Saint-Pétersbourg : intemporelle et historique

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La Révolution russe a cent ans. Un centenaire qui a inspiré le TO Salaün Holidays via sa filiale Pouchkine Tours pour mettre en lumière les principaux sites liés à l’arrivée au pouvoir de Lénine en 1917. Par le prisme de l’histoire, c’est surtout l’occasion de découvrir les multiples charmes et attraits de l’ancienne capitale impériale, devenue Pétrograd, Leningrad et à nouveau Saint-Pétersbourg.

Le 7 novembre 1917, soit le 25 octobre du calendrier julien alors en usage en Russie, les Bolcheviks avec à leur tête Lénine prennent le pouvoir à Pétrograd, ainsi que s’appelait à l’époque l’ancienne capitale russe. Le début d’une ère nouvelle qui allait marquer l’Histoire, le pays passant de la Russie tsariste à la Russie soviétique.

 

L’épicentre de cette révolution est donc situé à Saint-Pétersbourg, ville fondée en 1703 par Pierre le Grand, un géant de 2,03 mètres (et chaussant du 39). La visite de la forteresse Pierre-et-Paul est un bon début. C’est ici sur l’île Zaïatchi (l’île aux Lièvres) dans le delta de la Neva qu’a été érigée il y a un peu plus de trois siècles la première pierre. Au centre de la forteresse se dresse la cathédrale Pierre et Paul, le plus haut édifice de la ville qui culmine à 121,5 mètres. A l’intérieur sont enterrés tous les tsars de la dynastie Romanov depuis Pierre le Grand jusqu’au dernier, Nicolas II. Lors de la révolution de 1917, d’anciens membres du gouvernement furent envoyés dans la prison par les Bolcheviks.

 

Le 7 novembre 1917, ce sont les canons du croiseur Aurore pointant sur le palais d’Hiver qui donnent le signal de l’insurrection. Ce navire de guerre, complètement rénové et ouvert au public depuis l’an dernier, est le symbole de la révolution d’Octobre. Ses salles d’exposition avec dispositif interactif retracent la vie à bord et mettent en scène les grandes dates historiques de la Russie. Des moments clé que l’on retrouve aussi au musée de l’Histoire politique de la Russie qui se trouve dans l’hôtel particulier de Mathilde Kschessinska, une célèbre ballerine russe. Occupé par les Bolcheviks durant la Révolution, il présente aujourd’hui une importante collection d’objets révolutionnaires (affiches, photographies, armes…).

 

Ancienne résidence des tsars russes, le palais d’Hiver est le dernier bâtiment à avoir résisté à l’assaut des Bolcheviks. Œuvre de l’italien Rastrelli, construit au milieu du XVIIIe siècle à la demande de l’impératrice Elisabeth, la fille de Pierre le Grand, il impressionne par ses dimensions. Majestueux, surtout lorsque le soleil donne sur sa longue façade couleur vert pistache, il abrite le célèbre musée de l’Ermitage. Le plus grand au monde avec 3,5 millions d’œuvres. « Si l’on observe chaque œuvre une seconde, il faut dix ans pour tout voir » dit un guide.
Cet édifice colossal aux 400 salles ne saurait masquer d’autres trésors historiques et architecturaux de Saint-Pétersbourg. Comme le palais Youssoupov situé sur les quais de la rivière Moïka. Construit fin XVIIIe, cette résidence du nom d’une des plus riches dynasties russes est aussi l’une des mieux conservées. Avec de jolies salles de réception et la particularité d’abriter un splendide petit théâtre à l’italienne. C’est également dans les caves du palais Youssoupov que se déroula en 1916 l’assassinat de l’énigmatique Grigori Raspoutine, très influent auprès du tsar Nicolas II.

