Air Austral résiste à l’arrivée du low-cost long-courrier à La Réunion, mais pour combien de temps ?

Transport

Le partenariat initié il y a une dizaine de mois entre Air Austral et Air Madagascar, Marie-Joseph Malé, le PDG de la compagnie réunionnaise le qualifie de « très important à court terme » pour la compagnie malgache, « du point de vue de son redressement », mais également pour sa propre compagnie, à court et moyen terme, « dans un contexte concurrentiel exacerbé ».

 

Air Austral, qui possède 39% du capital d’Air Madagascar, avec l’ambition de monter prochainement à 49%, vient de vivre « une année violente, avec l’arrivée de French Bee, que nous avons prise de plein fouet, sur une route qui représente environ 75% des recettes de la compagnie ». Pour autant, la compagnie réunionnaise, même si elle a vu ses parts de marché passer de 35 à 30% sur les axes métropole – Réunion, sortira un résultat d’exploitation positif pour la 5e année consécutive. Comme l’explique son PDG, l’arrivée de l’opérateur low cost  ou d’une compagnie du Golfe a été anticipée avec la mise en place depuis plusieurs années maintenant, d’une stratégie de différentiation. Le partenariat avec Air Madagascar en fait partie, mais pas seulement. Il y a aussi eu une volonté d’accroitre le réseau (vers l’Asie, entre la métropole et Mayotte ou encore en volant au départ de Marseille) pour faire baisser l’exposition sur la route Paris – Saint Denis. D’accroitre les possibilités de correspondances via Saint Denis de la Réunion (vers Madagascar, les Seychelles, Maurice…) et de monter en gamme du point de vue du produit. Pour le moment, et même si la recette unitaire « a chuté de 4 point sur le long-courrier, ce qui est considérable », précise Marie-Joseph Malé, Air Austral semble tenir le choc.

 

Pour autant, si un 2e opérateur low cost long-courrier devait se positionner entre la métropole et La Réunion, on pense à Level, déjà positionnée au départ de France vers les Antilles, routes « millionnaires » tout comme La Réunion, le PDG ne cache pas que « nous seront conduit à réfléchir à une autre stratégie, peut-être plus en rupture… ». On n’en est pas encore à voir la compagnie réunionnaise abandonner les routes Métropole – Réunion pour se recentrer sur le régional. D’autant que les éventuels choix qu’Air Austral devra faire si le paysage change radicalement dépendront aussi de ce que feront les autres acteurs que sont Air France, French Bee, Corsair et XL Airways.

 

En attendant, la priorité reste le redressement d’Air Madagascar (et le développement de Tsadiria, sa filiale domestique), les synergies entre les deux compagnies (carburant, loyer, catering, maintenance, formation, handling, rassemblement des forces commerciales).

 

Publié par Mathieu Garcia

Journaliste - Rubrique Transport - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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