Cambodge : Magie au fil du Mékong

Reportages

Avec la mise à l’eau à l’été 2017 d’une nouvelle unité, le « RV Indochine II », sur le Mékong, la compagnie Croisieurope permet à un nombre croissant de visiteurs d’effectuer une croisière sur le grand fleuve nourricier d’Asie. Prenant sa source dans l’Himalaya, serpentant sur près de 5 000 kilomètres, le Mékong ne traverse pas moins de six pays. Le Cambodge y tient une place d’honneur, offrant un visage nouveau au tourisme. C’est ici l’occasion de découvrir un pays riche de son histoire, magnifié par la beauté de ses sites et le bon accueil de ses habitants.

C’est à Siem Reap que tout commence. Tout simplement parce que cette ville située au nord-ouest du Cambodge constitue la porte d’entrée vers les temples d’Angkor. Érigées entre le VIe et le XIIe siècles, ces splendeurs monumentales – une soixantaine de sites ont été restaurés sur Siem Reap – témoignent de l’abondance et la richesse de l’ancien royaume Khmer. Pour le voyageur, surtout si c’est la première fois, c’est un passage incontournable.
Chef-d’œuvre de l’architecture khmère, le temple d’Angkor Wat, bâti au XIIe siècle est sans conteste le plus célèbre. Le mieux préservé, le plus admiré et le plus photographié. Une balade en gondole dans ses douves au soleil couchant est un moment que l’on n’oublie pas. Aucun temple ne se ressemble vraiment. Celui de Ta Prohm détient sans doute la palme de l’originalité. Tout simplement parce qu’il est recouvert d’épaisses racines qui enlacent ses pierres. En déambulant dans les ruines tout en se faufilant dans la jungle, le visiteur a l’impression de jouer les explorateurs. Autre témoignage émouvant d’une civilisation autrefois puissante, Angkor Thom. C’est l’ancienne cité royale d’Angkor avec en son centre le temple du Bayon. Le site est particulièrement connu pour ses tours aux 172 visages de Bouddha. Qu’ils aient les yeux ouverts, fermés ou mi-clos, ces visages les uns à côté des autres ont quelque chose d’apaisant voire d’envoûtant.

La vie du lac

Siem Reap est situé non loin du plus grand lac du Cambodge, le Tonlé Sap. C’est sur ses eaux douces et calmes que débute la croisière de Croisieurope. Des barques pétaradantes qui sillonnent en tous sens nous rappellent que l’endroit est animé. Au fil de l’eau se dévoilent villages et marchés flottants. Le spectacle est permanent et l’on ne s’ennuie pas une seule seconde. Kampong Chhnang est l’un des plus grands ports de pêche sur le lac Tonlé. Depuis l’époque de la colonisation française, toute la ville s’organise autour de cette activité. Il est très facile de s’y arrêter. Afin d’observer l’activité des pêcheurs ou encore de visiter des fabriques de vases et pots d’argile utilisés dans tout le pays. Autre moment fort, le travail spectaculaire du malafoutier. Monsieur Rhi est un expert. Avec une agilité étonnante, le vieux sage grimpe au sommet du palmier à sucre (thnot), l’arbre national, afin d’y recueillir la sève. Impressionnant lorsqu’on sait que cet arbre peut s’élever jusqu’à 30 mètres.
En naviguant au plus près des villages flottants avec leurs maisons en bois sur pilotis, on se rend compte que les canaux sont nombreux. Pour qui n’est pas habitué, c’est un véritable labyrinthe. Le Mékong qui alimente le lac Tonlé Sap est comme une force tranquille. Rien ne semble vouloir le perturber. Confortablement installés dans notre embarcation, on ressent une sérénité naturelle. Le navire sous la chaleur humide poursuit paisiblement son itinéraire jusqu’à Phnom Penh.

Un douloureux passé

Alanguie dans un bras du Mékong, la capitale cambodgienne se remet progressivement d’une longue dictature. Le pays n’a été libéré du joug des Khmers Rouges qu’en 1994 après deux décennies de tyrannie communiste radicale. Les traces et les blessures sont toujours visibles. L’ancien centre de détention, de torture et d’exécution Tuol Sleng S21 est là pour nous le rappeler. Le guide Chhayavong, dit « Vong », dont une partie de la famille a été massacrée sous le régime de Pol Pot, peine à dire l’indescriptible. Cet ancien lycée où près de 20 000 prisonniers ont laissé leur vie – seulement 11 personnes ont survécu – est devenu un musée du génocide khmer. La visite de Tuol Sleng n’est bien sûr pas obligatoire mais elle permet de comprendre une partie de l’histoire récente du Cambodge. « Le plus important c’est la paix » insiste Vong, conscient que le tourisme donne un nouveau souffle à son pays.

Au cœur de la capitale

Pour prendre le pouls de Phnom Penh, ville de 1,5 million d’habitants, et découvrir ses nombreux attraits, le plus simple est d’emprunter un tuk-tuk. Effervescence sur les grandes artères, le long du boulevard Monivong, devant l’hôtel Royal. Animation encore sur le Marché central, l’ancien marché Russe, passage devant le monument de l’Indépendance, puis devant le temple de Wat Phnom, de jour comme de nuit, la balade est savoureuse. La plus belle architecture de Phnom Penh est celle du Palais royal. Cet ensemble constitue le cœur symbolique de la nation. Sur une superficie d’environ 16 hectares, ce joyau construit sous le règne de Norodom 1er en 1866 offre aux visiteurs de grands jardins abritant différents palais et pagodes qu’on ne se lasse pas de contempler. Les toits de couleur or brillent dans un ciel bleu. Et c’est tout simplement magnifique. La pagode d’Argent pavée de plus de 5 000 dalles d’argent auxquelles elle doit son nom mérite assurément une visite. Avant que le bateau ne poursuive son parcours sur le Mékong, cette fois en direction du Vietnam, une pause s’impose au Foreign Correspondents Club ou FCC (bar des correspondants de presse). C’est dans cet hôtel de style colonial que se retrouvaient les journalistes reporters durant la guerre du Vietnam. De nombreuses archives photographiques rappellent ces instants d’histoire. Avec ses salles boisées, ses fauteuils club et ses meubles Art Déco, il offre depuis son rooftop une vue imprenable sur l’effervescence de la rue. Une belle adresse qui permet à la nuit tombée de prolonger la douceur de voyager en territoire cambodgien.

Coup de coeur

Le RV Indochine II
Directement inspiré de l’architecture coloniale des années 1930, le Victoria Angkor Resort & Spa au cœur de Siemp Reap est un beau coup de cœur. Mais le RV Indochine II qui navigue sur le Mékong mérite lui aussi un bel éclairage. Inauguré en septembre dernier, ce nouveau fleuron de Croisieurope classé en catégorie 5 ancres peut accueillir 62 passagers grâce à ses 31 cabines spacieuses de 18 m2 avec balcon privatif. Il mesure 65 mètres de long et 13 mètres de large. Son restaurant de 120 m2 est situé à l’arrière et le salon-bar panoramique de 110 m2 est à l’avant. Sur le pont supérieur, une piscine jouxte le bar et le salon extérieur. Sur le pont principal, une salle de massage est à la disposition des passagers. L’esprit de la décoration s’inspire de l’époque coloniale tout en empruntant les codes des tendances contemporaines, créant ainsi un style original qualifié de « néo-colonial ». L’équipage cambodgien est composé de 29 personnes qui sont encadrées par une directrice de croisière bretonne, Julie Le Floch.

Publié par David Savary

Journaliste - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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