Nicaragua : destination pleine de promesses

Reportages
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Ometepe : île formée de deux volcans au milieu du Cocibolca, l’un des plus grands lacs du monde.

Le tourisme progresse lentement mais sûrement au Nicaragua. Les nombreux  atouts de ce petit pays d’Amérique centrale laissent entrevoir un fort potentiel de développement. En plus de sa diversité naturelle et de la richesse de son patrimoine, le Nicaragua profite aussi de l’attrait d’être une destination neuve.

 

Le Nicaragua fait partie de ces destinations qui suscitent des fantasmes peu propices au développement de l’industrie touristique puisque chargés d’une histoire aux remous révolutionnaires pourtant révolus. C’est pour cela que Pascal Picot fait figure de pionnier avec son agence réceptive Oro Travel créée en 1995. Ce Français – tout juste nommé consul honoraire de France ! – avait alors été séduit par ce qui fait aujourd’hui l’attrait du Nicaragua : une nature préservée, de la sécurité, un patrimoine historique, une population accueillante, un climat tempéré et une variété des paysages… « C’est aussi une destination neuve », ajoute Pascal Picot qui apporte sa pierre à l’édifice avec son hôtel de charme « Estrada » à Granada, capitale touristique du pays. (Voir encadré « Coup de cœur »)

 

Plutôt que de s’attarder à Managua, la capitale du pays, mieux vaut donc partir immédiatement à la découverte de ce territoire encore peu connu, et faire un premier arrêt à Léon. La ville tranquille du poète Ruben Dario (héros national) a gardé un caractère colonial dont témoigne l’imposante cathédrale. La chaleur dicte un rythme nonchalant à l’ombre des façades colorées de cette cité entourée d’un paysage volcanique sculpté par les éruptions. Un écrin naturel où la palette des couleurs joue avec les contrastes, des montagnes verdoyantes jusqu’aux nuances anthracite les plus sombres des sommets volcaniques. Le paysage participe du plaisir d’une randonnée sans difficulté jusqu’au cratère du volcan Cero Negro… avant de se laisser glisser sur une planche pour dévaler les pentes de sable noir comme un immense toboggan. Nature sauvage où l’on joue et nature apprivoisée dont on jouit notamment à Esteli, berceau des grandes cultures traditionnelles de tabac au Nicaragua où l’on fabrique d’excellents cigares, ou encore à travers le « tour du rhum », dont le fameux « Flor des Caña », fleuron de la production de cet autre pays de la canne à sucre.

 

Séjours exclusifs ou combinés

L’an dernier, 1,2 million de touristes ont visité le Nicaragua, dont quelque 10 000 Français, qui font partie des trois principales nationalités en provenance d’Europe avec les Britanniques et les Allemands. « Il est vrai que le nombre de touristes français reste encore relativement réduit, mais la fréquentation est en progression constante depuis dix ans », note Pascal Picot. « Je suis persuadé que cette progression évoluera beaucoup plus sensiblement avec le développement de l’hôtellerie et des dessertes aériennes » ajoute-t-il. José Dosreis est lui aussi convaincu de ce bel avenir pour la destination, qu’il commercialise en extension depuis Cuba à travers son TO Nicaragua Color (en partenariat avec Oro Travel) : « L’Amérique centrale et le Nicaragua en particulier doivent s’ouvrir au marché français ! Le Nicaragua a tout pour séduire aussi bien la clientèle d’individuels que les groupes de comités d’entreprise ou d’incentives ; on a ici le cadre et l’ambiance, avec la diversité du patrimoine historique, des volcans, des parcs, des plages, et tout cela sur un territoire concentré ».

 

La ville de Granada illustre ce potentiel avec notamment la richesse de son architecture coloniale qui se découvre par exemple au musée San Francisco, dont les grandes salles surmontées d’arcades, autour du cloître retracent l’histoire du pays à travers les peintures murales. Cet ancien couvent, à nouveau ouvert après six mois de rénovations, peut d’ailleurs être privatisé pour des soirées ou des événements incentive. Entre le marché d’artisanat sur le Parque Central, l’église de la Merced et la splendide cathédrale, la ville a des airs de Havane, avec en plus ici un foisonnement de bars et restaurants pour déguster le guapote, poisson du lac à l’orée de Granada où l’on sillonne au fil de l’eau parmi 360 petites îles formées par les éruptions volcaniques du Mombacho.

 

Et il ne faut pas plus de vingt minutes en voiture pour atteindre le sommet du volcan Masaya, pour observer à la nuit tombante une lagune incandescente de lave au cœur du cratère de 500 m². Un spectacle unique pour des séjours exclusifs ou combinés ; car « l’autre atout du Nicaragua, c’est que l’on peut le combiner avec d’autres pays limitrophes, pour compenser l’absence de vestiges mayas ou aztèques », explique José Dosreis. « On peut par exemple intégrer la visite du site de Copan, au Honduras, à quatre heures de route ; même si le Nicaragua mérite à lui seul un séjour complet », ajoute le patron de Nicaragua Color. En terminant comme il se doit par une étape balnéaire sur les belles plages de San Juan del Sur ou de Montelimar.

 

Coup de cœur

Un coin de France à Granada

Avec ses murs en adobe de couleur jaune, rouge ou bleue et sa fontaine en pierre
au cœur du jardin, l’hôtel Estrada est typique de l’architecture coloniale rénovée du centre-ville de Granada, capitale touristique du Nicaragua. Mais cet hôtel de charme est aussi un coin de France, dont le bistrot a des allures de café parisien… si ce n’était les ventilateurs au plafond et les sporadiques secousses telluriques qui font parfois tintinnabuler les verres derrière le comptoir, comme pour rappeler l’activité toute proche du magnifique volcan Masaya. Les sept chambres de cet hôtel de charme se répartissent autour d’un patio entouré de colonnes en bois, havre de repos et terrasse pour les repas. « Nous avons aussi une clientèle locale qui vient de Managua pour profiter de la ‘French touch’ de notre offre gastronomique », assure le patron, Pascal Picot, qui mériterait le titre d’ambassadeur. Le propriétaire de l’hôtel Estrada vient d’ailleurs d’être nommé consul honoraire de France au Nicaragua.

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