Air France-KLM : l’après-crise en 5 points-clés

Transport
Air France reprise lente et progressive Covid-19
Air France prévoit une reprise "lente et progressive". ©DR

Les principaux dirigeants d’Air France-KLM, dont Benjamin Smith et Anne Rigail, ont été auditionnés hier par les sénateurs de la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable.

Le rôle de « l’État stratège »

C’est le principal message adressé par le top management d’Air France-KLM le 22 avril aux sénateurs de la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable. Le retour de l’État stratège sera nécessaire pour sortir de la crise et « se projeter dans le transport aérien de demain, compatible avec les objectifs climatiques de la France ».

« Compte tenu de la crise et de l’incertitude qu’elle génère, ce soutien est indispensable pour permettre au groupe de traverser cette période critique », a indiqué le directeur général d’Air France-KLM Benjamin Smith, lors d’une visioconférence. Actuellement, seulement 5% de l’activité est assurée. Elle a notamment permis le rapatriement de plus de 270 000 passagers, dont 150 000 Français.

La commission a donc apporté son soutien aux aides qui pourraient être accordées par l’État à Air France-KLM pour répondre à ses besoins de trésorerie, que ce soit sous la forme de prêts garantis ou de prêts directs des États français et néerlandais, tous les deux actionnaires.

La nécessité d’un fonds de garantie

A l’instar de plus d’une centaine de députés il y a quelques jours, le président de la commission a également appelé à trouver rapidement une solution concernant le dédommagement des vols annulés. Il appelle ainsi à « la mise en place d’un fonds de garantie [qui] pourrait s’avérer nécessaire afin de rassurer les consommateurs sur la solvabilité des avoirs remis par les compagnies ».

De nouvelles règles de sécurité sanitaire

Avec un début de déconfinement prévu le 11 mai, la direction d’Air France prépare la reprise « lente et progressive » de ses opérations, selon les mots d’Anne Rigail, la directrice générale d’Air France. « Fin juin, début juillet, nous prévoyons une activité un peu plus haute » d’abord en France et en Europe. Les gestes barrières resteront alors indispensables notamment dans un espace confiné comme celui d’un avion.

Anne Rigail a ainsi souligné que les efforts des acteurs devront se concentrer sur l’élaboration de nouvelles règles de sécurité sanitaire. Elle considère ainsi que « le port du masque pourrait être obligatoire à bord ». Les sénateurs de la commission préconisent plusieurs mesures comme l’installation de caméras thermiques aux frontières, le test des personnes suspectes et l’isolement immédiat des cas positifs à proximité des aéroports.

L’environnement à ne pas oublier

La crise ne doit pas faire oublier l’urgence climatique. De nombreux sénateurs appellent donc le groupe Air France-KLM à prendre des engagements compatibles avec les objectifs climatiques fixés par la France. La commission estime donc que l’État devra soutenir le groupe franco-néerlandais dans son processus de verdissement de sa flotte, ainsi que dans l’étude de complémentarité entre les différents modes de transport.

L’enjeu du marché intérieur

Pour les sénateurs de la commission comme pour les dirigeants du groupe aérien, l’État devra également apporter son soutien au groupe Air France-KLM dans la reconfiguration de sa stratégie en matière de dessertes du territoire français. Il faut que le « réseau domestique devienne rentable le plus tôt possible », a d’ailleurs souligné Ben Smith. Air France y a perdu 200 millions d’euros l’an dernier en raison de la concurrence des TGV et des compagnies low cost, a précisé Anne Rigail.

Publié par Manon Gayet
Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir les dernières infos par E-mail.
Réagir à l'article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *