Spitzberg : l’aventure et l’isolement

Reportages

Archipel arctique situé à mi-chemin entre la Norvège continentale et le pôle

Nord, le Svalbard et son île principale le Spitzberg possèdent tous les ingrédients pour séduire le voyageur en quête d’expériences. Spécialiste des croisières d’exploration, Hurtigruten l’a bien compris. À plus de 650 km de la première terre, le TO propose sur place toute une palette d’activités pour jouer les aventuriers du bout du monde. En hiver, au cœur de la nuit polaire et dans des paysages vierges et enneigés.

 

En hiver dans l’archipel du Svalbard, tout est blanc. Blanc comme l’ours polaire. L’animal est le maître incontesté des lieux. Il est présent partout. Le premier spécimen que l’on croise est celui qui trône au-dessus d’un tapis à bagages de l’aéroport de Longyearbyen, la capitale du Spitzberg. Bien qu’empaillée, la bête ferait presque peur. Quelques kilomètres plus loin, à l’entrée du supermarché de l’hôtel Radisson Blu, il est encore là. Impressionnant et imposant.

 

Ici, au Spitzberg, le plantigrade revient dans bien des conversations. Naguère chassé, aujourd’hui protégé, l’ours polaire représente une menace potentielle pour le visiteur. C’est simple, dès que l’on quitte la ville, il faut être armé d’un fusil. Au cas où. C’est ce que nous explique la guide de Camp Barentz situé dans la vallée Advent à environ dix kilomètres de Longyearbyen. À la descente de l’autocar, les derniers hectomètres s’effectuent à pied. Avec obligation de marcher en file indienne. À l’intérieur de la cabane en bois, réchauffé par un joli feu, chacun déguste un plat à base de renne. Puis la guide raconte des histoires, sur le Spitzberg et sur les ours bien sûr.

 

Dehors, c’est la nuit polaire, la « dark season » comme ils disent. Elle s’étale de la fin octobre jusqu’au 14 février, date à laquelle la lumière commence à faire timidement sa réapparition. L’obscurité permanente, il y a ceux qui ne sont pas fans, et puis ceux qui adorent. Voire qui sont exaltés avec le sentiment de vivre une expérience hors du commun. C’est d’autant plus juste que la période est idéale pour observer les aurores boréales, un spectacle lumineux fascinant où le vert émeraude prédomine. Camp Barentz, au milieu de nulle part, est l’endroit tout indiqué pour les voir ondoyer au-dessus de sa tête.

 

Séjour multi-activités

Ceux qui pensent que tout s’arrête durant la « dark season » se trompent aveuglément. Outre l’observation des aurores boréales, de nombreuses activités sont proposées. Une sortie à motoneige ou une autre en traîneau à chiens sont des expériences à ne pas manquer. Si la première permet de découvrir de plus lointains espaces comme la ville minière russe de Barensburg, la seconde, au plus proche de la nature, procure également de belles sensations. Protégés du froid par une épaisse combinaison, lampe frontale vissée sur la tête, nous nous enfonçons dans une nature inviolée. A la tête d’un attelage de six ou sept chiens, un sentiment de puissance mais aussi de vulnérabilité nous envahit. La peur de voir surgir un ours polaire demeure dans quelques esprits. Mais seul le jappement de quelques Alaskan husky filant dans la nuit noire vient briser le silence arctique. Eclairés par les étoiles et la lune, les paysages se dévoilent dans une beauté austère. Après un raid de seize kilomètres, c’est le retour au chenil. Le temps de détacher ses fidèles compagnons puis, à l’abri, le bonheur de se voir offrir un breuvage chaud et la possibilité de caresser les chiots de la
dernière portée.

Dans les traces des mineurs à l’intérieur de la montagne

Sur cette île du Spitzberg façonnée par la glace et la neige, Longyearbyen assume avec fierté son statut de capitale la plus septentrionale au monde. C’est ici que se concentre la grande majorité de la population, soit 2 468 habitants. Elle abrite d’ailleurs des boutiques bien achalandées et quelques hôtels tout confort. Mais les montagnes qui l’entourent rappellent aussi que la ville est indissociable de
sa tradition minière.

 

Aujourd’hui sur les sept mines que comptait l’île, une seule est encore en exploitation, la N°7. Juste à côté de Longyearbyen. La N°3, elle, a
été transformée en musée. Là encore, équipés d’un casque et d’une tenue adéquate, nous descendons au fond de la montagne. L’air est froid et humide.
Au fur et à mesure que nous progressons, un guide explique le quotidien difficile des mineurs à la recherche de cet autre or noir qu’est le charbon. En retournant vers les lumières de la ville, nous passons devant le Global Seed Vault. Autrement dit la Réserve mondiale de semences de Svalbard. C’est ici que sont entreposés à – 18°C des centaines de milliers d’échantillons de graines (haricots, blé, riz…) provenant du monde entier.

 

Cette immense chambre forte souterraine a pour but de protéger la diversité génétique et de parer à une éventuelle catastrophe écologique sur la planète. Malheureusement, l’endroit est très sécurisé et il est impossible de le visiter.

 

Quatre cents ans d’histoire

Pour apprécier l’archipel dans toute sa diversité, le musée du Svalbard à Longyearbyen est un passage recommandé. Chaleureux et bien agencé, il relate quatre cents ans d’histoire. On y parle des premiers explorateurs dont le Néerlandais Willem Barents, le premier à avoir découvert l’île à la fin du XVIe siècle. On y raconte l’histoire des premiers baleiniers et l’arrivée des trappeurs russes et norvégiens. On y montre la beauté des paysages arctiques, et on y présente la richesse de la faune : l’ours en majesté mais également le renne, le renard polaire, le phoque sans oublier une jolie collection d’oiseaux.

 

Vous l’avez compris, dans cet univers de montagnes, de fjords et de glaciers, le Spitzberg est un endroit qui ne ressemble à aucun autre. Pour fuir le stress de la vie moderne, il n’y a sans doute pas mieux. Jamais autant qu’ici, entre le 74e et le 81e parallèle nord, le sentiment d’isolement ne se fait sentir. C’est un privilège. Avant de partir, ne pas oublier d’emporter un souvenir du bout du monde. Cendrier, porte-clés, pull, magnets… l’ours polaire est présent partout.

Coup de cœur

D’anciennes cabines de mineurs reconverties en hôtel

Si Hurtigruten dispose d’un parc de 200 motoneiges et de quelque 260 chiens de traîneau, il possède aussi à Longyearbyen trois hôtels : le Radisson Blu Polar Hotel, le Funken Lodge et le Coal Miners Cabins. De ces trois établissements qui couvrent trois segments de clientèle différents, c’est assurément le Coal Miners Cabins qui représente l’hébergement le plus original. Le plus économique aussi.

 

Disséminés dans plusieurs bâtiments, ces anciennes cabines de mineurs (75 chambres au total) sont parfaitement équipées avec notamment un accès gratuit au Wi-Fi. Certaines chambres offrent une jolie vue sur les montagnes environnantes. L’hôtel se veut d’ailleurs un point de départ idéal pour des randonnées à pied ou pour des excursions en motoneige. L’ensemble comporte également un restaurant, le Coal Miners’ Bar & Grilled, un endroit tamisé et chaleureux où il fait bon déguster un hamburger avec une bière locale, 100 % pôle Nord.

Photos : Agurtxane Concellon & David Savary

Publié par David Savary

Journaliste - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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