Croissance : la France, mauvaise élève de la zone euro

Tendances

Selon l’Insee, la première moitié de l’année 2018 a été « plus difficile que prévu » pour l’économie française, qui a enchaîné deux trimestres à 0,2 % de croissance.

 

Ce ralentissement ne s’est pas limité à la France. Qu’il s’agisse de la remontée des prix du pétrole, de l’appréciation passée de l’euro, mais aussi plus globalement d’un contexte d’incertitude lié notamment aux tensions protectionnistes, tous les pays de la zone euro sont à la peine. Mais la croissance française s’est « davantage tassée » que celle de la zone euro dans son ensemble, dont l’activité a progressé de +0,4 % par trimestre.

 

Selon l’Insee, les explications de ce « coup de frein » sont en partie à chercher du côté de facteurs ponctuels et spécifiques à la France, en particulier au deuxième trimestre. La consommation des ménages a pâti des grèves dans les transports, de moindres besoins en énergie du fait d’un printemps précoce, mais aussi sans doute de la baisse du pouvoir d’achat enregistrée au trimestre précédent. L’amélioration des échanges extérieurs s’est par ailleurs fait attendre.

 

La seconde moitié de l’année s’inscrit dans un environnement international qui reste porteur mais incertain. Le taux de change de l’euro face au dollar s’est stabilisé pendant l’été, tout comme le prix du pétrole, qui est néanmoins reparti à la hausse en septembre. L’économie américaine continuerait de progresser à vive allure. Certains pays émergents (Turquie, Brésil, Russie) verraient en revanche leur activité pénalisée par les tensions financières, dans un contexte de normalisation de la politique monétaire américaine.

 

Dans la zone euro, la baisse du climat des affaires, observée en début d’année, semble désormais endiguée. Les taux d’utilisation des capacités de production et les difficultés de recrutement restent élevés, en particulier en Allemagne, sans néanmoins qu’apparaissent à ce stade de tensions inflationnistes marquées.

 

La croissance resterait donc relativement solide dans l’ensemble de la zone euro, de l’ordre de 0,4 % par trimestre d’ici la fin de l’année, soit une progression de 2% en moyenne annuelle, après +2,5 % en 2017. L’économie française reprendrait du tonus en fin d’année : elle croîtrait à nouveau au même rythme que l’ensemble de la zone euro. Beaucoup d’ingrédients semblent en effet réunis pour contribuer à un retour à meilleure fortune au troisième trimestre. Aux pertes sèches essuyées par les services de transports avec les grèves, succéderait un contrecoup avec le retour à la normale de l’activité. La consommation repartirait donc, tirée également, au dernier trimestre, par la vive progression du pouvoir d’achat attendue sous l’effet des baisses de cotisations salariales et de la réduction de la taxe d’habitation. L’investissement des entreprises resterait tonique et celui des ménages demeurerait atone.

 

Enfin, les exportations accéléreraient en fin d’année, sous l’effet du calendrier des livraisons aéronautiques. L’ensemble de ces éléments porteraient la croissance du produit intérieur brut (PIB) français à +0,5 % au troisième trimestre puis +0,4 % au quatrième. La croissance annuelle atteindrait 1,6 %, après 2,3 % en 2017.

 

L’économie française créerait environ 130 000 emplois en 2018 et le taux de chômage s’établirait à 8,9 % en fin d’année. Ce scénario n’est pas exempt de risques, surtout internationaux, qu’il s’agisse par exemple des conséquences des mesures protectionnistes sur le commerce mondial, des modalités du Brexit ou de la fragilité de certaines économies émergentes. En France, les enquêtes montrent que les ménages n’ont pas encore intégré dans leurs anticipations la hausse à venir de leur pouvoir d’achat : leur comportement de consommation pourrait donc surprendre, à la hausse comme à la baisse.

Publié par Nicolas Barbéry

Rédacteur en chef - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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