Maroc : l’appel du Grand Sud

À l’heure où le nombre des déserts sécurisés se réduit considérablement dans le  monde, le Maroc réussit à tirer son épingle du jeu avec des réceptifs toujours plus imaginatifs. Une approche touristique abordée sous une forme ludique et rapide (parfois un peu trop !), recherchée par une clientèle en mal de dépaysement et de soif d’aventure.

Le désert Marocain

 

Asni-Ourika-Tichka-Ozz-Agdz-Azgor-M'Hamid
Désert, Maroc

Zagora, Tam­groute, Agdz… des noms évocateurs parfois imprononçables jalonnent la route qui nous emmène vers le désert du Sahara. Entre Ouarzazate et M’Hamid Ghizlane (la porte du désert la plus proche), il y a 256 kilomètres d’une route sinueuse qui au fur et à mesure devient plus étroite laissant la place à des convois de camions battant le sable. À peine les faubourgs de l’aéroport dépassés, la verdoyante vallée du Draâ apparaît avec sa ribambelle de ksars et de kasbahs. Les constructions en pisé tranchent avec l’intensité bleue du ciel. Les lieux d’habitation, d’entrepôts et de défense jadis abandonnés sont aujourd’hui restaurés grâce à l’aide financière apportée par des entreprises locales dans le cadre de programmes touristiques responsables et durables. Chacune à leur manière essaie de maintenir les populations au sein de villages isolés. L’approvisionnement de fournitures, la création de coopératives féminines (c’est bien connu, les prêts pour la création de micro-entreprises sont accordés à 80 %

Desert Chegaga
Desert Chegaga

aux femmes !) mais aussi l’aide à la scolarisation sont quelques-unes des facettes de cette contribution et cela marche plutôt bien. Le problème dans cette vallée se situe surtout au niveau des structures hôtelières qui ont du mal à s’implanter du fait du passage un peu trop rapide des touristes. Tamgroute est la seule pause prévue dans cet univers de terre et de sable ponctué de palmiers.

 

 

Désert, MarocVallée du Draâ

Ecole ChegagaRoute Tisselday

 

Dernière étape avant le désert…

Le village de potiers d’où vient la céramique vernissée verte est aussi une étape religieuse célèbre depuis le XVIIe siècle. Avec sa bibliothèque coranique riche de 4 000 ouvrages (70 % de ce fonds initial ont été rapportés à Rabat), Tamgroute possède l’un des plus vieux ouvrages religieux du pays : un recueil de poésie écrit sur du cuir de gazelle datant de 1063 qui est devenu la fierté de ses habitants.
En route pour le désert…

 

À peine le village franchi, commence un paysage de pierre préfigurant un des visages du désert. Au loin, les collines de Bani connues pour ses fossiles et ses peintures rupestres datant du paléolithique viennent scander l’horizon. Abandonnant progressivement les constructions en brique crue décorées de frises, on retrouve ça et là quelques fermes dotées de greniers collectifs. Conçues pour mettre les céréales à l’abri des intempéries et des pillages, elles annoncent clairement des principes d’ordres et de cohésion au sein des ethnies tribales.

 

A M’Hamid Ghizlane, dernière étape avant la piste du désert, pas moins de sept tribus se divisent les quartiers de la ville. Cette ancienne étape du commerce trans-saharien a gardé un certain charme avec ses maisons en pisé, sa palmeraie et sa casbah. Elle est aujourd’hui la ville de départ des excursions dans le désert. Les réceptifs sont chaque année de plus en plus nombreux et la qualité s’en ressent….

maroc nomade Vallée du Draâ, Maroc

La tête dans les étoiles

Certains proposent même des campements à seulement trois ou quatre kilomètres de la ville. Un concept marketing qui ne laisse pas beaucoup de temps pour apprécier le désert ! Désert de sable, de pierre ou de grandes étendues jalonnées de lacs salés asséchés, le paysage se révèle d’une infinie variété. Le vent chaud du matin modèle à chaque instant le relief qui se transforme en mirages dès le soleil au zénith. Quel spectacle ! Secoués par les trous, ballottés par les pierres de plus en plus présentes sur la piste, nous reprenons des forces dans une oasis au milieu des sables.

 

On raconte que Théodore Monot se serait arrêté là lors de son expédition scientifique en 1927… Entre légende et réalité, le désert nous ensorcelle avec ces histoires d’ermites, de Berbères et d’hommes bleus. Au loin, un campement de nomades se profile. Un homme surgit avec ses deux enfants en proposant du thé. Une rencontre fortuite qui laisse présager une certaine évolution des modes de vie en plein désert… À force de vouloir aider à la scolarisation (la démarche est louable), les populations se sédentarisent. Après 4 heures de piste, il est temps de rejoindre des dromadaires au pied des dunes. Le concept est loin d’être original mais on n’a pas fait mieux pour découvrir le coucher du soleil au beau milieu des vagues de sable. De l’autre côté, des bruits de tambours raisonnent en cette nuit de pleine lune. Le campement n’est pas loin. De grandes tentes brunes tissées de laine de chèvre et de dromadaire flanquées de six ou sept tentes blanches se dessinent dans l’obscurité. La nuit s’annonce calme et étoilée…

Coup de cœur : Halte déco

 

Cuisine délicieuse, panorama magnifique, accueil charmant… décidément, cette maison d’hôtes et de randonnées a bien des atouts ! Situé dans un petit village berbère du Haut Atlas, non loin de Télouet et de Aid Ben Haddou, ce riad avec ses dix chambres décorées avec goût est une adresse bien connue des randonneurs. Ahmed, son propriétaire emmène des groupes dans les montagnes à la découverte des richesses géologiques de la région. Intarissable sur le sujet, il connaît mieux que personne (il est né dans le village) les lieux où les gravures rupestres sont les mieux conservées…

 

Entre farniente au bord de la piscine, stages d’initiation à la cuisine marocaine et randonnées à la découverte de villages berbères, le choix s’avère difficile ! Et si le bonheur c’était tout simplement de profiter de la douceur de vivre et de la vue sur les montagnes à l’ombre des tamaris en sirotant un thé à la menthe ? www.irocha.com

Publié par Cécile Chapelain