Lanzarote : un paradis à préserver !

Reportages

Située à moins de 130 km des côtes africaines et à plus de mille kilomètres de l’Europe, Lanzarote est ce petit bout d’Espagne perdu au milieu de l’Atlantique qui possède un climat exceptionnel toute l’année. Peu connue des Français (un peu plus grâce à TUI et Ôvoyages/ Thalasso N°1), elle est sans doute l’île la plus préservée et la plus sauvage de l’archipel des Canaries… Jusqu’à quand ?

 

Un bref coup d’œil par le hublot avant l’atterrissage et la découverte de l’île s’avère plus étonnante que prévue. Lanzarote est couverte de déserts, de volcans aux cratères béants, de champs ourlés de murets de pierre en forme de demi-cercles mais le plus surprenant reste l’urbanisation condensée sur la côte Est de l’île. C’est là que, chaque année, les touristes allemands (30 %), anglais (30 %), espagnols (30 %) se retrouvent – l’été étant majoritairement choisi par les Espagnols. Avec plus de 2,5 millions de touristes par an, Lanzarote est la deuxième île la plus fréquentée des Canaries après Ténériffe. “Cela n’a rien d’étonnant lorsque l’on voit arriver les bateaux de croisières déverser certains jours près d’un millier de personnes” nous prévient Francisco, notre guide. Depuis 2012, la croissance touristique des îles Canaries est historique ! Entre janvier et septembre 2017, l’augmentation est estimée entre 5 % et 20 % selon les nationalités sauf pour les Français qui enregistrent -10 %. “C’est un problème de fréquence des vols. Nous sommes très dépendants de l’aérien” explique Virginie Corthals, relations publiques de l’hôtel Melia Salinas. “À Lanzarote il n’y a plus de saison creuse. Aujourd’hui, les réservations via les TO représentent 70 % mais j’espère que la balance va bientôt s’équilibrer à 50 % pour revenir vers des réservations directes plus haut de gamme.” Perle noire des Canaries, l’île a de vrais trésors cachés qui méritent bien plus qu’une escale. Classée “réserve biosphère” par l’Unesco, Lanzarote a été épargnée par la débauche de béton qui a touché l’ensemble des Canaries dans les années 1980-1990.

Le bon génie de Lanzarote

À la fin des années 1960, date à laquelle l’usine de désalinisation s’est installée sur l’île (il n’y a pas de source d’eau douce), Lanzarote voit ses premiers touristes arriver. Avant, des bateaux-citernes ravitaillent l’île en eau. C’est à cette époque que César Manrique, l’enfant du pays revient sur l’île. Après avoir connu la gloire aux États-Unis, cet artiste se fait connaître à Lanzarote en réussissant le pari fou de transformer un terrain inhospitalier en une véritable oasis habitée. Devenue, depuis, la Fondation César Manrique, ce lieu symbolise à lui seul les principes écologistes et idéalistes quelque part développés par l’artiste (recyclage, récupération de l’eau…). Pour tous ceux qui veulent explorer l’île dans ses entrailles, c’est par là qu’il faut commencer! La maison est bâtie au centre d’une coulée de lave formée par des irruptions datant du XVIIIe siècle. Au niveau inférieur, cinq bulles volcaniques végétalisées ont été transformées en salons. Incroyable! Et nous ne sommes pas au bout de nos surprises… L’artiste s’est vu confier par les instances locales des commandes étonnantes aux quatre coins de l’île : miradors dissimulés dans la falaise et dans un ancien fort, restaurants installés dans des couloirs de lave, routes touristiques, maisons, jardins… Lanzarote est devenue en quelques années un laboratoire artistique unique au monde.

On a marché sur la Lune ou presque !

Toutes ces structures ont pour point commun de se fondre dans le paysage d’une manière si harmonieuse qu’il est presque difficile d’en définir les contours. À Lanzarote, César Manrique est devenu une idole! Au moment de sa mort accidentelle en 1992, un deuil national de plusieurs jours a été décrété.
Nichées au cœur d’un paysage volcanique lunaire, de petites maisons blanches aux formes géométriques ponctuent çà et là la terre noire. Des plages sauvages aux doux noms de Melias, Famara… s’égrainent le long de la côte Ouest et font la joie des surfeurs en quête de sensations. Au nombre de ces paysages exceptionnels il y a bien sur la fameuse route des volcans dans le parc national de Timanfaya. Une fois le restaurant franchi – imaginé, comme la route, par César Manrique – et juste après le péage, on laisse sa voiture pour parcourir les quatorze kilomètres de route lunaire à bord d’un bus. Impossible de descendre dans ce paysage couvert de cendres et de lave. Question d’éthique et de sécurité.

Jeux de couleurs

La balade d’une heure au milieu des rochers de lave couverts de lichens multicolores est absolument magique. Les points de vue débouchant sur les falaises del Golfo sont spectaculaires.
Lorsque les vagues fracassent la roche noire on se croirait en Bretagne, le ciel bleu et le soleil en plus ! À côté, la plage de Los Hervideros accueille les flots assagis. Entre les couleurs rouges de la terre, les reflets gris de la cendre et les eaux vertes du cratère volcanique, le spectacle semble irréel !
Il l’est davantage encore à la Cueva de los Verdes (tunnel de lave aménagé pour les visites) et dans le site de Jameos del Aguas. Deux endroits quasi sortis d’un roman de Jules Verne ! Dans l’un de ces gigantesques tunnels volcaniques pourvu d’un lac aux eaux transparentes, César Manrique a réussi la prouesse incroyable d’aménager un lieu naturel en une multitude d’espaces intimistes où les visiteurs peuvent Dîner, flâner, boire un verre et écouter un concert. Magique ! Entre le mirador del Rio (encore un point de vue magnifique face à l’île de la Graciosa), le Jardin des cactus en forme de cercle (lui aussi aménagé par l’artiste), les salines de Janubio, les vignes de La Géria creusées au milieu des plaines de lapilli, le village authentique de Teguise… le choix des découvertes est multiple et les superlatifs ne sont pas assez forts pour décrire cette île enchanteresse si chère au cœur de Michel Houellebecq.

Coups de coeur

L’hôtel Seaside Los Jameos Playa

L’hôtel Seaside Los Jameos Playa est classé de 4 étoiles, magnifiquement situé face à l’océan, sur la plage Matagorda de Lanzarote. C’est un exemple de l’architecture coloniale.

Site : http://seaside-los-jameos-playa.puerto-del-carmen.hotels-lanzarote.net/fr/

Musée agricole El Patio
Au premier abord le domaine ressemble à un écomusée mais au fur et à mesure de la visite on se rend vite compte qu’il n’a rien à voir. Son héritier, German Barreto, a décidé de nous faire découvrir l’âme de Lanzarote à travers ce domaine agricole encore en activité. Non seulement, il continue à cultiver des terres aux alentours (possibilités de balades), il élève des animaux (vend du fromage de chèvre), il produit du vin ( dégustation dans une charmante bodega traditionnelle au coeur du domaine) mais surtout il raconte avec passion la vie sur l’île (possibilité d’avoir un guide francophone sur demande). L’artisanat de paille, l’architecture rurale, les costumes, les rites religieux… rien n’échappe à ce voyage initiatique au coeur des traditions de Lanzarote. On serait capable d’y rester des heures…
Calle Echeyde 18 à Tiagua (entrée : 6 € dégustation comprise)
www.museoelpatio.com

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