Ouzbékistan : villes légendaires et mythiques

Reportages

Michel Salaün est un infatigable défricheur. Il y a bientôt vingt ans, il organisait son premier voyage en Ouzbékistan… Depuis, il y est retourné quatorze fois ! Aujourd’hui, sous la marque Pouchkine Tours, il donne aux Français la possibilité de découvrir ce pays magnifique encore peu connu. Traversé par l’ancienne route de la Soie, l’Ouzbékistan possède des richesses architecturales, une histoire millénaire et une population accueillante.

Le pays s’étend au cœur de l’Asie Centrale dans une région encore peu fréquentée par les touristes internationaux. D’une superficie de 447.000 kilomètres carrés, l’Ouzbékistan compte presque 30 millions d’habitants qui parlent l’ouzbek, le tadjik, le russe et quelques dialectes turcophones. Les musulmans sont majoritaires à 88%, essentiellement sunnites, suivis des orthodoxes et autres chrétiens (9%). La population est composée à 80% d’Ouzbeks (80%), de Russes (5,5%), de Tadjiks (5%), de Kazakhs (3%), de Karakalpaks (2,5%) et de Tatars (1,5%). La capitale, Tachkent, compte 2,7 millions d’habitants.
L’histoire de l’Ouzbékistan a successivement vu déferler les hordes d’Asie, connu la grandeur de Tamerlan (XIVe siècle) et le régime soviétique (XXe). Devenue indépendante de l’URSS en 1991, la nouvelle république s’est tardivement tournée vers le tourisme. Jusqu’en 2016, plombée par la corruption, elle est aussi gouvernée par un président autoritaire, Islam Karimov. A sa mort, le 3 septembre 2016, c’est son premier ministre depuis 2003, Shavkat Mirziyoyev, qui est élu. Il engage des réformes difficiles mais nécessaires avec notamment l’ouverture des frontières, la libération des prisonniers politiques et une lutte sans merci contre la corruption. Ces réformes touchent tous les secteurs : l’économie, le social, la sécurité, le transport, l’agriculture et… le tourisme. Comme l’explique d’ailleurs un fin connaisseur du pays, «les Ouzbeks ont vraiment conscience qu’il faut s’ouvrir au tourisme». D’ailleurs, la veille d’une visite officielle en France les 8 et 9 octobre 2018, Shavkat Mirziyoyev a fait supprimer les visas des Français pour les séjours de moins d’un mois en Ouzbékistan. Après avoir ouvert les frontières et renoué avec ses voisins, comme le Turkménistan, le Kazakhstan et le Kirghizistan, le gouvernement a relancé le tourisme intérieur et développé le tourisme religieux.

Projets de zones touristiques

Aujourd’hui, tout va très vite pour ce pays dont 60% de la population sont très éduqués et ont moins de trente ans. Ainsi, la compagnie nationale Uzbek Airways est en pleine restructuration. Elle veut aussi lancer une compagnie low cost. L’ouverture du ciel est également évoquée. Par ailleurs, en partenariat avec la Compagnie des Alpes, le gouvernement veut créer dans le Bostanliq, à 1h30 de voiture au nord-est de Tachkent, une grande cité destinée aux loisirs au bord du lac Tcharvak, avec hébergements touristiques et pistes de ski. D’autres projets de zones touristiques sont à l’étude.
Dans l’imaginaire du voyageur français, l’Ouzbékistan c’est d’abord Samarcande. Reconnue depuis 2001 comme site du patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco, c’est l’un des berceaux des civilisations d’Asie Centrale. Après les invasions arabes de 712, elle devient un grand producteur de papier pour le monde musulman et prospère ainsi sur la route de la Soie pendant plusieurs siècles. Samarcande est alors un centre commercial et culturel. Mais en 1220, Gengis Khan ruine la cité. Il faudra attendre l’avènement de Tamerlan qui fait de Samarcande sa capitale, pour que la cité retrouve son lustre d’antan. Natif de la région, il en est amoureux et l’embellit grâce aux richesses de ses victoires. Aujourd’hui, la seconde ville d’Ouzbékistan a plus de 2 750 ans d’histoire et en offre plein la vue au visiteur, confondu par toutes ces merveilles, de la place du Registan et ses trois medersas (écoles coraniques), au mausolée Gour Emir (le tombeau de Tamerlan), en passant par la mosquée Bibi Khanoum construite de 1399 à 1404 ou encore la nécropole de Shah i Zinda (littéralement, « le roi vivant »).

