Polynésie : la réalité mieux que le rêve

Reportages

Sur papier glacé, la beauté vertigineuse de Tahiti et ses îles ouvre les portes de notre imaginaire. Sur place, la réalité est au-delà du mythe. Et c’est bien un rêve éveillé que vécurent cinq chefs de produits de tour-opérateurs français invités au famtrip «ParauParau Tahiti» de treize jours sur place organisé en juin par Tahiti Tourisme. De Tahiti aux îles Marquises en passant par Rangiroa et Moorea, l’expérience fut quasi métaphysique ! Autant pour des paysages baignés d’une lumière surnaturelle que pour les Polynésiens qui, dans ce paradis au cœur du Pacifique sud, déploient une joie de vivre communicative.

À l’arrivée à l’aéroport international de Papeete, même tard dans la soirée, l’hospitalité polynésienne déploie ses armes de séduction massive : l’air parfumé à la subtile fleur de tiare, les colliers de fleurs, la musique du ukulele sur laquelle ondulent les vahinés… Et de grands sourires accompagnés du mot de bienvenue « ia ora na, maena, maeva ». Un accueil aussi naturel pour les Polynésiens que la beauté des atolls aux eaux cristallines révélant des fonds sous-marins d’exception ou les pics vertigineux des îles hautes. Aussi authentique que sa culture unique, à commencer par les fascinants tatouages, « tatau », que (presque) tout Polynésien arbore comme une carte d’identité à décrypter.

Un aperçu de Papeete

Tout commence à Papeete, la capitale de la Polynésie française. Le marché, animé, coloré, révèle la richesse de tout ce que porte cette terre bénie des dieux. Alentour, les maisons en bois sont les rares témoignages de l’époque coloniale. À la gare maritime, il faut monter à bord du train touristique pour un tour de ville… C’est au temple protestant de Paofai qu’en 1818 le pasteur anglais Crook décida de planter sa tente et que le 6 novembre 1843 la France proclame le protectorat français. Aujourd’hui, Papeete s’embellit. Les travaux sur le front de mer livreront en fin d’année une promenade piétonne très arborée. Le nouveau terminal de croisière international est attendu en juin 2020. À deux pas, malgré le chantier, on vient toujours manger aux « Roulottes », ces food-trucks très populaires qui régalent tous les soirs, à moindre coût.
Le temps manque pour explorer Tahiti. Aussi vaste que la Martinique, déployée comme un papillon avec une grande aile, Tahiti Nui, et une aile minuscule, Tahiti Iti, aussi appelée « la presqu’île ». Mais ses contours sont lisibles : écrin montagneux, récif corallien et plages de rêve, en blanc ou noir, choisies par des resorts luxueux : Méridien, Intercontinental, Manava Suite, Tahiti Pearl Beach, ou plus modeste le Royal Tahiti tout juste rénové. Depuis le bateau du réceptif Fluid, le coucher du soleil est saisissant de beauté. Visible, la silhouette dentelée de l’île sœur de Tahiti dans l’archipel de la Société est à 17 km.

Moorea : la quintessence de la beauté

En moins de trente minutes en bateau, Moorea est dit-on un concentré de Tahiti, en plus sauvage et préservée. Spectaculaire, le relief verdoyant est dominé par huit sommets. Deux profondes baies se signalent de part et d’autre du mont Rotui, que l’on observe lors d’une balade en 4X4 avec Albert Safari. L’escapade passe par les champs d’ananas et le lycée agricole où l’on fait le plein de spécialités: miel, confiture de patates douces, huile de coco, brut d’ananas, vanille, monoï…
Le long des 63 km de côtes du lagon s’égrènent le Manava Beach Resort & spa (ex-Moorea Pearl Resort proche du golf 18 trous et dont le spa est labellisé « route du monoï »), le Hilton Moorea Lagon Resort & spa, le Sofitel ou encore l’InterContinental où s’ancre le Dolphin Center permettant de fraterniser avec les dauphins. Pour faire ami-ami avec les raies, à bord du bateau à fond de verre de Captain Taina, on se jette à l’eau. Sur la côte ouest, de belles pensions de famille s’épanouissent en bordure de plages paradisiaques : les Tipaniers, l’Hibiscus ou le récent Moorea Beach Lodge du breton Didier Hoscoët qui vient de racheter à 500 m. le Vai Moana. On ne quittera pas l’île sans assister à un spectacle de danse au Tiki Village, lieu d’immersion au cœur de la culture polynésienne.

