Géorgie : le Caucase terre de contrastes

Reportages
Le majestueux Kazbek tutoie les nuages à 5 047 mètres d'altitude.

Le TO Salaün Holidays a le chic pour programmer aussi des destinations qui sortent des sentiers battus. Petit pays post-soviétique au cœur du Caucase, la Géorgie ne mobilise pas les voyageurs français. Situé loin des grands itinéraires touristiques, il possède pourtant un solide patrimoine architectural et historique. Ses paysages de montagne ne décevront pas non plus ceux qui sauront prendre le temps de la visite.

 

 

Au carrefour de l’Europe et de l’Asie, la Géorgie est par définition une terre de contrastes. Bordée par les rivages de la mer Noire à l’ouest,  l’Azerbaïdjan au sud-est, la Turquie au sud-ouest, la Russie au nord et l’Arménie au sud, ce territoire d’à peine 70 000 km2 concentre l’une des plus grandes variétés de paysages parmi les anciennes républiques soviétiques. Durant des siècles, d’innombrables commerçants et voyageurs ont transité par ce pays sur la mythique Route de la Soie. Nous retrouvons leur passage dans la culture et les monuments géorgiens dont plusieurs sont inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco.

 

Tbilissi, une station thermale réputée pour ses sources d’eau chaude sulfureuse.

 

Une capitale ancienne

 

La porte d’entrée de la Géorgie est bien entendu sa capitale, Tbilissi peuplée de 1,2 million d’habitants (4,4 millions à l’échelle du pays). La ville de nuit est plutôt séduisante, illuminéeentre autres par la passerelle de la Paix, un pont de verre et d’acier qui enjambe le fleuve Mtkvari. Cet édifice, symbole d’une Géorgie moderne et ouverte sur l’Occident, a été inauguré en 2010 par le très controversé président Mikheïl Saakachvili. D’abord loué pour sa lutte anti-corruption, le chef d’Etat mégalomaniaque sombra dans un pouvoir autoritaire avant d’être chassé de son pays en 2013. Un homme dont on parle encore beaucoup dans les rues de Tbilissi.

 

La très design passerelle de la paix à Tbilissi.

 

Ayant succombé à l’économie de marché avec tout ce que ça implique, la métropole caucasienne n’en garde pas moins son charme et ses traditions. L’emplacement actuel de Tbilissi fut choisi au Ve siècle en raison de ses sources sulfureuses d’eau chaude, « Tbili » signifie d’ailleurs chaud en géorgien. Aménagés à l’orientale, de jolis dômes de briques accueillent visiteurs et locaux tout au long de l’année. Le vieux Tbilissi mérite évidemment une visite. Il est très agréable de se balader dans son dédale de ruelles pavées, d’admirer les jolis balcons en bois ainsi que les nombreuses églises (Metekhi, cathédrale de la Trinité…) et mosquées.

 

Ananouri, des églises, un lac, un endroit propice à la méditation et au retour sur soi.

 

En Géorgie, on ne peut pas être surpris de voir autant d’églises. Avec l’Arménie, c’est en effet l’un des premiers pays dans le monde à s’être converti au christianisme dès le IVe siècle. A 70 kilomètres de Tbilissi, au bord d’un lac de montagne, la forteresse d’Ananouri avec ses remparts et clochers est l’endroit parfait pour réaliser de magnifiques clichés photographiques. Edifié au XIIIe siècle, le complexe comprend une tour défensive, deux églises avec à l’intérieur des fresques relativement bien conservées.

 

En haute montagne

 

En continuant la route vers le nord du pays, non loin de la frontière russe, nous arrivons dans les montagnes du Caucase. Sur des routes larges et sinueuses mais en excellent état, confortablement installés dans un autocar, nous remarquons qu’au fil des kilomètres, les paysages et le climat changent rapidement. Aux vallées verdoyantes succèdent des monts enneigés au pied desquels se nichent d’improbables monastères. Les montagnes du Caucase sont parmi les plus hautes d’Europe. En majesté, le mont Kazbek trône à 5.047 mètres, bien au-dessus du Mont-Blanc (4 807 mètres). Accessible en 4X4 ou en randonnée depuis la petite ville de Kazbegi ou Stepantsminda, la petite église orthodoxe de la Trinité de Guerguétie, bâtie au XIVe siècle, constitue l’image iconique de la Géorgie. A 2 170 mètres, c’est ce paysage de carte postale offrant un point de vue époustouflant sur les montagnes du Caucase que les voyageurs viennent chercher. En hiver, des stations alentour comme Gudauri ou Bakuriani accueillent de nombreux skieurs.

