Air France remet Easyjet à sa place

Transport

Le PDG d’AF réfute l’accusation que la compagnie serait protégée en France.
Si c’était le cas, pourquoi en 2000 Swissair avait 30 % des slots d’Orly ?
En deux ans, Easyjet est passée de 0 à 25 000 slots (35 quotidiens) à Paris.
Une semaine après les propos du PDG d’Easyjet Ray Webster dénonçant le monopole d’Air France dans le ciel français et les protections dont elle bénéficie (Cf. QDT n° 2358 du 14/04/04), la compagnie low cost lance une campagne de communication d’un montant de 600 000 euros pour se plaindre de ce qu’elle nomme une « exception française ». Bien que l’attitude d’Easyjet n’ait vraisemblablement comme objectif que d’augmenter sa notoriété en France à la veille du lancement de nouvelles lignes au départ de Paris, Belfast, Dortmund, Naples et Berlin, elle n’a pas manqué de faire sortir de ses gonds Jean-Cyril Spinetta, PDG d’Air France. « Il faut indiquer qu’en 2000 un groupe de transport étranger [NDLR : Swissair] disposait de 30 % des créneaux horaires d’Orly, l’un des 10 premiers aéroports européens, (…) c’était une situation sans précédent en Europe où par exemple Lufthansa, la première compagnie étrangère à Heathrow, n’a que 4 % des slots », explique-t-il en rappelant que « la candidature d’Air France au rachat d’Air Lib en 2000 a été dénoncée par les autorités de la concurrence française qui craignaient un risque d’abus de position dominante ». Quant à l’autre cheval de bataille d’Easyjet, à savoir la redistribution des créneaux à Orly du fait des faillites respectives d’Air Lib, Aéris et Air Littoral, Jean-Cyril Spinetta rappelle qu’en 2 ans « Easyjet est passé de 0 à 14 000 créneaux (20 quotidiens) pour devenir la troisième compagnie à Orly après Air France et Iberia (…) Si l’on ajoute les 11 000 à Roissy (15 quotidiens), Easyjet possède 25 000 slots à Paris alors qu’elle en voulait 20 000 ». Tandis que Ray Webster ne manque pas de dénoncer le manque de concurrence sur le réseau intérieur où sa compagnie n’assure que des vols sur Nice, Toulouse et Marseille, Air France mais aussi le Cohor constatent qu’Easyjet préfère utiliser ses créneaux sur des destinations européennes plutôt que de se lancer sur la métropole. L’échec de British Airways puis de Swissair en raison de la concurrence du TGV ne doit pas être étranger à cette stratégie.
Le but de la polémique : un bon coup de pub !
Attaqué par Easyjet l’accusant d’être à la botte d’Air France, le Cohor (association pour la coordination des horaires) indique qu’il s’agit de pratiques courantes de la part de certaines compagnies, tout particulièrement lors du lancement promotionnel de nouvelles lignes, de se positionner auprès du grand public en « martyrs » du transport aérien. Pour autant, il tient à mettre les points sur les « i ». Outre la demande faite à Easyjet d’intégrer le Cohor pour pouvoir en surveiller la gestion, il se demande pourquoi Easyjet, en septembre 2003, au tribunal administratif de Melun saisi par Sud Accueil sur la légalité de la distribution des slots d’Air Lib, a déclaré : « Les dispositions du règlement européen ont été parfaitement respectés. Les critères du Cohor sont tant objectifs qu’impartiaux. Il ne saurait être reproché au Cohor d’avoir porté atteinte au principe d’égalité ou d’avoir opéré une quelconque discrimination. » Bref, le discours d’Easyjet diffère selon qu’il s’adresse au juge ou aux journalistes. Si le Cohor souligne qu’Easyjet représente à Paris la moitié de l’activité totale de tous les transporteurs low cost, il s’explique également sur le soi-disant gaspillage des capacités d’Orly limitées à 250 000 créneaux. Après les arrêts d’Air Lib, Aéris, Air Littoral en février, les compagnies bénéficiaires des slots n’ont pas débuter leurs opérations dans la foulée. « Easyjet n’a pas été parmi les plus rapides à réutiliser les slots. »

Publié par La Rédaction

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