Rangiroa 50 nuances de bleu

A une heure de vol de Tahiti dans l’archipel des Tuamotu, Rangiroa est le second plus vaste atoll du monde, 80 km de long, 30 km de large. L’intérieur de son anneau corallien pourrait loger l’île de Tahiti tout entière ! La vie s’organise sur l’étroite langue de terre entre les villages de Tiputa et Avaturu qui ont donné leurs noms aux passes communiquant avec l’océan Pacifique. Des brèches qui offrent des spots de rêve aux plongeurs. Depuis la terrasse de la pension de famille Les Relais de Joséphine – dont la propriétaire est aussi fine cuisinière –, on est aux premières loges pour voir les dauphins, les requins, les tortues… L’atoll offre bien d’autres sources d’émerveillement. Testée, la virée à l’île aux Récifs organisée par Paati Excursion et son patron Léon, auteur d’un magnifique repas sur un motu (îlot corallien) dont un pain de coco à tomber. Très instructive, la visite de Gauguin’Pearl, la dernière ferme perlière de l’atoll dont on repart forcément avec une perle à son doigt. Enivrante, la dégustation de vins et cognacs à la cave de Rangiroa, le seul vignoble (12 ha) au monde sur récif corallien. Les hôtels sont rares : le Maitai Rangiroa, ou le superbe Kia Ora Resort & spa, seul 4* avec piscines privatives dans ses villas. En revanche, les pensions de famille sont légion. Une sympathique adresse: le Coconut Lodge, ouvert il y a un an par Nicolas et son épouse Alice Tolila, (ex-VDM) qui ont trouvé ici leur éden.

Aux Marquises Hiva Oa chante Brel

Depuis Papeete, l’ATR de la compagnie Air Tahiti avale les 1500 km en quelque 3 heures de vol. L’archipel le plus isolé de Polynésie est aussi le plus sauvage. On y trouve le bonheur ultime comme Gauguin ou Jacques Brel réunis dans le cimetière et au passionnant centre culturel d’Atuana sur l’île d’Hiva Oa. A eux seuls, ils assurent la notoriété de l’île bien nantie en hôtellerie avec le Hanakee Pearl Lodge accolé à la pension Joséphine, le Relais Moehau à deux pas de la plage de sable noir, ou la pension de famille Enata offrant une vue à tomber sur la baie, tout comme la Pension Temetiu Village chef Gaby. On explore l’île volcanique : une déferlante de sommets recouverts d’une végétation luxuriante, des falaises plongeant directement dans la mer, des vallées ouvertes sur des plages de galets, de sable noir ou blanc. A Puamau, sur le site archéologique de Lipona se dresse le plus grand tiki de Polynésie. Sur la côte sud-est, Ta’aoa dévoile un autre site sacré à peine défriché, au cœur d’une forêt primitive. Et il y a l’océan : le bateau flambant neuf de Marquises Diving a relancé la plongée sous-marine au départ d’Hiva Oa. En route pour l’île de Tahuata, où nous attend le cochon de lait cuit sous la terre du four polynésien (ahimaa), tout à coup des dizaines de dauphins bondissent autour du bateau. Brel a raison, « Gémir n’est pas de mise aux Marquises ».

Coup de coeur

Arioi un centre culturel et artistique très participatif
« Notre culture est magnifique, il faut la partager » c’est le credo d‘Hinatea Colombani, la fondatrice de ce centre culturel et artistique à Papeete, qui depuis sa création en 2016 accueille les locaux, et aujourd’hui les touristes. Au service de la transmission des savoirs ancestraux l’équipe, sensationnelle, anime moult ateliers : danse Ori Tahiti, musique où l’on apprivoise le To’ere, sorte de tambour fendu que l’on frappe avec une baguette ; fabrication de tapa, étoffe végétale à partir d’écorce d’arbre…Un cours de cuisine enrichit le programme avant de partager, assis sur une natte à même le sol un repas tahitien : poisson cru au lait de coco, igname et patate douce, taro. C’est joyeux, riche d’échanges et de partages. Cerise sur le gâteau, le prix de la prestation pour 4 personnes permet d’offrir aux enfants du coin trois mois de cours dans ce lieu qui se veut aussi une école de la vie.

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