Cuba : dans l’Oriente, il y a Santiago et au-delà

Reportages

 

Un peu à l’écart encore de l’emballement touristique de La Havane, Varadero ou Trinidad, Santiago et la région sud-est de Cuba, l’Oriente, berceau de la musique et de l’histoire cubaines, sont restés profondément authentiques et raviront ceux qu’animent un peu l’esprit d’aventure et un moindre besoin de confort. C’est ce qu’ont pu constater une quinzaine d’agents de voyages de toute la France emmenés récemment par Havanatour, le tour-opérateur national cubain.

L’aventure débute directement à Santiago de Cuba, grâce au nouveau vol triangulaire d’Air Caraïbes. L’ancienne capitale du pays, aujourd’hui capitale de l’Oriente, possède un charme certain. Le centre historique est regroupé autour de la place de la Révolution sur laquelle donnent l’hôtel de ville, la cathédrale et le mythique hôtel Casa Granda dont la terrasse offre une superbe vue. Plusieurs autres hôtels du centre, notamment l’Impérial, sur une rue piétonne, allient charme colonial et confort, tandis que le Mélia, un peu excentré, se rapproche plus d’un hôtel d’affaires. Plusieurs sites méritent une visite en musardant dans les rues du « quartier français ». Faire une halte pour un café dans le patio de la Casa Dranchet, également musée du café importé par les Français. En hauteur, la forteresse del Morro domine la baie, le port et la petite île de cayo Granma. À 30 minutes de route, la basilique del Cobre est un haut lieu catholique, visité par plusieurs papes, mais aussi… de la santeria, le syncrétisme créole local. La relève de la garde au cimetière de Santa Ifigenia, où se dressent les monuments à la mémoire des libérateurs et révolutionnaires du pays, dont Fidel Castro, est également proposée par Havanatour. On peut ensuite boire un vieux rhum et faire quelques emplettes de cigares au bar de l’ancienne usine Bacardi. Et pas de souci pour dîner : les « paladars », ces tables d’hôtes autrefois limitées à douze convives sont aujourd’hui nombreuses et peuvent accueillir jusqu’à 50 couverts.

Sur la route de Baracoa

La route qui mène à Baracoa, sur la côte Atlantique, permet de traverser de jolies localités, comme La Maya, et de passer au large de l’enclave américaine de Guantanamo, non loin de la ville du même nom, qui a inspiré l’une des chansons cubaines les plus célèbres, Guantanamera, « la fille de Guantanamo ». On croise de nombreuses voitures américaines d’avant la Révolution, embargo oblige, et des Lada soviétiques, des paysans à cheval, en carriole, en char à bœuf ou faisant la queue au bord des routes dans l’attente d’un hypothétique transport. À l’approche de Baracoa apparaissent les vendeurs de cucurucho, cornets de miel, de goyave et de coco très populaires ici, et de chocolat artisanal. Baracoa, première ville fondée à Cuba en 1515, porte encore les stigmates du dernier typhon qui a dévasté la cité un an plus tôt. Mais la ville se relève, et son centre, autour de l’église de la Sainte-Croix et de la coquette place principale, a été joliment restauré. C’est là que dans la journée se rassemblent les Cubains avec leur téléphone portable pour profiter de la wi-fi, encore rare, devant la Poste. C’est là aussi que se situe la Casa de la Trova, où danseurs locaux et touristes se côtoient dans une ambiance conviviale, aux rythmes du son. Comme partout, outre les hôtels, existe un tas d’hébergements « privés », les casas particulares.

Dans les pas de Fidel Castro

Après un certain nombre de kilomètres agrémentés de panneaux proclamant « Patria o muerte » ou « Hasta la victoria, siempre » au milieu de domaines bananiers pour l’export, un arrêt dans une ferme modèle permet un délicieux déjeuner autour d’un cochon à la broche, spécialité rurale des grands jours. Puis voici Bayamo, la ville des calèches, autour de sa grande place, avec l’église, l’hôtel de ville, le musée. Bayamo, chère au cœur des Cubains, est la capitale de l’État de Granma, du nom du bateau avec lequel débarqua Fidel Castro. C’est là que se situe, accessible en 4X4 puis à pied par un mauvais sentier en pleine montagne, l’ancien PC de commandement du révolutionnaire, dans la sierra Maestra. Un joli petit hôtel, à Santo Domingo, un simple village, permet de prendre des forces au bord d’un torrent avant d’entreprendre l’ascension.

Des plages et des cigares

Station balnéaire très fréquentée, Guardalavaca est le Varadero du sud, en plus calme. Plusieurs hôtels de bonne taille se partagent les plages, le plus huppé étant le Paradisus Rio de Oro, géré par Mélia, suivi du Playa Pesquero pour la partie VIP. Le Sol Rio de Luna y Mares est un bon compromis de taille conviviale et à la jolie plage. Depuis la marina de Puerto Vila, on peut traverser la baie pour une balade en catamaran jusqu’au joli port de Gibara, qui donne envie de s’attarder et dispose d’ailleurs d’un joli hôtel. Une fabrique de cigares non loin permet de voir comment se façonnent à la main, dans un atelier tout simple, les prestigieux cigares qui partiront dans le monde entier dans des tubes aux marques réputées : Cohiba, Partagas, Montecristo, etc.
Sur la route de retour vers Santiago de Cuba, Holguin n’est pas d’un grand intérêt touristique mais possède un aéroport. Dans la troisième ville de Cuba, on se déplace beaucoup en vélos-taxis, notamment autour de la belle place centrale et ses immeubles coloniaux à colonnades. On peut monter par beau temps à la Loma de la Cruz, d’où l’on surplombe toute la ville.

Coup de coeur

Une musique sans pareille
L’une des plus grandes richesses de Cuba, qui met tout le monde d’accord, c’est la musique. Une musique métissée, très marquée par l’influence de l’Afrique d’où vinrent autrefois les esclaves. Une musique capable d’évoluer, indissociable de la danse, et qui a séduit le monde entier. Il suffit pour faire un groupe de trois ou quatre bons musiciens, avec une guitare, des congas et un bongo, des maracas…
Le son, né dans l’Oriente, est emblématique de Cuba, mais le danzon, plus marqué par l’influence européenne, ou le bolero, sont également très populaires. La salsa, importée, aussi. Des groupes de musiciens se produisent dans les maisons de la Trova de chaque ville, et il ne s’agit pas là de spectacles pour touristes. À Cuba, la musique vous accompagne du lever au coucher, partout, et il est impossible de repartir sans avoir dans la tête au moins un ou deux airs fameux, comme « Guantanamera ».

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Vos réactions (2)

  1. Erreur : ce que vous appelez la Place de la Révolution est en fait le Parc Céspedes.
    La Place de la Révolution se trouve le long de la Carretera Central, Avenida de los Lisbertadores

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