› L'Indonésie est victime d'une interminable série noire. Entre séismes, tsunamis, coulées de boues, terrorisme, naufrage et crash aérien, le pays n'est pas épargné. Mais le hasard et la malchance ne sont pas toujours en cause, surtout en matière d'accidents d'avion. Car la sécurité dans les transports ne semble pas être la préoccupation majeure des autorités indonésiennes.
Hier, au moins 21 personnes sont mortes dans l'accident d'un Boeing 737 de la compagnie Garuda qui est sorti de piste lors de son atterrissage sur l'aéroport de Yogyakarta (Java). Selon les experts, la vitesse excessive de l'appareil pourrait être l'une des causes de l'accident. L'Indonésie a connu ces derniers mois une série d'accidents dans les transports, avec notamment la disparition d'un avion de la compagnie Adam Air avec 102 personnes à bord en janvier. En matière de sécurité aérienne, l'Indonésie n'a pas bonne réputation. Pas un mois ne passe sans un incident. Les problèmes impliquent souvent de vieux appareils, notamment des Boeing 737 rachetés d'occasion à des compagnies occidentales. Danang Parikesit, secrétaire général de la Société des transports indonésiens, le reconnaît : "Je ne crois pas qu'en Indonésie nous soyons très impliqués dans les inspections". Selon lui, Les compagnies opèrent à la limite de leurs capacités. Il indique aussi que le gouvernement indonésien délivre des autorisations de voler en fonction des finances des compagnies et non de critères de sécurité. Ainsi, la compagnie Lion Air, classée "compagnie à risque" par des TO européens est coutumière des sorties de piste. En février 2006, un Boeing 737-300 d'Adam Air (déjà !) avec 145 passagers à bord avait volé plusieurs heures avec tous ses systèmes de navigation et de communication en panne, avant de se poser en catastrophe sur une courte piste de l'île de Sumba (sud-est de Bali). Le 5 septembre 2005 un Boeing 737-200 de la compagnie Mandala s'était écrasé dans le nord de Sumatra, faisant 150 morts. |