Andalousie : sous le soleil de Grenade

Reportages

A l’écart des sentiers touristiques de la côte maritime, la région située au nord de Grenade offre des paysages somptueux entre ses champs d’oliviers à perte de vue, ses montagnes rocheuses qui déclinent toute la gamme des teintes ocre et ses villages troglodytes aux murs blancs. A deux heures trente de vol de Paris, le dépaysement est total après une visite de Grenade et des trésors de la plus mauresque des villes espagnoles.

Dès l’arrivée sur le tarmac de l’aéroport de Grenade, les paupières se plissent et les yeux s’emplissent du bleu limpide du ciel d’Andalousie. La lumière est partout. Sur les façades de la ville de Grenade, ses palais, ses églises, mais aussi dans la campagne environnante. Au Nord-Ouest, la cité forteresse de la Mota est perchée au-dessus d’Alcala-la-Réal, de champs d’oliviers et de pressoirs. Au Nord-Est, Guadix, ses maisons troglodytes et ses grottes retracent un passé millénaire. Un peu plus de 150 000 Français ont visité Grenade et sa région en 2017, première clientèle devant les Américains, les Britanniques ou les Allemands. L’office du tourisme de la province a pour objectif d’attirer 18 000 Français supplémentaires en 2018 et près de 25 000 en 2019.

La beauté de l’Alhambra

Grenade est une destination privilégiée pour les amateurs de tourisme culturel avec, en point d’orgue, l’Alhambra. Le château rouge perché sur la colline de la Sabika domine la ville depuis le XIIIe siècle. Cette forteresse de la dynastie Nasride bordée par les luxuriants jardins du Generalife a été étoffée et embellie au fil des siècles jusqu’à devenir l’un des plus beaux palais arabes du monde et l’un des monuments les plus visités d’Europe. Son accès est désormais limité à 8 000 visiteurs journaliers. Le voyageur devra donc réserver ses billets à l’avance (www.alhambra-patronato.es) et se préparer à une demi-journée de randonnée sur des chemins pentus. Mais l’effort en vaut en la peine. La cour des Lions, à la fontaine entourée de félins, et la cour des Myrtes, avec son long bassin rectangulaire, offrent au regard des perspectives géométriques harmonieuses. A l’intérieur, les salles révèlent des murs et des plafonds gravés de fleurs, de motifs végétaux, géométriques ou de calligraphies complexes. Des fenêtres et des balcons s’ouvrent sur des cours arborées et fleuries. Adossé à ces édifices élancés et raffinés, le palais Renaissance de Charles Quint (aujourd’hui un musée) paraît bien pesant.

La croisée des cultures

Au fil des siècles, la ville s’est étendue en bas de la colline de l’Alhambra et sur les collines voisines. Le centre offre une plongée dans l’histoire catholique avec l’imposante cathédrale, construite sur une mosquée nasride, et sa chapelle royale. Au Nord-Est, le quartier de l’Albaicin, avec ses rues pavées en pente raide dans une enceinte fortifiée, mélange la culture mauresque et le style andalou. Au sommet, la vue est imprenable sur la ville et sur les murs rouges de l’Alhambra de l’autre côté de la rivière. Un must au coucher du soleil. Autre colline, autre ambiance, le Sacromonte avec ses maisons troglodytes blanchies à la chaux est l’enclave gitane de la ville. L’endroit idéal pour s’émouvoir devant un spectacle de flamenco et savourer la musique andalouse.

