Air France prête à marcher sur les cendres d’Air Lit

Transport

Air France étudie une hausse de fréquences sur certaines lignes d’Air Lit.
Aujourd’hui les agences font passer leurs clients via les hubs d’Air France.
Easyjet était à Nice mercredi pour voir s’il y avait « des choses à faire ».
La fin d’Air Littoral entraîne une sous-capacité sur certaines lignes transversales voire l’arrêt de tous les vols sur d’autres liaisons comme Orly-Agen ou Orly-Béziers (lire en page 2). Si sur les lignes opérées par Air Littoral reliant Nice et Montpellier à Toulouse, Bordeaux, Nantes, Lille ou Strasbourg, Air France est déjà présente, elle ne propose le plus souvent qu’un vol par jour en milieu de journée, contre au mois trois fréquences quotidiennes pour Air Littoral. En plus d’être insuffisante, l’offre d’Air France en vol direct est donc inadaptée aux hommes d’affaires puisqu’elle ne permet pas d’aller-retour journée. Conséquence, les agences de voyages sont contraintes d’utiliser d’autres moyens. « On fait passer nos clients par les hubs d’Air France de Paris, Lyon ou Clermont-Ferrand mais par exemple pour la semaine prochaine, tous nos clients pour Lille sont en liste d’attente », explique Nathalie Damiano, responsable du plateau d’affaires de Grand Large à Nice. Le discours est le même chez d’autres agences interrogées en région qui précisent se débrouiller avec les hubs de la compagnie nationale (ou ceux d’Alitalia pour certaines) pour acheminer leurs clients sur l’Italie. Si la CCM va pallier l’arrêt d’Air Lit sur la Corse en augmentant sa capacité (voir QDT d’hier), Air France étudie les lignes sur lesquelles ses filiales Regional et Britair pourraient se renforcer, vraisemblablement à partir du programme été. Si des fréquences sont ajoutées sur les grandes transversales rentables – toutes ne le sont pas –, cela ne devrait pas dépasser trois vols par jour au total, les compléments transitant via les hubs. Reste à savoir si pour ces ajouts Regional et Britair déshabilleraient d’autres lignes de leur réseau ou si elles vont affréter. Enfin, Easyjet était à Nice mercredi pour voir s’il y avait des opportunités d’ouverture de ligne. Si effectivement elle peut utiliser un avion pour un A/R Nice-Lille entre un aller-retour Paris-Nice, ce schéma est compliqué pour une low cost. D’autant qu’en ouvrant des lignes transversales, Easyjet dérogerait à son sacro-saint principe de n’ouvrir des lignes qu’au départ de ses bases. Et il n’y en a pas en France.
Pour les agences, la déception domine
Nathalie Damiano, chef du plateau d’affaires de Grand Large Voyages à Nice
« Ce que nous avons trouvé déplorable, c’est que le gouvernement ait décidé de suspendre la licence d’Air Littoral un vendredi soir, alors qu’une décision aurait dû être prise le jeudi. Au final, non seulement nous avons travaillé tout le vendredi pour rien, mais nous n’avons rien pu faire pour nos clients, et c’était un des plus gros départs de l’année. Heureusement, vu que nous ne vendions plus la compagnie que pour des émissions à 48 heures, nous n’avions pas beaucoup de clients : cela représente à peine une vingtaine de billets. Et si, grâce aux dispositions prises par le Snav, on ne s’inquiète pas trop pour les remboursements, on va devoir encore travailler pour rien. Enfin, pour résumer, d’un côté nous essayons de valoriser l’image de l’agent de voyages et de l’autre on se retrouve au degré zéro du service. »
Adriana Minchela, PDG d’Ellipse Voyages à Béziers
« Je suis triste et même atterrée, ça n’aurait jamais dû se passer comme ça. Jamais le gouvernement n’aurait dû leur retirer leur licence à ce moment-là. Surtout un vendredi de départ de vacances scolaires. Nous avions seulement une quinzaine de clients concernés. Là où nous avons eu de la chance, c’est que nos clients ont été très compréhensifs. Il faut dire que nous leur expliquons les risques depuis 6 mois. »
Olivier De Bouärd, président du Snav Ouest
« Nous avons été profondément émus par la nouvelle. Il faut dire que nous y avons cru jusqu’au bout. C’est une compagnie qui nous a fidèlement servis et bien servis. Aujourd’hui, la question qui se pose dans le Grand Ouest, c’est qui va prendre la place laissée vacante. »

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