En Vénétie, il y a Venise d’abord, mais pas seulement…

Le troisième workshop Veneto for you qui s’est déroulé à Venise du 23 au 27 juin dernier a voulu mettre l’accent sur les réelles possibilités touristiques de la région. Car Venise, aussi éblouissante soit-elle, ne doit pas faire oublier les autres cités de la Vénétie qui peut s’enorgueillir de posséder quelques villes d’art et de gastronomie d’exception méritant une visite.
On aura beau dire, mais en Vénétie, au commencement il y a Venise. Car si toutes les routes mènent à Rome, toutes les mers mènent assurément à Venise, l’éternelle cité se pâmant dans les eaux de l’Adriatique. Qui n’a jamais posé le pied dans cette ville cristalline, tout en canaux et en palais seigneuriaux, ne peut sérieusement se faire une idée précise du « beau » et de la ville idéale. Or Venise ne doit pas faire oublier les autres trésors de la région : Padoue récitant des cantiques artistiques autour de Giotto, Vérone chantant la passion, Trévise fière de son histoire médiévale quand Vicence l’est de son théâtre Olympique, tandis que le massif rose des Dolomites semble être dessiné à la seule fin de protéger ce bouquet de villes… Il faudrait encore évoquer la route du vin dans les collines Euganei, le lac de Garde (sa partie est) dont les attraits n’ont jamais diminué depuis le temps où Virgile et Catulle y venaient pour les douceurs du climat. C’est sous ces signes-là – la richesse et la vitalité d’une région – que s’est déroulé à Venise ce dernier workshop Veneto for you, où quelque 220 TO français et étrangers ont participé (chiffre en augmentation comparé à l’an dernier). « Il faut arrêter de concentrer toutes les énergies sur Venise, car la Vénétie, c’est d’abord une région », répétait-on lors de l’unique conférence de presse présidée par le maire de Venise, Paolo Costa. Conférence durant laquelle on aura également insisté sur la fragilité de Venise et sur la nécessité qu’il y a, dans les prochaines années, de favoriser l’arrivée de ses visiteurs par le train – un train rapide qui relierait Lyon, Turin et Venise serait d’ailleurs en projet, mais aucune date de mise en activité n’a cependant été annoncée.
Venise donc. Premier sentiment qui ne nous quittera plus : cette cité aux séductions inépuisables reste un miracle permanent. Ouverte à tous les vents, sans porte ni murailles, et formant une myriade de quelque 120 îles dispersées, reliées entre elles par au moins 400 ponts, la « belle endormie » aura toujours su tenir tête aux nombreux envahisseurs qui se la sont disputée comme la perle d’un coquillage. La visite de la ville commence immanquablement par la saisissante découverte de la place Saint-Marc, cet immense trapèze qui fait office de salon en plein air et dont « le ciel est digne d’être la voûte » disait Napoléon. Là se découvre la magie orientale de la basilique couronnée de dômes en bulbes, à côté de laquelle les marbres roses et blancs du palais des Doges éclatent de mille feux.
Mais éloignons-nous de Venise un instant. Notre programme ne nous ayant pas permis de nous rendre jusqu’au lac de Garde ou au pied des Dolomites (qui sont les confins de la région), les excursions nous ont mené vers les principales villes qui entourent la Sérénissime. Ainsi, à moins de 50 km de Venise, Padoue se montre une ville à la fois gaie et prospère. Toute la matinée, le fameux marché aux Herbes et aux Fruits (au pied du Palazzo della Ragione) est le cœur de la vieille ville. Mais le fin du fin reste la visite de la chapelle Scrovegni, qui abrite un cycle exceptionnel de fresques à la gloire de la rédemption peintes par Giotto, arrivé à maturité de son art. Bien que le mode de réservation soit draconien et que la visite ne puisse excéder 15 minutes, celle-ci paraît incontournable… Peu ou prou à égale distance de Venise que l’est Padoue, Trévise tient parfois un rôle de ville relais entre les Dolomites et la Sérénissime. Pour réduire les coûts d’hébergement, certains tour-opérateurs n’hésitent pas en effet à loger leurs clients dans cette belle ville à caractère médiéval, et qui n’est qu’à un quart d’heure en train de Venise où, sitôt la nuit tombée, on sait combien les rues se vident très vite. Aussi, à moins d’y aimer éperdument le silence, peut-on alors se passer de dormir dans la « cité miraculeuse » comme la surnommait Pétrarque.
Une vaste région au fort attrait touristique
La Vénétie, dont Venise est la capitale administrative, est la région la plus septentrionale de l’Italie, lorsqu’on englobe, comme il est d’usage depuis la fin du XIXe siècle le Trentin-Haut-Adige et le Frioul-Vénétie Julienne, deux régions qui jouissent d’un statut spécial d’autonomie, situées à la frontière de l’Italie, de la Slovénie et de l’Autriche. Cette grande région (4,5 millions d’habitants, soit 7,7 % de l’Italie) composée de 12 provinces offre un paysage d’une grande variété : vaste plaine fertile s’étendant à l’est du lac de Garde, dominée au nord par les Préalpes vénitiennes ; massif calcaire des Dolomites, tout au nord, dont les plus hauts sommets atteignent 3 000 mètres ; forêts et alpages dans les Alpes carniques du Frioul ; plaine cultivée et fortement industrialisée, marais et canaux dans le delta du Pô et longues plages le long de la côte. Et puis bien sûr les villes de Trévise, Padoue, Vicence et de Vérone pour ne citer que les principales. La région qui s’étend sur 18 365 km2 est surtout industrieuse : 800 000 personnes travaillent dans l’industrie, 80 000 dans l’agriculture et plus d’un million ont une autre activité. Dotée d’infrastructures touristiques comme les ports de Venise et de Chioggia et les aéroports Marco Polo de Venise et Catullo de Vérone, la Vénétie a accueilli 55,5 millions de visiteurs en 2002 dont 33,7 millions de touristes étrangers.
Les îles de la Lagune méritent le détour
Les îles de la Lagune vénitienne sont au nombre de 34 au total. Toutes posées entre le ciel et l’eau, dans un paysage fragile. Il y a les îles du nord, telle Murano, et les îles du sud comme Chioggia, qui fut la seconde ville de l’État vénitien au début du Moyen Age. Il y a des îles paisibles et funèbres, à l’instar de San Michele, et des îles balnéaires comme le Lido. Il y a Burano la fruitée et Murano la mystérieuse, Torcello, qui évoque l’époque primitive d’avant Venise, le temps où l’on fuyait les invasions barbares dans les eaux lourdes de la lagune. Ce sont les plus célèbres. Les autres îles de l’archipel sont pour la plupart abandonnées à leur banc de vase, menacées par l’ensablement. Or quelques-unes méritent une mention particulière : c’est le cas par exemple de l’île S. Erasmo où l’antique tradition d’agriculture (qui fournit encore en grande partie Venise en légumes frais) est le cadre de promenades à vélo. L’île lilliputienne S. Francesco del Deserto (où saint François d’Assise aurait fait halte en 1220) se compose d’une toute petite église encore habitée par quelques moines et de deux cloîtres entourés de cyprès. Une coopérative (info@rivivinatura.it – www.rivivinatura.it), propose de visiter la Lagune, de la plus connue à la plus secrète.

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