L’homme est un passionné. Passionné par son activité, passionné par l’univers du tourisme. Avec une obsession : améliorer encore la productivité, de la conception d’un séjour à sa commercialisation.
L'année 2005 n'a pas été très bonne pour Switch, qu'en est-il de l'année 2006 ?
L'activité 2006 a très bien démarré en termes de commercialisation. Le début de l'année enregistre une bonne croissance, même si elle n'est pas extraordinaire. En revanche, le mois de mai a été particulièrement difficile. Mais comme nous avions très bien vendu durant les mois précédents, nous n'avons pas perdu de sièges. Cette faiblesse nous laisse craindre deux mois d'été un peu creux. Nous avions l'habitude de voir les ventes se déclencher très tard durant l'été, mais pas à ce point.
Où en êtes-vous de vos propres agences ?
Nous en avons dix. Elles sont toutes rentables mais sans plus. Si les agences me faisaient confiance, je mettrais en place la boutique idéale, celle qui vendrait pour moitié des produits conçus sur le modèle Switch (une gamme totalement packagée et ficelée) et pour moitié des produits à la carte. Ces agents-là vivraient d'une production simplifiée et exerceraient leur art dans d'autres domaines en faisant du vrai voyage. Ce n'est pas le cas actuellement. Je voudrais aussi que ce modèle soit coopératif. Une agence qui a un savoir-faire spécifique pourrait monter un produit pour le compte d'une autre agence, et vice-versa. Switch peut fournir les services de connexion à Internet entre les agences, créer les sites spécialisés et mettre en place le référencement naturel.
Allez-vous proposer ce modèle aux agences ?
Je ne sais pas. Je vais déjà proposer un modèle de partenariat en province, puisque nous n'avons aucune vocation à y aller. Déjà un certain nombre d'agences nous demandent d'ouvrir des boutiques à l'enseigne Partir pas Cher. Mais nous voulons nous donner le temps de la réflexion. Dans l'hypothèse où nous trouvons des agences de voyages professionnelles nous pourrons monter un réseau dans le cadre de ce que je viens de vous expliquer. La seule condition est que chaque agence doit apporter une expertise dans un domaine précis. C'est une idée que j'ai en tête depuis mes débuts. Mais si je n'arrive pas à monter ce schéma, je pourrais envisager de travailler avec des non-agents de voyages.
Allez-vous retenter une introduction en Bourse ?
Soit nous trouvons au plus tard avant septembre 2006 un partenariat capitalistique avec un gros groupe de voyages (qui peut être étranger) orienté vers l'intégration verticale, ou bien on repart en Bourse en février 2007. Mais dans les deux cas de figure, nous allons créer la coopérative d'agences aux savoir-faire complémentaires.
Quels sont vos rapports avec la profession ?
J'ai été le premier adhérent du Cediv, mais je ne participe aux réunions que deux fois par an. A l'une d'elles, je me suis retrouvé en présence de Georges Colson, le président du Snav. C'est tout de même quelqu'un ! Il a une vraie légitimité et est compétent en termes de voyages. De plus, il est riche et n'a donc pas besoin d'être président pour voyager gratuitement ! Quant au Snav, ça devrait être une fédération de plusieurs syndicats, celui des producteurs, celui des distributeurs, celui des autocaristes et celui des réceptifs, et même avec un représentant des compagnies aériennes ! On ne peut pas, comme maintenant, faire siéger à la même table le loup, l'agneau et le chou. Les intérêts sont trop divergents. En revanche il est nécessaire qu'une fédération soit puissante et défende l'intérêt général de la profession. Je dis exactement la même chose depuis plus de trente ans. Au président du Snav de l'époque, je disais : "Ton truc c'est un manteau d'arlequin. Ça ne ressemble à rien, ça ne marchera jamais!" D'ailleurs ça n'a jamais marché. Mais c'est aussi parce que ce syndicat n'a jamais eu de bons présidents. Un bon président pour une importante confédération professionnelle est quelqu'un qui maîtrise parfaitement son sujet, qui a du charisme, qui a l'envie, qui n'a plus rien à prouver et qui est riche. Nous avons Colson !
Quelles sont vos nouveautés produits ?
Cette année nous n'avons rien lancé de vraiment neuf sauf Lanzarote et Gran Canaria en séjour. En revanche, nous réfléchissons à deux projets, l'un à Aruba, Bonaire et Curaçao et l'autre sur le Costa Rica et le Panama. Nous continuons par ailleurs à développer la croisière de plaisance, même si nous sommes actuellement freinés par l'acquisition d'un chantier à Lorient. Nous allons pouvoir y concevoir des bateaux adaptés à 100% à notre type de business. Les premiers modèles sortiront dans un an. Ce n'est pas un de ces bateaux "compromis" qui donnent de mauvais modèles (bons à tout, propres à rien) car on est dans l'impossibilité d'arbitrer entre le confort, le volume, le prix et la vitesse… Nous, nous ne faisons aucun compromis : ce sera un bateau cher, confortable, solide et peu rapide. Ces nouveaux modèles vont nous permettre d'agrandir et de requalifier notre flotte. Nous en profiterons pour requalifier nos bateaux : les 4 Dauphins vont devenir des 3 Dauphins et ainsi de suite. Dans la gamme au-dessus, nous avons aussi les 5 Dauphins (17 unités) qui proposent hôtesses et cuisinier à bord. Par ailleurs, nous avons commencé à Noël nos premiers circuits "nord Caraïbes" à bord de gros catamarans (les Costa Rica) qui ont beaucoup de succès. Nous avons également un deuxième bateau de cette série qui sera en exploitation en octobre. Il fera le même circuit entre Saint-Martin, les îles Vierges et la Martinique. Ce sont des croisières adaptées à des clients qui veulent plus de confort, plus d'espace, plus de services (climatisation, TV, etc.).
Quel est le taux de fidélité de vos clients pour la croisière ?
Enorme. Nous avons plus de 70% des gens qui expriment leur envie de revenir, et 40% de nos clients sont déjà revenus. Pour eux, nous faisons beaucoup d'exclusivités, car ils veulent revenir avec des amis ou en famille et prennent un bateau entier.
Bio Express
1968 : La révélation avec un premier voyage long-courrier en charter à destination de Goa, en Inde.
1991 : Biochimiste, il quitte l'industrie pharmaceutique pour faire du conseil en nutrition. Il monte des séminaires de nutrition à l'étranger (Tunisie, Martinique, Kenya).
1997 : La création de Switch et de Partir pas Cher.
2000 : Obtention de la licence d'agence de voyages. |