Air Mauritius parie sur le moyen-courrier

Transport

De passage à Paris dans le cadre d’Iftm Top Resa, Somas Appavou, PDG d’Air Mauritius a expliqué sa stratégie basée sur le développement du réseau régional autour de Maurice.

 

Ce franco-mauricien qui a pris ses fonctions le 14 juillet 2017 vient d’Airbus où il a occupé différentes fonctions, notamment celles de directeur régional des ventes en Inde, en Afrique ou encore au Moyen-Orient.

Comme le dit Philippe Brieu, directeur Europe et Amérique du Nord d’Air Mauritius, « c’est la première fois que le CEO d’Air Mauritius vient à Top Resa ». La raison ? « La France est notre marché prioritaire ». Somas Appavou, précise que le choix de mettre les appareils « les plus neufs sur Paris, démontre notre volonté de proposer une offre de qualité sur Maurice au départ de Paris ».

 

Mais si le développement de l’Europe est toujours important, Air Mauritius ne souhaite pas ouvrir de nouvelles lignes dans l’immédiat, mais plutôt de consolider le trafic où la compagnie est déjà présente. L’idée est de passer en quotidien partout où c’est possible. « Aujourd’hui nous sommes limités par les slots » dit encore Somas Appavou. « Comme par exemple sur Heathrow à Londres où nous en avons déjà 3 à 4, mais où les autres slots disponibles ne sont pas intéressants. Du coup, nous regardons si nous pouvons en récupérer 2 autres à Gatwick pour l’été prochain, afin de proposer entre 5 et 6 vols au départ de Londres.

 

Mais le pilier de la stratégie de Somas Appavou est la refonte du réseau régional. C’est-à-dire les destinations qui se situent entre 4 à 7 heures autour de Maurice. Il s’agit bien évidemment du subcontinent indien, de Singapour, de Kuala Lumpur et de l’Australie (Perth). « Comme nous avons besoin d’y aller 7 jours sur 7, et comme remplir un A330 est difficile, alors nous allons utiliser des A321 Neo et des Embraer de 100 places » beaucoup moins gourmands. « Nous voulons simplifier notre flotte » dit-il encore. « Notre objectif est d’avoir deux types d’avions, à savoir l’A350 et l’A330 pour le long-courrier et un monocouloir pour le moyen-courrier comme l’A321 Néo. »

 

Il s’agit de revoir les commandes déjà engagée par le passé. Air Mauritius a actuellement quatre A350 en commande. Les deux qui seront livrés en 2020 seront conservés. Mais pour répondre à cette nouvelle stratégie, Somas Appavou et ses équipes sont actuellement en discussion pour changer les deux autres – qui devaient être livrés en 2023 -, en A321 Neo voire en A330 Neo.

« A travers la simplification de notre réseau, nous allons faire des économies d’échelle tout en offrant plus de fréquences et bien sûr plus d’agilité au client » explique t-il. Le bassin de chalandise convoité est gigantesque : « dans les 6 à 7 heures de vol de Maurice il y a tout le sud-est asiatique (Kuala Lumpur, Singapour, Indonésie et Australie) et l’Afrique du Sud ».

 

Pour la compagnie qui vient de fêter ses 50 ans, l’enjeu est de taille. Alors que le trafic mondial progresse chaque année de 4 à 5%, « nous n’avons pas évolué durant les 15 dernières années ! » La faute à une flotte rigide de 15 avions qui « ne nous a pas permis d’aller là où nous le souhaitions ».

Pour le PDG, « la flotte serait aujourd’hui optimale avec 22 appareils dont 10 appareils destinés aux vols régionaux et moyen-courriers ». « Nous allons aller sept jours par semaine sur dix destinations autour de Maurice ».

Somas Appavou se donne encore trois ans pour finaliser sa stratégie.

Publié par Nicolas Barbéry

Rédacteur en chef - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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