Quand le tourisme noir fait recette

Tendances
Tchernobyl, un spot touristique ? Photo : Mathieu Garcia

Le tourisme noir ou dark tourism n’est pas un phénomène nouveau mais il a tendance à se développer. Accidents, attentats, guerres, catastrophes naturelles… les lieux où se sont produits de terribles évènements deviennent de véritables attractions touristiques. L’avènement de séries telles que Narcos sur Netflix ou Chernobyl sur HBO, donne à certains l’envie de toucher la réalité de plus près. Dans un article en date du 19 juin, Paris Match revient sur cette tendance à la frontière du dérangeant.

 

Si le tourisme de mémoire, lui aussi en plein développement, ne suscite pas de controverse, le tourisme noir se caractérise par un certain voyeurisme. Et divise les opinions. La série Chernobyl récemment diffusée sur les écrans incite de nombreux touristes à visiter le site de la centrale nucléaire de Tchernobyl en Ukraine. Trente-trois ans après la catastrophe. Des touristes, au mépris de leur santé, vont même jusqu’à poster sur les réseaux sociaux des photos d’eux en petite tenue au milieu de la ville fantôme. De quoi irriter les autorités qui appellent à un peu plus de décence et de modération. Le phénomène est tel que les TO ukrainiens enregistrent un bond des réservations de 40% ces dernières semaines.

 

Mise en scène aux abords de la centrale de Tchernobyl

 

Comme l’explique un article du Figaro, ces clichés à Tchernobyl ou ces selfies devant des baraquements à Auschwitz ou au mémorial de la Shoah à Berlin participent d’une « culture de l’exhibition » qui amène « ce genre de comportement ». Il va sans dire que tous ces lieux où se sont déroulés des évènements horribles et tragiques méritent un minimum de respect.

 

Découvrir les ruines laissées par un séisme, s’imprégner du décor apocalyptique de villes fantômes après une explosion nucléaire, partir sur les traces d’un génocide, visiter un mémorial, une célèbre prison, les exemples ne manquent pas pour qualifier ce que certains appellent du tourisme morbide. Cela va même très loin. Il existe même des visites guidées permettant de fouler le sol qui a vu tomber John Fitzgerald Kennedy, 35ème président des Etats-Unis, à Dallas le 22 novembre 1963. On pourra toujours se poser la question de savoir si ce type de tourisme est immoral. C’est à chacun de se faire son propre avis. Comme le souligne cet autre article du Magazine du Voyageur, le tourisme noir peut être « considéré comme un moyen d’aider économiquement une région à renaître de ses cendres ». Un business quoi !

 

Et comme l’indique le récent article de Paris Match, « Attention à ne pas non plus généraliser cette curiosité macabre, ne représentant qu’une minorité touristique. La plupart des endroits chargés d’histoire accueillent aussi des visiteurs soucieux de se recueillir, bien plus respectueux des lieux ». C’est un minimum !

Publié par David Savary

Journaliste - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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