Patrimoine mondial de l’humanité

La porte d’entrée en Ouzbékistan est Tachkent, sa capitale. Selon les légendes locales, la cité aurait plus de 2 000 ans d’histoire. Elle prospéra en tant que grande oasis incontournable sur la Route de la soie. Elle aussi connut les invasions et les occupations arabes, puis celles des califats d’Asie centrale, des Mongols et des Russes… Pendant l’ère soviétique, Tachkent est la quatrième ville d’URSS, avec une grande influence, avant de devenir la capitale de la République d’Ouzbékistan lors de l’indépendance de 1991. Mais aucune trace ne subsiste de l’époque de la Route de la soie, le tremblement de terre de 1966 ayant détruit une grande partie de la ville. Tachkent est aujourd’hui le centre administratif et logistique du pays. Le contraste entre les vestiges de l’empire de Tamerlan, les constructions soviétiques du siècle dernier et les nombreux parcs comme celui de la place de l’Indépendance et ses monuments, de la statue de la Mère Patrie à celle de la Mère en Deuil, confèrent à la ville un certain charme.
Autre ville incontournable : Boukhara. Ville hétéroclite entre les cultures
persane, ouzbèke, tadjike et même juive, Boukhara est le témoin historique de toute une région. Plus de cent quarante de ses monuments sont aujourd’hui classés au patrimoine mondial de l’humanité. On dit souvent que Boukhara était à la religion musulmane ce que Samarcande était à la science. La ville est encore considérée comme un lieu saint de l’islam.
Les nombreux ensembles architecturaux de la ville offrent une unité de style et une diversité monumentale uniques en Asie Centrale. A ne pas manquer : la place Liabi Khaouz et l’ensemble Poikalian…

Pratique

Pour se restaurer…
L’Ouzbékistan développe une cuisine locale à base de crudités, soupes, viandes grillées et féculents (riz, pommes de terre). Néanmoins il reste un pays à “tourista”. C’est pour cette raison que Pouchkine Tours privilégie des établissements de type international quand cela est possible tout en conservant certains restaurants plus authentiques et des repas chez l’habitant. Les voyageurs doivent rester prudents et écouter les conseils de leurs guides. Attention, l’eau n’est pas potable ! En septembre et octobre, les bazars se gorgent de fruits et de légumes d’excellente saveur, dont la plupart proviennent de la fertile vallée de Ferghana. C’est aussi la saison du melon, des pastèques et des citrouilles. Le thé, vert ou noir, est la boisson incontournable en Ouzbékistan. La vodka est omniprésente. Parmi les spécialités, on peut déguster le plov, le plat national ouzbek à base de riz sauté et de viande de mouton. On peut aussi savourer le chachlik, des brochettes composées de six morceaux de viande et de gras. Les plus communes sont à la viande de mouton, mais on en trouve également au bœuf ou au poulet.

 

L’engagement solidaire de Pouchkine Tours

C’est en Ouzbékistan que Salaün Holidays a mené sa première opération de tourisme solidaire en 2008. A Maïntepa, un petit village situé à cent kilomètres au nord de Samarcande. Pendant cinq ans, l’action du TO s’est portée sur l’école avec deux objectifs précis : équiper l’établissement de sources d’énergie durable et maintenir, en faisant venir un professeur, l’enseignement du français.
En 2014, Salaün Holidays et Pouchkine Tours ont financé l’achat de 2 500 mûriers. Ils ont été plantés dans la ferme “Boghi Shahzizoda”, sur la commune de Sazagan, à une quarantaine de kilomètres dans le sud de Samarcande. Malheureusement, suite à un manque d’irrigation en été puis à un hiver rude en 2015, ces mûriers ont gelé… D’autres arbustes ont été replantés et nourriront les chenilles qui fabriqueront les cocons dont sera tiré du fil à soie. Dans la ferme a été installé un atelier de tissage afin de produire des tapis de soie. Cette opération permettra l’emploi de salariés agricoles chargés de la culture et de l’élevage des vers à soie et de tisseuses pour la fabrication des tapis. Enfin, le jour 6 du circuit “La route de la Soie” de 12 jours, lors de l’étape à Boukhara, propose une rencontre avec les étudiants de l’association culturelle Isteza (en période scolaire) dont une des activités est l’enseignement du français. Cette rencontre permet d’échanger avec une jeunesse pleine d’énergie et d’optimisme.

Publié par Nicolas Barbéry

Rédacteur en chef - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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