Les paysages lunaires autour de Guadix

A une cinquantaine de kilomètres de Grenade, le voyageur peut découvrir une facette plus rurale de l’Andalousie, la Sierra Nevada et ses paysages lunaires aux massifs rocheux ocre ou rouges surplombant des vallées fertiles. A Guadix, deux villes coexistent, reflets de l’histoire mouvementée de la région. La ville monumentale avec sa cathédrale du XVIe siècle et ses places rectangulaires est construite sur les anciens bâtiments musulmans. Un peu plus loin, dans le quartier des grottes, les « cuevas », creusées dans la roche et blanchies à la chaux, dressent leurs étranges cheminées pointues vers le ciel. L’église Nuestra Senora de Gracia offre ici un exemple étonnant de construction rupestre. La moitié du bâtiment est gagnée sur le massif rocheux, l’autre se dresse bien en vue sur une place dégagée. A l’intérieur, la débauche de statues richement vêtues et d’ornements dorés marque la ferveur religieuse de la très catholique Espagne.

Un tourisme rupestre

En quittant la ville, le visiteur peut admirer les paysages quasi désertiques et ravinés de l’Altiplano. Creusés à flanc de roche, d’anciens habitats apparaissent dans ce décor de western. Le centre d’interprétation des grottes d’Almagruz à Purullena permet de mieux comprendre la vie troglodyte de la préhistoire à nos jours. Nécropole, grenier à grain, puis habitat, forteresse ou refuge, les cuevas n’ont jamais cessé de servir aux habitants de la région. Aujourd’hui, près de cinq mille sont toujours habitées et des propriétaires, réunis dans l’association « Andalucia Caves Hotels », les ont transformées en hôtel ou en appartements pour accueillir des touristes. Plus au Nord, Gorafe offre la plus grande concentration de dolmens de la péninsule. La région mise sur ses paysages atypiques et sur ses parcs naturels pour développer un tourisme écologique et sportif. Adapté aux personnes à mobilité réduite, le complexe troglodyte de Las Ventanas offre un dédale de près de 500 mètres avec des reconstitutions du mode de vie des habitants de la région à l’époque paléolithique, de leurs rites funéraires, de leur alimentation, de leurs connaissances techniques.

La route des oliviers

Cap à l’Ouest, vers Alcala-la-Real et sa forteresse de La Mota. Les paysages changent. Les vallées fertiles se couvrent d’oliviers à perte de vue. La forteresse, entièrement restaurée, se dresse fièrement au-dessus de la ville et de la Sierra Sur. L’ensemble monumental date du début de l’occupation musulmane, vers 713, et a connu un flamboyant apogée au XIIe siècle, avant la Reconquête espagnole en 1341. La visite de l’alcazaba (forteresse militaire arabe) et des vestiges catholiques comme l’église Santa María la Mayor, avec sa façade Renaissance, permet une belle plongée dans l’histoire mouvementée de cette région stratégique. Pour les gourmands amateurs d’huile d’olive, la visite d’un « cortijo » ou d’une « hacienda » avec ses moulins traditionnels constitue une dernière étape indispensable. L’or local, essentiellement issu de la variété Picual, y est broyé puis pressé pour obtenir une huile vierge extra. Elle se déguste comme le vin dans un petit verre et accompagne chaque plat. Un délice qui se consomme sans aucune modération dans cette région accueillante et chaleureuse.

Coup de coeur

Les nuits andalouses
La vie nocturne andalouse offre bien des plaisirs. A Grenade, la tradition des tapas est toujours vivace et les amateurs peuvent arpenter les rues à la recherche de petits bars pour déguster les vins locaux accompagnés de ces bouchées gourmandes. Certains guides proposent même des visites nocturnes de la ville, avec explications architecturales, et des pauses bien méritées dans des établissements sélectionnés. Un autre passage obligé, celui du spectacle de flamenco, proposé dans un grand nombre de restaurants ou de salles obscures dans toute la région. A Guadix, dans un ancien pressoir d’olive, le restaurant Almazara de Paulenca, à la fréquentation locale et familiale, sert de bons petits plats sur fond de spectacle de flamenco. L’ambiance monte au fur et à mesure de la soirée au son des guitares. A Grenade, des caves, comme El Templo del Flamenco, proposent des spectacles plus professionnels aux touristes. Deux ambiances très différentes, mais qui offrent chacune une expérience agréable de la vie nocturne andalouse.

Publié par Caroline Kervennic
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