Johannesburg : tentaculaire et singulière

Reportages

Longtemps considérée comme une ville dangereuse et peu attirante, Johannesburg renaît de ses cendres, 27 ans après la fin de l’Apartheid. Tout n’est pas idyllique, loin de là, dans cette ville d’Afrique du Sud, mais « Jo’burg » mérite au moins une escale de deux jours. Avec ses marchés installés sur les toits des immeubles, ses restaurants branchés, son art de vivre décontracté et ses habitants particulièrement accueillants, cette ville hors norme est “the place to be”!

 

 

“Singulière” c’est peut-être l’adjectif qui qualifie le mieux cette ville tentaculaire (quinze fois la taille de Paris) pas forcément très avenante au premier abord et pourtant très attachante. Dans chaque quartier de Johannesburg, de nouvelles histoires s’écrivent sur les murs et le souvenir de l’Apartheid n’est jamais très loin.

 

Le street art a su égayer les rues de Johannesburg et faire oublier l’extrême pauvreté et la délinquance. À côté du quartier étudiant très dynamique de Braamfontein, la colline de la Constitution est chapeautée par la Cour constitutionnelle ouverte au public.

 

À côté, le site d’Old Fort transformé en prison pendant l’Apartheid a vu séjourner en quelques décennies deux grands défenseurs de la paix : Gandhi et Mandela. Un lieu de mémoire comme il en existe tant d’autres à Jo’burg… Au sud de la ville, le musée de l’Apartheid nous plonge directement dans le vif du sujet. Chaque ticket correspond à une identité : blanc ou noir. Deux visions totalement différentes de la vie. À l’aide de photos, de films vidéo, de bandes audio et d’objets émouvants très bien mis en scène, le musée rappelle sans pathos la cruauté des hommes.

Une ville en pleine renaissance

De cette histoire, Jo’burg a hérité de bâtiments néoclassiques sièges de grandes entreprises européennes squattés dès 1991 et aujourd’hui abandonnés. La mairie procède actuellement à de nombreuses expulsions musclées pour réhabiliter ces immeubles et sécuriser cette ville. Plus que les institutions, ce sont les habitants qui vont faire changer progressivement l’image de la ville.

À Braamfontein, le quartier étudiant de Johannesburg, des jeunes au look très sophistiqué vous invitent à partager une bière dans l’un des nombreux bars de la ville. Ici pas de tristesse particulière mais une musique lancinante parcourt les rues. Comme dans beaucoup de pays blessés par la guerre et la haine la musique console. Il suffit de suivre quelques notes de saxophone pour se retrouver sur le toit d’un building au 13e étage.

 

Le week-end, les marketplaces, grandes tablées aménagées autour de stands culinaires, font fureur dans la ville notamment du côté du marché de Neighbourgoods. Au deuxième étage, une terrasse court le long du building. La vue sur la gare de Johannesburg avec ses trains multicolores est magnifique! Ce soir-là, un DJ est aux manettes, et les couples de tous âges dansent entre deux séances de selfies.

Multiples facettes

“À Jo’burg, il n’est pas question d’aller seul n’importe où !” rappelle Elodie Bonnefon du réceptif Akilanga. “Il suffit de franchir une rue pour se retrouver dans une no go zone !” Depuis quelques années déjà, Akilanga propose des circuits accompagnés pour découvrir le centre-ville. En partant de la Poste centrale, en restauration (elle a brûlé il y a déjà quelques années), la ville s’articule autour de bâtiments administratifs et de grands immeubles symboles de la réussite minière de la ville.

 

L’ambiance a l’air assez calme “mais là, on ne se promène pas sans guide” insiste Elodie. “Mieux vaut aller du côté de Mad Giant Brewery !” Dans cette ancienne brasserie transformée en restaurant, “Urbanologi” est un laboratoire gastronomique pour hipsters. Autour des grandes cuves en acier qui contiennent de la bière, un bar en arc de cercle et des tables de style mécano font de ce lieu l’un des plus courus de la ville.

 

Dehors, l’ambiance est à son comble et la musique résonne jusque dans les galeries d’art à l’entrée de la rue. L’ironie du sort veut que le bâtiment un peu déglingué en face soit le commissariat central. Celui-là même qui fut le théâtre de nombreuses tortures. Beaucoup voudraient le voir détruit mais Jo’burg est aussi un lieu de mémoire.

Un nouveau Brooklyn à la sauce sud-africaine

Pour visiter le quartier de Maboneng, il est préférable d’attendre le week-end. C’est le jour où les rues s’animent et où les marketplaces ouvrent leurs portes. L’ambiance est à son comble. Entre les jazz-bands d’enfants qui n’hésitent pas à gratter la guitare et les jeunes couples qui se photographient devant de belles berlines, la rue est devenue en quelques heures une scène où il faut se montrer.

 

Sur les terrasses des usines désaffectées, une bande de jeunes danse une salsa endiablée. Étonnant ! A la tête de ce projet urbain, un homme d’une quarantaine d’années, Jonathan Liebmann, qui a décidé de racheter d’anciens entrepôts et de les transformer en musées, en hôtels, en épiceries chics et en restaurants branchés avec pour leitmotiv de mettre en avant l’artisanat sud africain. Un projet réussi qui confère à Jo’burg un petit air de Cape Town…

Coup de coeur

Soweto à vélo
Et si on commençait par visiter Soweto à vélo pour mieux comprendre Jo’burg ? C’est le défi lancé par Lebo, un habitant du quartier qui est aujourd’hui à la tête d’une petite entreprise avec cent vélos, cinq tuk-tuk, deux gîtes, un restaurant et 18 guides (dont deux francophones). Une idée géniale qui a le mérite de démystifier un quartier longtemps associé à des violences urbaines. Pendant 2 ou 4 heures (selon les options choisies), on déambule dans les différents districts de Soweto parfois très insalubres et d’autres beaucoup plus résidentiels. Sur fond d’explications passionnantes (pas moins de neuf langues sont parlées à Soweto), la balade se termine avec la visite de la maison de Nelson Mandela. Tout un symbole ! Plus d’infos sur le web, sowetobackpackers.com

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