à jour des systèmes informatiques ». Et c’est sur la TVA que le mécontentement se cristallise, puisque le Clair considère que la question « n’a pas reçu de réponse » et que « le président n’aurait pas dû signer cet accord en l’état sans avoir obtenu l’accord du conseil national ». D’où la demande de retour à la table de négociation formulée par Francis Legros. L’ultimatum est précis : « César Balderacchi doit dénoncer l’accord avant Top Résa et le président de la commission Air doit reprendre les négociations, à défaut, nous demanderons la démission du président. » Au Snav, on explique que la lettre reçue par César Balderacchi « ne mentionne pas l’ultimatum et la demande de démission » et on s’y demande « jusqu’à quel point Francis Legros a été mandaté par ses pairs. » Pour le président du Snav, « c’est vrai que le contrat signé n’est pas plus satisfaisant que ça, comme ce n’était pas satisfaisant de passer de 9 % à 7 % de commission, mais finalement cet accord est sûrement le meilleur en Europe ». Et d’ajouter : « En ce qui concerne la question de la TVA, nous allons continuer à nous battre, mais ce n’est ni du ressort du Snav, ni même de celui d’Air France, c’est à Bercy que ça se décidera. » De toute façon, même si le Snav demandait une renégociation à la compagnie, tout porte à croire que cette dernière n’accepterait pas de rouvrir un dossier qu’elle considère comme clos (lire en page 2).
Les présidents des chambres régionales réagissent
Michelle Laget (Ile-de-France)
« Pourquoi avoir signé si vite alors que nous étions pour la plupart en vacances ? Je ne vois pas où était l’urgence. Le conseil d’administration du Snav Ile-de-France, sans lequel je ne fais rien, a voté à l’unanimité l’action conduite par Francis Legros. Nous avons beaucoup d’appels de la part de nos adhérents qui s’inquiètent de l’action du Snav : « la commission zéro d’Air France : comment fait-on ? » « où en est-on des facilités de la circulation de la SNCF ? »
Martine Antier (Côte d’Azur)
« Nous sommes là pour défendre nos adhérents et non nos fournisseurs. Le syndicat ne nous a pas soutenus. On a appris la signature de cet accord par la presse ! Il n’était pas question de signer tant que nous n’avions pas réglé les trois points d’achoppement : taux de TVA, assurance de remise à jour des systèmes informatiques, l’accès à tous les tarifs et à tous les stocks. »
Lucette Lerault (Rhône-Alpes)
« Je regrette que le syndicat soit dirigé par bon nombre de salariés, ils n’ont pas la même appréciation que des patrons qui engagent leurs biens. En ce qui concerne les négociations avec Air France, elles ont été faites du mieux possible mais la base se sent enterrée, on nous a mis devant le fait accompli. On sait que ce n’est pas possible de revenir en arrière, mais nos dirigeants doivent être bien certains qu’ils ont des comptes à rendre. »
Daniel Ballorain (Sud-Ouest)
« En ce qui me concerne, je n’étais pas au courant de cette histoire. Avant de m’exprimer sur la question je vais demander de plus amples informations aux autres présidents de région. »
Georges Pages (Languedoc-Roussillon)
« Nous demandons que l’accord soit renégocié. Pour l’ultimatum – la démission de César Balderacchi – je n’étais pas au courant, mais uniquement à cause d’une panne d’ordinateur. »

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