 

Paysage fascinant de beauté et d’austérité.

 

Le Christ et Staline

 

En redescendant, à l’est du pays, Mtskheta est l’une des plus anciennes villes de Géorgie. Classée au patrimoine mondial de l’Unesco, c’est aussi l’ancienne capitale du pays, entre le IIIe siècle avant JC et le Ve siècle après JC. Très difficile à prononcer en raison de ses cinq consonnes successives, Mtskheta est sans doute l’endroit qui concentre le plus de touristes à l’année. Pourquoi ? Parce que c’est de cette ville que la Géorgie a adopté le christianisme en 334 après JC. Mtskheta demeure le siège de l’Église orthodoxe géorgienne.Selon la légende, c’est dans la cathédrale de Svétitskhovéli que la tunique du Christ serait enterrée. Plus en hauteur, le monastère de la Sainte-Croix de Jvari offre de belles perspectives sur la ville.

 

Nous aurions pu nous rendre sur le littoral de la mer Noire pour découvrir un autre aspect du pays. Batoumi est en effet une station balnéaire très prisée des amateurs de baignade et sports nautiques. Mais c’est à Gori, à environ 70 kilomètres de Mtskheta, que se termine notre périple. Gori n’est pas particulièrement attrayante mais il se trouve que c’est la ville natale d’un certain… Joseph Staline. La ville lui a consacré un musée qui ne retrace que son ascension. Dans le parc attenant, son wagon blindé vert peut être également visité.

 

Mtskheta, siège de l’église géorgienne.

 

Possédant son propre alphabet, 33 lettres, et sa propre langue, la Géorgie s’enorgueillit aussi d’être le berceau du vin. Des fouilles archéologiques ont montré l’existence d’une culture viticole – résidus de vin dans des jarres –  quelque 7 000 ans avant J.-C. Un argument supplémentaire pour découvrir ce pays qui cherche de plus en plus à s’ouvrir au tourisme, comme en témoigne le nombre croissant de grands hôtels occidentaux.

 

 

Coup de cœur

Dans les montagnes avec vue sur le mont Kazbek

 

Une vraie bonne dose d’oxygène, de la hauteur et du recul loin des sentiers connus, Stepantsminda – ou Kazbegi, l’ancien nom plus facile à prononcer –s’offre à vous. Voyager dans les Alpes et les Pyrénées est une chose mais dans les montagnes du Caucase, cela s’avère une sacrée expérience que finalement peu de touristes français peuvent partager. A trois heures de route de la capitale Tbilissi, on est vite plongé dans un univers de collines verdoyantes et de dômes blancs. Le plus haut, le plus beau – par temps dégagé bien sûr -, c’est le mont Kazbek qui culmine à 5 047 mètres. Stepantsminda est connue pour son emplacement pittoresque et constitue le point de départ pour l’église de la Trinité de Gergeti (XIVe siècle) située sur les hauteurs à environ 7 kilomètres de là. Accessible à pied ou en 4X4, avec ou sans guide -mais avec c’est mieux-, l’église offre une vue panoramique à 360 degrés sur toute la vallée avec bien sûr en toile de fond le mont Kazbek. Beaucoup de Géorgiens y viennent en pèlerinage. Des pèlerinages comme ça, on en redemande tant c’est beau à couper le souffle !

 

L’église de la Trinité de Gergeti (XIVème siècle).

 

 

Ce que vous devez savoir…

Y aller : jusqu’à octobre, Air France programmait deux vols hebdomadaires entre Paris Charles-de-Gaulle et Tbilissi. La compagnie devrait reprendre ses rotations l’été prochain.

Georgian Airways en code share avec Air France assure tout au long de l’année deux vols hebdomadaires au départ de Paris Roissy Charles-de-Gaulle.

 

Meilleure saison : De préférence entre mai et octobre.Les journées d’automne peuvent être tout aussi ensoleillées que celles de printemps.

 

Formalités : Passeport encore valable six mois après la date de retour.

 

 

Monnaie : Le lari (GEL). 1 euro = 3 GEL environ.

 

 

Décalage horaire : + 3 heures en hiver (midi en France = 15h en Géorgie) ; + 2 heures en été.

 

Infos : www.visitgeorgia.ge (en anglais), www.salaun-holidays.com

 

Publié par David Savary

Journaliste - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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