 

Richesses profanes et sacrées

Le grand frisson de l’histoire se ressent également lorsqu’on parcourt les grandes artères de Saint-Pétersbourg. La perspective Nesvki est la plus belle. La plus animée aussi. Sur cette longue avenue de 4,5 kilomètres qui débouche sur la place du Palais, le peuple russe, il y a un siècle, criait son mécontentement contre le régime en place. « La » Nevski, où il fait si bon flâner, voit se succéder des perles d’architecture : grands magasins, palais, places, ponts, jardins, églises, telle Notre-Dame de Kazan construite en forme d’hémicycle et qui rappelle Saint-Pierre-de-Rome. L’église orthodoxe russe est particulièrement riche. À Saint-Pétersbourg il existe une quantité d’édifices qu’il faut absolument visiter. La cathédrale Saint-Isaac dont le sommet offre un panorama exceptionnel sur la ville et la cathédrale Saint-Sauveur-sur-le-Sang-Versé qui ont résisté aux guerres et à la Révolution sont admirables de beauté. L’intérieur comme l’extérieur brillent de mille feux. Croyant ou pas, la dimension spirituelle est telle qu’il est difficile d’y être insensible.

Excursions incontournables

Depuis l’Amirauté et sa célèbre aiguille, emblème de la ville et naguère siège de la marine de guerre, jusqu’au port militaire de Kronstadt, dans le golfe de Finlande, il faut compter une cinquantaine de kilomètres. Avant-port stratégique de Saint-Pétersbourg, Kronstadt est connu pour le soulèvement de milliers de marins durant la guerre civile en 1921, et sa répression par le pouvoir bolchévique.

 

Outre la forteresse, l’endroit vaut pour sa cathédrale navale dédiée à saint Nicolas et à la flotte russe. Là encore, on ne peut qu’être impressionné. Un voyage à Saint-Pétersbourg ne serait pas complet sans une excursion à une vingtaine de kilomètres aux palais impériaux de Pouchkine et Peterhof. Le palais Catherine et ses immenses façades bleues qui font partie d’un ensemble de palais et parcs, Tsarskoïe Selo, classés au Patrimoine mondial de l’Unesco à Pouchkine est un joyau du baroque réputé pour sa célèbre chambre d’ambre. Et que dire de Peterhof ! Surnommée le Versailles de la Baltique, la résidence des tsars, jusqu’en 1917 sur le golfe de Finlande, possède des fontaines, jardins et statues admirés du monde entier.

 

Il y a cent ans, la révolution d’Octobre a symbolisé l’avènement d’une ère qui a marqué l’histoire de l’humanité tout entière. En parcourant les lieux témoins de ces moments clés, c’est ici l’occasion de revivre le Saint-Pétersbourg d’hier et aussi d’admirer le Saint-Pétersbourg d’aujourd’hui.

Coup de cœur

Du palais à l’appartement communautaire

Difficile de se limiter à un coup de cœur tant Saint-Pétersbourg recèle de charme et de beauté. En cette année du centenaire de la Révolution, la visite d’appartements communautaires mérite l’attention. Ces « kommunalkas » hérités de l’époque soviétique ont tout pour fasciner le touriste. Ils sont en effet apparus après la révolution de 1917 lorsque ouvriers et paysans ont été installés dans des appartements bourgeois et spacieux. Les propriétaires ont quant à eux été relégués dans une seule pièce de leur ancien logis. Dans ces beaux palais, les Russes vivaient en partageant avec d’autres familles la cuisine, la salle de bains et les sanitaires. Sur 7 millions d’habitants, 700 000 personnes vivraient toujours dans plus de 100 000 « kommunalkas » à Saint-Pétersbourg. Le meilleur témoin est sans doute le palais des Roumiantsev aujourd’hui transformé en musée. Donnant directement sur la Neva, ce bâtiment à la façade impressionnante du XVIIIe siècle se visite. À l’intérieur, escalier en marbre, plafond en bois sculpté, cheminées incrustées dans les murs, mobilier d’époque…
De véritables œuvres d’art.

Publié par David Savary

Journaliste - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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