Aérien : les députés veulent adosser une taxe carbone à la taxe Chirac

Transport

Mauvaise nouvelle pour le prix des billets d’avion, des députés LREM veulent adosser la taxe carbone à la taxe Chirac pour financer la compensation des émissions de CO2 des avions.

 

Ils avaient initialement envisagé de mettre en place une taxe kérosène sur les billets d’avion, mais celle-ci avait pour inconvénient, selon eux, de pénaliser les compagnies françaises, en particulier Air France, qui font leur plein en France. Les compagnies étrangères remplissant les réservoirs de leurs avions hors de nos frontières.

Alors que le projet de loi d’orientation sur les mobilités est discuté en ce moment à l’Assemblée nationale, un amendement déposé le 9 mai dernier entre autres par Barbara Pompili, députée LREM et présidente de la commission du développement durable à l’Assemblée nationale, demande la création d’une contribution carbone sur la même assiette que la taxe de Solidarité sur les billets d’avion, dite taxe Chirac. Rappelons que la taxe Chirac est prélevée sur le prix des billets pour un vol au départ d’un des pays participants dans le but de financer des actions de santé publique dans les pays en voie de développement…

Une idée noble née en 2005 qui avait séduit alors une trentaine de pays. Malheureusement, aujourd’hui, ils ne sont plus que neuf à y contribuer (Cameroun, Chili, République du Congo, France, Madagascar, Mali, Maurice, Niger et Corée).

 

Avec cet amendement, les députés veulent que la contribution carbone soit fixée à 10€ pour chaque passager embarqué à destination de la France, d’un autre pays membre de l’UE, d’un autre état partie à l’accord sur l’Espace économique européen ou de la Suisse, et à 20€ pour chaque passager embarqué à destination d’un autre état. Ce prix sera porté à 25€ en classe affaires et à 50€ en première. Barbara Pompili explique qu’il s’agit « de dégager de nouveaux moyens pour le financement des infrastructures en faisant contribuer le secteur aérien pour l’instant largement exempté d’une telle participation et qui constitue par ailleurs un émetteur très important de gaz à effet de serre. Le tarif retenu doit ainsi permettre d’améliorer la compétitivité d’autres modes de transport alternatifs et moins polluants, comme le train ».

 

Cet amendement est pris très au sérieux par les acteurs du transport aérien car l’idée des députés LREM plaît à l’opinion publique ainsi qu’à certains professionnels du tourisme. Lundi, la Fédération nationale de l’aviation marchande (Fnam) réclamait au contraire que le gouvernement élargisse l’assiette de la taxe Chirac à d’autres secteurs de transport collectif (route, ferroviaire, ferry, etc.), ce qui permettrait de réduire son « coût pesant » pour les compagnies aériennes. Ce n’est visiblement pas le sens des choses.

 

Ce n’est pas non plus une bonne nouvelle pour Air France qui vient d’annoncer une perte d’exploitation de 303 millions d’euros au premier trimestre ainsi qu’un plan de départs volontaires visant 465 postes. La compagnie française qui paie déjà un lourd tribut avec la taxe Chirac, estime que cette nouvelle « contribution » devrait lui couter près de 250 millions d’euros…

Tout cela sera bien évidemment répercuté sur le prix du billet…

Publié par Nicolas Barbéry

Rédacteur en chef - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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Vos réactions

  1. C’est bien connu, plus on taxe le carburant, moins il est polluant…
    Pourquoi ne pas réduire le trafic, tout simplement, si c’est la pollution qui est vraiment une préoccupation.
    Quant à l’alibi « d’améliorer la compétitivité des transports moins polluants », je ne sais pas s’il faut rire ou pleurer. Ca n’est pas comme si on avait fermé des lignes de chemin de fer….

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