Montagne : net recul de la fréquentation des stations de ski

Tendances

Selon l’Insee, la fréquentation de la saison d’hiver 2018-2019 dans les hébergements collectifs touristiques de France métropolitaine est en baisse de 2,1 % par rapport à celle de l’hiver 2017-2018. Cette baisse fait suite à une forte augmentation un an plus tôt (+ 7,6 %).

 

Tous hébergements confondus, la fréquentation des touristes étrangers chute de 3,9 %. Les nuitées des touristes français sont également moins nombreuses, mais la baisse est plus limitée (-1,3 %).

Durant l’hiver 2018-2019, Paris et sa région ont attiré moins de touristes, probablement en lien avec le mouvement social des gilets jaunes et à cause de l’absence du week-end de Pâques. En Île-de-France, le nombre de nuitées baisse de 3,4 % en un an, après deux hivers consécutifs de forte hausse. Cette baisse concerne davantage les étrangers (-4,5 %) que les Français (-2,4 %). La fréquentation touristique francilienne reste néanmoins largement supérieure à celle de l’hiver 2016-2017.

 

Le nombre de nuitées dans les stations de ski diminue nettement (-5,4 %), mais reste supérieur au nombre de nuitées de l’hiver 2016-2017 grâce à la très forte augmentation de l’hiver 2017-2018. Le déficit de neige du début de saison a sans doute pénalisé les professionnels du tourisme au cours du mois de décembre. Cependant, la fréquentation baisse également en janvier, en février et en mars, en dépit d’un enneigement correct.

La baisse est peu marquée dans l’hôtellerie (-0,2 %), grâce à la fréquentation soutenue des touristes en provenance de l’étranger (+4,5 %). En revanche, les autres hébergements collectifs de tourisme (AHCT) pâtissent fortement de la défection de la clientèle française (-6,8 %) comme étrangère (-7,8 %).

La plupart des massifs subissent une baisse de fréquentation, à des degrés divers. Le nombre de nuitées diminue de 12,1 % dans les Pyrénées, après une hausse de 14,2 % l’hiver précédent, marqué par un enneigement exceptionnel. Les massifs alpins perdent 5 % de nuitées en moyenne. La diminution est forte dans la vallée de la Maurienne (-9,3 %), en Isère et dans la Drôme (-9,1 %). La vallée de la Tarentaise est moins touchée (-3,6 %). Elle accueille une nuitée sur trois dans les stations de ski.

 

Avec une baisse de fréquentation limitée à 0,2 %, l’espace urbain de province résiste à la morosité générale grâce à la fidélité des touristes français, surtout dans les AHCT. Le littoral bénéficie des conditions climatiques clémentes du début d’année 2019 : la fréquentation y augmente de 2,7 %, dynamisée là aussi par les touristes français. En revanche, le nombre de nuitées fléchit de 1,8 % dans les autres espaces.

Dans l’ensemble de la province, la fréquentation touristique recule de 1,5 %, sous l’effet de la baisse de fréquentation des AHCT.

Deux régions se distinguent par une forte augmentation du nombre de leurs nuitées : la Corse, au tourisme hivernal modeste (+16 %) et la Normandie (+5,4 %).

 

La fréquentation est relativement stable dans cinq régions. En Provence-Alpes-Côte d’Azur et en Bretagne, le littoral est très fréquenté, même en hiver. La bonne tenue relative de la fréquentation littorale compense la baisse du nombre de nuitées dans l’espace urbain et dans les massifs de ski de Provence-Alpes-Côte d’Azur. Inversement, en Nouvelle-Aquitaine, la hausse du tourisme urbain neutralise la baisse sur le littoral et dans les autres espaces. En Bourgogne-Franche-Comté, l’embellie dans les stations de ski du Jura compense le recul de fréquentation dans l’espace urbain. Dans le Grand Est, la hausse dans les autres espaces, et dans une moindre mesure dans les stations de ski des Vosges, contrebalancent la baisse dans l’espace urbain.

 

Dans toutes les autres régions, la fréquentation touristique est moindre que lors de l’hiver précédent. En Occitanie et dans les Hauts-de-France, la diminution du nombre des nuitées atteint 1,5 %. Dans ces deux régions, la forte hausse de la fréquentation littorale et la bonne tenue dans l’espace urbain ne suffisent pas à contrebalancer la chute de la fréquentation dans les massifs de ski (en Occitanie) et dans les autres espaces (dans les Hauts-de-France).

Les nuitées diminuent respectivement de 2,3 % et de 3,1 % dans le Centre-Val de Loire et dans les Pays de la Loire. Ces baisses concernent tous les espaces, urbain, littoral dans les Pays de la Loire et autres espaces.

La baisse de la fréquentation est la plus marquée en Auvergne-Rhône-Alpes (-3,8 %), en lien avec la forte diminution dans les massifs de ski, qui accueillent deux nuitées hivernales sur trois dans cette région.

Publié par Nicolas Barbéry

Rédacteur en chef - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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